Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2201330
jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201330 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2022 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, transmise au tribunal en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision implicite du 23 janvier 2022 par laquelle l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a rejeté son recours administratif dirigé contre la décision portant retrait de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov " qui lui avait été initialement accordée.
Elle soutient avoir déposé sa demande le 3 juillet 2020 et non le 30 octobre 2020, comme le retiennent les services de l'ANAH.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, l'ANAH conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les travaux ont été réalisés avant la demande d'aide, en méconnaissance de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lacassagne,
- et les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, propriétaire d'un logement situé à Vendôme, a procédé au changement d'une chaudière et a déposé, pour ces travaux, une demande de prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov " auprès de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH). Après lui avoir accordé une subvention de 1 200 euros par une décision du 28 avril 2021, l'ANAH a procédé à son retrait par une décision du 24 septembre 2021, au motif que les travaux avaient débuté avant l'émission de l'accusé de réception de leur demande de prime. Mme A a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision, dont il a été accusé réception le 23 novembre 2021 et qui est resté sans réponse. Du silence gardé par l'ANAH une décision implicite de rejet est née le 23 janvier 2022. Mme A conteste le rejet de son recours administratif préalable obligatoire.
2. Aux termes de l'article 2 du décret 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique dans sa rédaction applicable tant le 3 juillet 2020 que le 30 octobre 2020 : " () II.- Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'attribution de la prime. Toutefois, le directeur général de l'agence peut, à titre exceptionnel, accorder une prime lorsque le dossier a été déposé après le commencement des travaux ou prestations, notamment : / - en cas de travaux ou prestations urgents en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité des personnes ; / - en cas d'application des articles L. 125-1 et L. 122-7 du code des assurances pour les dommages causés par des catastrophes naturelles ou par les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones. / Par dérogation au premier alinéa du présent II, entre le 1er et 31 janvier 2020, le bénéficiaire peut déposer une demande après avoir commencé ses travaux ou prestations, sous réserve que ceux-ci aient commencé au cours de la même période. / () "
3. Il ressort des pièces du dossier que, pour décider de retirer à Mme A le bénéfice de la prime de transition énergétique, la directrice générale de l'ANAH s'est fondée sur les dispositions précitées du II de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 et sur la circonstance que les travaux concernés avaient été réalisés avant que la demande de prime correspondant à ceux-ci ne soit déposée.
4. D'une part, la requérante allègue avoir déposé sur le site de l'ANAH son dossier de demande de prime de transition énergétique le 3 juillet 2020 et non le 30 octobre 2020 comme l'a retenu l'ANAH. Toutefois, alors qu'il est constant que les travaux ont été réalisés le 14 septembre 2020, la requérante se borne à verser aux débats le courriel du 3 juillet 2020 par lequel l'ANAH lui a demandé de finaliser la création de son compte sur le site maprimerenov.gouv.fr. Par cette seule pièce, Mme A ne démontre pas avoir effectivement présenté une demande de prime de transition énergétique dès le 3 juillet 2020. Par suite, elle n'établit pas que la demande a été formée avant la réalisation des travaux.
5. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas soutenu, que la demande entrerait dans l'un des cas de dérogations prévues par les dispositions rappelées au point 2.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'ANAH a pu, à bon droit, opposer à la requérante le commencement des travaux avant l'accusé de réception de sa demande et retirer l'aide accordée. La requête de Mme A doit donc être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
M. Gasnier, conseiller,
Mme Ploteau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
L'assesseur le plus ancien,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Marie-Josée PRECOPE
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
N°2201330