Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2200722

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2200722
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 6 mars 2022, le 16 mars 2022 et le 17 novembre 2022, la société par actions simplifiée à associé unique (SASU) A P Taxis demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021.

Elle soutient que :

- l'administration invoque de manière erronée, dans la réponse à sa demande, l'article 1452 du code général des impôts ;

- elle remplit les conditions prévues à l'article 1453 du code général des impôts lui permettant de bénéficier de l'exonération de la cotisation foncière des entreprises prévue par ces dispositions.

Par des mémoires enregistrés le 6 septembre 2022 et le 26 janvier 2023, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Toullec,

- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SASU A P Taxis a été assujettie à la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2021 à raison de son activité de taxi, pour un montant de 1 320 euros. Elle a, le 16 novembre 2021, demandé à l'administration le bénéfice de l'exonération prévue par les dispositions de l'article 1453 du code général des impôts. Par une décision du 19 novembre 2021, l'administration fiscale a rejeté sa demande.

2. Aux termes de l'article 1453 du code général des impôts : " Sont exonérés de la cotisation foncière des entreprises, les chauffeurs et cochers propriétaires d'une ou de deux voitures qu'ils conduisent et gèrent eux-mêmes, à la condition que les deux voitures ne soient pas mises simultanément en service, qu'elles ne comportent pas plus de sept places et que les conditions de transport soient conformes à un tarif réglementaire ".

3. Les exonérations fiscales sont d'interprétation stricte. Il résulte tant de leurs termes que des conditions qui y sont fixées que les dispositions de l'article 1453 doivent être regardés comme réservant le bénéfice de l'exonération qu'elles prévoient aux personnes physiques qui en remplissent les conditions. Aucune disposition législative n'a étendu aux personnes morales le bénéfice de cette exonération.

4. L'activité de chauffeur de taxi ici en cause est exercée par une société par actions simplifiées à associé unique, la SASU A P Taxis. La société requérante ne satisfait donc pas aux conditions posées par les dispositions précitées de l'article 1453 du code général des impôts. Dès lors, elle n'est pas fondée à demander le bénéfice de l'exonération prévue par ces dispositions. Ses conclusions à fin de décharge doivent par suite être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SASU A P Taxis est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SASU A P Taxis et à la directrice régionale des finances publiques du Centre Val-de-Loire et du département du Loiret.

Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dorlencourt, président,

Mme Le Toullec, première conseillère,

M. Lardennois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

La rapporteure,

Hélène LE TOULLEC

Le président,

Frédéric DORLENCOURT

Le greffier,

Alexandre HELLOT

La République mande et ordonne au ministre de l'action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.