mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2200807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | SELARL DEREC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, M. C B, représenté par Me Derec, avocat :
1°) forme opposition à la contrainte datée du 7 février 2022, signifiée le 25 février 2022, par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Loiret lui réclame la somme de 457,34 euros correspondant au montant total des primes exceptionnelles de fin d'année perçues au titre des années 2017 et 2018, avec en sus 39,59 euros de droit proportionnel et 42,75 euros de coût de l'acte ;
2°) demande au tribunal de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Loiret la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signification est nulle et de nul effet en ce qu'une copie de la contrainte mentionnée dans l'acte d'huissier n'était pas jointe à cet acte ;
- la dette alléguée est prescrite en ce que le délai de prescription de l'action en recouvrement est de deux ans, alors que la contrainte a été émise en 2022 pour des indus de 2017 et 2018 ;
- en toute hypothèse, il conteste devoir les sommes réclamées, dès lors que les primes exceptionnelles ne lui ont pas été versées à tort et lui étaient bien dues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2022, la caisse d'allocations familiales du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme D,
- les observations de Me Barata, substituant Me Derec, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que M. B a perçu en décembre 2017 une prime exceptionnelle de fin d'année de 228,67 euros, puis en décembre 2018 une prime exceptionnelle de fin d'année de 228,67 euros. Par une décision du 22 octobre 2020, la caisse d'allocations familiales du Loiret lui a notifié qu'il était redevable d'un indu de revenu de solidarité active de 6 423,99 euros constitué sur la période du 1er octobre 2017 au 31 août 2020 et d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2017 de 228,67 euros, et par une décision du 25 octobre 2020, elle lui a notifié qu'il était redevable d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 de 228,67 euros. Puis, par une lettre du 4 janvier 2021, elle l'a mis en demeure de rembourser les deux indus de prime exceptionnelle des années 2017 et 2018. Postérieurement, la caisse d'allocations familiales du Loiret a émis à l'encontre de M. B une contrainte datée du 7 février 2022, signifiée le 25 février 2022, portant sur la somme de 457,34 euros correspondant au montant total des primes exceptionnelles de fin d'année perçues au titre des années 2017 et 2018, avec en sus 39,59 euros de droit proportionnel et 42,75 euros de coût de l'acte. M. B forme opposition à cette contrainte.
Sur l'opposition à la contrainte de la caisse d'allocations familiales du Loiret :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () / L'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale est applicable pour le recouvrement des sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active. ()". En outre, un versement indu de l'aide exceptionnelle attribuée à un allocataire du revenu de solidarité active au titre de cette allocation doit être regardé comme relevant des
" sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active " au sens de ces dispositions.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. / L'huissier de justice avise dans les huit jours l'organisme créancier de la date de signification. / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition. / La décision du tribunal, statuant sur opposition, est exécutoire de droit à titre provisoire ".
4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance. () ". Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ".
5. Le requérant fait valoir que la dette de 547,66 euros est prescrite, dès lors que le délai de prescription de l'action en recouvrement est de deux ans et qu'en l'espèce, la contrainte a été émise en 2022 pour des indus de 2017 et 2018. Pour sa part, la caisse d'allocations familiales du Loiret se prévaut d'une prescription triennale, sans en justifier au regard des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles et sans qu'il ait lieu, non plus, de considérer, au vu des éléments du dossier, qu'elle aurait entendu se prévaloir de la prescription quinquennale résultant des dispositions de l'article 2224 du code civil. Par ailleurs, les causes susceptibles d'interrompre la prescription biennale, seule applicable en l'espèce au vu de ce qui vient d'être mentionné, doivent être appréciées, faute de précision apportée sur ce point par le code de l'action sociale et des familles, conformément aux dispositions des articles 2242 à 2250 du code civil, dont la portée est générale. Les lettres de mise en demeure avec demande d'avis de réception adressées par une caisse d'allocations familiales à un allocataire en vue de recouvrer un trop perçu de prime exceptionnelle indûment versée, qui indiquent les voies de contestation à l'encontre de cette créance et manifestent la détermination de la caisse d'allocations familiales de poursuivre par tous les moyens juridiques dont elle dispose le recouvrement de sa créance valent, dès lors qu'elles ont été reçues par ce dernier, commandement interruptif de prescription au sens de l'article 2244 du code civil. Au cas présent, d'une part, le délai de prescription biennale n'a pas été interrompu par les lettres de notification des 22 et 25 octobre 2021 dont il n'est pas soutenu qu'elles auraient été adressés en lettre recommandée avec accusé de réception ainsi que le prévoient les dispositions précitées de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles. D'autre part, la mise en demeure datée du 4 janvier 2021, adressée en lettre recommandée avec accusé de réception et dont il est justifié qu'elle a été reçue le 12 janvier 2021, est intervenue postérieurement au délai de la prescription biennale, qui a couru, pour la prime exceptionnelle de fin 2017, à compter du 1er janvier 2018 et, pour celle de fin 2018, à compter du 1er janvier 2019. Dès lors, le moyen tiré de ce que les créances en litige sont prescrites doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la contrainte émise par la caisse d'allocations familiales du Loiret portant sur la somme de 547,66 euros.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Loiret la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La contrainte de la caisse d'allocations familiales du Loiret datée du 7 février 2022, signifiée le 25 février 2022, portant sur la somme de 547,66 euros est annulée.
Article 2 : M. B est déchargé de l'obligation de payer la somme de 547,66 euros.
Article 3 : La caisse d'allocations familiales du Loiret versera la somme de 1 000 euros à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre des solidarités et de la santé.
Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Paule A
La greffière,
Florence PINGUET-COMMEREUC
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026