mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201146 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SAADA-DUSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 4 avril 2022, le 10 août 2022 et le 17 mai 2023, et des pièces complémentaires enregistrées le 22 août 2022, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Blois l'a sanctionné d'un blâme ainsi que la décision du 21 janvier 2022 rejetant son recours gracieux formé contre cette sanction ;
2°) d'enjoindre à la commune de Blois de retirer la sanction de son dossier individuel.
Il soutient que :
- la décision du 28 octobre 2021 est insuffisamment motivée ;
- il lui est reproché d'avoir été ivre le 4 juillet 2021 mais il n'était pas en service, il n'était pas ivre et la collectivité n'apporte aucun élément de preuve pour étayer la matérialité des faits reprochés ;
- les faits reprochés ne justifient pas une sanction.
Par des mémoires enregistrés le 14 juin 2022, le 2 décembre 2022 et le 6 décembre 2023, et des pièces complémentaires enregistrées le 5 décembre 2022, la commune de Blois, représentée par Me Saada-Dusart, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Best-De Gand,
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public,
- et les observations de M. C et de Me Saada-Dusart, représentant la commune de Blois.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, technicien principal de 1ère classe titulaire, a intégré les effectifs de la commune de Blois en 2004. Depuis 2019, il est responsable d'équipe au sein du service maintenance et régie bâtiment de la commune. Par une décision du 28 octobre 2021, le maire de la commune de Blois a pris à son encontre une sanction du premier groupe à savoir un blâme. Par sa requête, M. C demande l'annulation de la décision du 28 octobre 2021 ainsi que l'annulation de la décision du 21 janvier 2022 rejetant son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983, portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " () / Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. " Aux termes de l'article L. 100-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le présent code régit les relations entre le public et l'administration en l'absence de dispositions spéciales applicables. Sauf dispositions contraires du présent code, celui-ci est applicable aux relations entre l'administration et ses agents. ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 2° Infligent une sanction ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Il en résulte que l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire a l'obligation de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre du fonctionnaire intéressé, de sorte que ce dernier puisse à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée, connaître les motifs de la sanction qui le frappe. Si l'autorité qui prononce la sanction entend se référer à un avis, le texte de cet avis doit être incorporé et joint à sa décision.
3. La décision attaquée vise les considérations de droit sur lesquelles elle est fondée. Elle précise également qu'" il est reproché à M. C A des incidents dans sa manière de servir à savoir un manque de discernement en transformant le bureau de l'une de ses collègues, Mme B, en vestiaire, rendant impossible l'accès de cette dernière à son lieu de travail habituel et le dimanche 4 juillet 2021, des personnels municipaux présents sur la Guinguette ont été témoins de son état d'ébriété, portant atteinte à l'image de la collectivité ". Elle comporte ainsi clairement les griefs motivant la sanction prise. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 précitée alors applicable : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / l'avertissement ; / le blâme ; () ".
5. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
6. Il ressort des pièces du dossier que la sanction attaquée est fondée sur deux motifs dont celui d'avoir transformé le bureau d'une collègue en vestiaire et de lui en avoir interdit de fait l'accès par changement du barillet de la porte, sans l'avoir prévenue. Ces faits, au demeurant non contestés, résultent d'un rapport circonstancié du directeur général adjoint d'Agglopolys du 13 juillet 2021, de plusieurs courriels d'agents du service, mais également du propre aveu de M. C. Si celui-ci fait valoir qu'il avait alerté en amont sur l'insuffisance de vestiaires pour le personnel féminin dans son service et qu'il n'avait pas anticipé l'accueil de deux personnels d'été féminins, il ressort des pièces du dossier que son initiative, à tout le moins malheureuse, a surpris et choqué sa collègue lors de sa prise de poste et a nécessité une réaction et correction immédiate de la direction des ressources humaines et des supérieurs hiérarchiques de M. C pour prendre en charge l'agent évincée de son bureau. Les faits sont établis et ils constituent un manquement de M. C à ses obligations professionnelles. Pour ce seul motif, la commune de Blois pouvait, sans erreur d'appréciation, prendre une sanction et au regard de ces seuls faits, la sanction de blâme attaquée est proportionnée.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées pour M. C ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. C une somme de 500 euros à verser à la commune de Blois sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Blois une somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Blois.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Best-De Gand, première conseillère,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La rapporteure,
Armelle BEST-DE GAND
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
La greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026