Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2201297
vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201297 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 avril 2022, la société civile immobilière Les Grandes Beaugines demande au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties et de la cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison de locaux situés 10 route de l'Aérodrome à Saint-Denis-de-l'Hôtel.
Elle soutient qu'une partie des bâtiments pris en compte par l'administration fiscale aux fins de déterminer l'imposition dont elle est redevable a déjà été déclarée par la société par actions simplifiée Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel ; dès lors, ces bâtiments font l'objet d'une double imposition.
Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- seule la société requérante a été imposée à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2021 à raison des biens dont elle est propriétaire comme l'établit le relevé de propriété ; le relevé de propriété relatif à la société Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel établit clairement que cette société n'est plus imposée sur les extensions réalisées sur la parcelle litigieuse ; il n'y a donc pas eu de double imposition ;
- la société requérante n'a pas été imposée à la cotisation foncière des entreprises de l'année 2021 sur la valeur locative des biens qu'elle donne en location, et dont elle n'a pas la disposition, mais par application de la cotisation minimum prévue à l'article 1647 D du code général des impôts en fonction de son chiffre d'affaires réalisé en 2019 ; par conséquent, il n'y a pas de double imposition avec la cotisation foncière des entreprises de l'année 2021 mise à la charge de la société Laiterie de Saint-Denis-de-L'Hôtel, dont la base d'imposition a quant à elle été constituée par la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière dont elle a disposé pour les besoins de son activité professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lardennois,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière Les Grandes Beaugines, dont le siège social est situé 27 rue de l'Industrie à Saint-Denis-de-L'Hôtel, exerce l'activité de location de terrains et autres biens immobiliers. Elle est propriétaire de locaux professionnels situés 10 route de l'Aérodrome à Saint-Denis-de-L'Hôtel à raison desquels elle a été imposée au titre de l'année 2021 à la taxe foncière sur les propriétés bâties ainsi qu'à la cotisation foncière des entreprises. Par une réclamation du 26 novembre 2021, elle a contesté ces impositions considérant qu'elles reprenaient les bases d'imposition déjà déclarées par la société Laiterie de Saint-Denis-de-L'Hôtel. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet le 18 février 2022.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1415 de ce code, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".
3. La société requérante soutient que les locaux situés au 10 rue de l'Aérodrome à Saint-Denis-de-l'Hôtel sur la parcelle cadastrée section ZC n° 957 ont fait l'objet d'une double imposition, ce bien étant déjà imposé entre les mains de la société Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel comme en atteste l'avis de taxe foncière sur les propriétés bâties établi au nom de cette société au titre de l'année 2014 qu'elle produit. Toutefois, il résulte de l'instruction, et il n'est pas utilement contesté, que si les locaux litigieux avaient été pris en compte dans les bases d'imposition de la société Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel de 2014 à 2019 à la suite de la déclaration à son nom en février 2014 de l'extension de 13 000 m² réalisée sur cette parcelle, l'administration a demandé à la société requérante, par un courrier du 20 janvier 2021, de souscrire une déclaration rectificative tenant compte des extensions de construction réalisées sur la parcelle litigieuse dès lors qu'elle en était la propriétaire et qu'à défaut de réponse de sa part, il a été procédé à l'évaluation d'office de la taxe foncière de l'année 2021 selon la méthode d'évaluation réservée aux locaux commerciaux sur la surface totale de 18 000 m² tenant compte des constructions initiales datant de l'année 2001 et des extensions de constructions réalisées en 2014 et que seule la société les Grandes Beaugines a été imposée à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison de la parcelle litigieuse. Par suite, en tout état de cause, le moyen tiré de la double imposition dont ferait l'objet l'immeuble litigieux doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales () qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée () ". Aux termes de l'article 1467 de ce code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France () dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence () ". Aux termes de l'article 1467 A du même code : " () la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition () ". Selon les dispositions du 1 du I de l'article 1647 D de ce code, les redevables de la cotisation foncière des entreprises sont assujettis à une cotisation minimum établie au lieu de leur principal établissement à partir d'une base minimum dont le montant est fixé par le conseil municipal au regard du montant du chiffre d'affaires. Sont redevables de la cotisation minimum les contribuables passibles de la cotisation foncière des entreprises qui ne disposent pas de locaux professionnels ou dont la base nette de leur principal établissement est inférieure à la base minimum applicable.
5. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas utilement contesté, que la société requérante n'a pas été imposée à la cotisation foncière des entreprises à raison de la parcelle litigieuse qu'elle donne en location à la société Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel et dont elle n'a pas la disposition mais par application de la cotisation minimum prévue à l'article 1647 D du code général des impôts en fonction de son chiffre d'affaires réalisé en 2019 d'un montant de 340 771 euros. Par conséquent, elle n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir qu'elle a fait l'objet d'une double imposition avec la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2021 établie au nom de la société Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel à raison de la parcelle litigieuse, dont cette société a disposé pour les besoins de son activité professionnelle.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin de décharge partielle présentées par la société Les Grandes Beaugines doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par la société Les Grandes Beaugines est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Les Grandes Beaugines et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le rapporteur,
Stéphane LARDENNOIS
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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