Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2200575

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2200575
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a été saisi par l'association "Grain de sable" d'un recours en excès de pouvoir contre l'arrêté préfectoral du 31 décembre 2021 autorisant l'exploitation d'une carrière. Le préfet a toutefois abrogé cet arrêté le 14 mars 2024, invoquant le renoncement du pétitionnaire pour motif économique. En application de l'article L. 171-11 du code de l'environnement, le juge constate que la requête a perdu son objet et qu'il n'y a plus lieu de statuer. L'ordonnance prononce donc un non-lieu à statuer sur l'ensemble des conclusions de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 février 2022, l'association " Grain de sable ", demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° 21096 du 31 décembre 2021 du préfet d'Indre-et-Loire portant autorisation environnementale relatif à l'exploitation d'une carrière de sables et graviers au lieudit " Les Granges " sur le territoire de la commune de Parçay-sur-Vienne et exploitée par la société d'exploitation des établissements Ragonneau.

Elle soutient que l'autorisation est illégale dès lors que les conventions de passage qui ont été conclues ne sont pas régulières et leur conclusion est entachée de conflits d'intérêts.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2024, le préfet d'Indre-et-Loire conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire au non-lieu à statuer.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête n'est pas fondée dès lors que les moyens invoqués sont inopérants, la production de conventions de passage n'étant pas exigée par le code de l'environnement ;

- à titre subsidiaire, l'arrêté contesté a été abrogé par celui du 14 mars 2024.

Par un mémoire enregistré le 25 avril 2024, l'association " Grain de sable, soutient que l'autorisation d'exploitation a été délivrée et que les questions posées restent entières.

Par une ordonnance du 29 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 29 mars 2024 à 12 h.

Par une ordonnance du 3 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 3 juin 2024 à 12 h.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction que la société d'exploitation des établissements Ragonneau a déposé le 6 avril 2020 auprès des services de la préfecture d'Indre-et-Loire une demande d'autorisation d'exploitation une carrière de sables et graviers au lieudit " Les Granges " sur le territoire de la commune de Parçay-sur-Vienne (37220) d'une superficie de 154.950 m² sur les parcelles cadastrées section ZE n° 65 et n° 72 séparées par le chemin rural n° 3. Le préfet a fait droit à cette demande par l'arrêté n° 21096 du 31 décembre 2021 portant autorisation environnentale dont l'association " Grain de sable " demande l'annulation.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête. () ".

3. Il résulte des dispositions de l'article L. 171-11 du code de l'environnement que les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 de ce code, au titre des contrôles administratifs et mesures de police administrative en matière environnementale, sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. Il appartient au juge de ce contentieux de pleine juridiction de se prononcer sur l'étendue des obligations mises à la charge des exploitants par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue. Il en résulte que si l'acte attaqué, pris pour l'application de la législation relative aux installations classées, est rapporté ou remplacé par l'autorité compétente avant que le juge ait statué, il n'y a pas lieu pour celui-ci, que ce retrait ou cette abrogation ait ou non acquis un caractère définitif, de se prononcer sur le mérite de la demande dont il est saisi.

4. En l'espèce, le préfet d'Indre-et-Loire a abrogé l'arrêté contesté par un arrêté en date du 14 mars 2024 motivé par la volonté du pétitionnaire de renoncer à l'exploitation du site eu égard à la remise en cause de la rentabilité économique du projet à la suite de la réalisation du diagnostic archéologique. Par suite, ainsi que le fait valoir le préfet en défense, il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions qui ont perdu leur objet.

5. Il résulte tout de ce qui précède que la requête de l'association " Grain de sable " doit être rejetée en application des dispositions de l'article R. 222-1, 3° précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête présentée par l'association " Grain de sable ".

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association " Grain de sable " et au préfet d'Indre-et-Loire.

Fait à Orléans, le 16 octobre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.