Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2200554
mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200554 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 février 2022, M. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 18 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de Loir-et-Cher a rejeté le recours formé contre la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher lui a notifié un indu de revenu de solidarité active de 16 380,85 euros au titre de la période du 1er avril 2018 au 28 février 2021.
Il soutient que :
- le conseil départemental a inclus par erreur des apports, des prêts, des gains de jeux de hasard dans ses recettes de travailleur indépendant ; le conseil départemental s'est aperçu de son erreur.
Par un mémoire enregistré le 24 mai 2022, le département de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés et que les conclusions dirigées contre l'amende administrative sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. C, allocataire du revenu de solidarité active, a fait l'objet le 17 mars 2021 d'un contrôle par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher. Le rapport établi par cette autorité a conclu à l'existence de revenus non déclarés, provenant, d'une part, de l'exercice d'une activité d'autoentrepreneur, d'autre part de la perception de libéralités par le requérant. Par une décision du 8 avril 2021, le requérant a été informé de sa radiation du dispositif de revenu de solidarité active par une décision du président du conseil départemental de Loir-et-Cher. Le 27 avril 2021, la caisse d'allocations familiales de Loir-et-Cher a notifié au requérant un indu de 16 380,85 euros au titre de la période du 1er avril 2018 au 28 février 2021. Le recours préalable formé contre cette décision a été rejeté par une décision du président du conseil départemental de Loir-et-Cher du 18 janvier 2022.
2. Aux termes de l'article L. 262-7 du code de l'action sociale et des familles " Les personnes relevant du régime mentionné à l'article L. 611-1 du code de la sécurité sociale peuvent prétendre au revenu de solidarité active lorsque le dernier chiffre d'affaires annuel connu, actualisé le cas échéant, n'excède pas, selon la nature de l'activité exercée, les montants fixés aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts () ". L'article R. 262-23 de ce code prévoit que : " Selon les modalités prévues aux articles R. 262-18 à R. 262-22, le président du conseil départemental arrête l'évaluation des revenus professionnels non salariés nécessaires au calcul du revenu de solidarité active. A cet effet, il tient compte, soit à son initiative, soit à la demande de l'intéressé, des éléments de toute nature relatifs aux revenus professionnels de l'intéressé ". Enfin, l'article R. 262-24 de ce code dispose que : " En l'absence de déclaration ou d'imposition d'une ou plusieurs activités non salariées, le président du conseil départemental évalue le revenu au vu de l'ensemble des éléments d'appréciation fournis par le demandeur ".
3. L'article R. 262-19 du même code dispose que : " Les bénéfices industriels et commerciaux et les bénéfices non commerciaux s'entendent des résultats ou bénéfices déterminés en fonction des régimes d'imposition applicables au titre de la pénultième année, ou ceux de la dernière année s'ils sont connus, pourvu qu'ils correspondent à une année complète d'activité. S'y ajoutent les amortissements et les plus-values professionnels. Par dérogation à l'alinéa précédent, pour les travailleurs indépendants mentionnés à l'article L. 613-7 du code de la sécurité sociale et pour les travailleurs indépendants mentionnés à l'article L. 382-1 du même code bénéficiant du régime prévu à l'article 102 ter du code général des impôts, le calcul prévu à l'article R. 262-7 du présent code prend en compte le chiffre d'affaires réalisé au cours des trois mois précédant la demande d'allocation ou la révision en lui appliquant, selon les activités exercées, les taux d'abattement forfaitaires prévus aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts. Le calcul prévu à l'alinéa précédent est également applicable aux travailleurs indépendants qui en font la demande, dès lors que le chiffre d'affaires des douze derniers mois n'excède pas, selon la nature de l'activité exercée, les montants fixés aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts, et sous réserve d'un accord du président du conseil départemental. Cette demande peut être faite à tout moment et est valable pour les trimestres de l'année civile en cours dont le chiffre d'affaires trimestriel déclaré n'excède pas, selon la nature de l'activité exercée, le quart des montants fixés aux mêmes articles. Elle est tacitement reconduite sauf demande contraire du bénéficiaire. Si le travailleur indépendant demande également le bénéfice de la prime d'activité, mentionnée à l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale, cette demande porte sur le même mode de calcul pour la détermination et le calcul du droit à la prime d'activité ".
4. Aux termes de l'article R. 262-18 du code de l'action sociale et des familles : " Pour les travailleurs indépendants qui en font la demande, le calcul prévu à l'article R. 262-7 prend en compte le total des recettes du trimestre précédant l'examen ou la révision du droit, en lui appliquant le taux d'abattement forfaitaire prévu au deuxième alinéa de l'article 64 bis du code général des impôts dès lors que le total des recettes des douze derniers mois n'excède pas le montant fixé au I de l'article 69 du code général des impôts et sous réserve d'un accord du président du conseil départementalCette demande peut être faite à tout moment et est valable pour les trimestres de l'année civile en cours dont le total des recettes trimestrielles déclarées n'excède pas le quart du montant fixé au même article. Elle est tacitement reconduite sauf demande contraire du bénéficiaire. Si le travailleur indépendant demande également le bénéfice de la prime d'activité, mentionnée à l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale, cette demande porte sur le même mode de calcul pour la détermination et le calcul du droit à la prime d'activité ".
5. Le rapport de contrôle établi par la caisse d'allocations familiales mentionne que M. C a créé à Blois le 27 mai 2016 une entreprise d'achat vente de produits non alimentaires liés à l'aménagement de la maison et de ventes de véhicules d'occasion. Le requérant n'a déclaré aucun revenu, alors que ses livres comptables mentionnent l'encaissement de 4 040 euros en 2018, 9 309 euros en 2019 et 54 722,16 euros en 2020 et au cours des mois de janvier et février 2021. Les relevés bancaires consultés par l'agent assermenté lors du contrôle font état de la perception de libéralités au titre de la période de février 2018 à novembre 2020, dont le détail mensuel est précisé. La perception de ces libéralités n'a pas été déclarée par le requérant.
6. Si le requérant soutient que l'administration a commis une erreur relative au montant du chiffre d'affaires issu de son activité d'autoentrepreneur, il résulte toutefois de l'instruction que le montant du chiffre d'affaires relevé par l'agent assermenté est identique à celui figurant sur les relevés de comptes transmis par M. C à la caisse d'allocations familiales. Le moyen tiré de ce que des revenus divers auraient été intégrés dans le chiffre d'affaires doit par suite être écarté. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc D
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.