LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2201384

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2201384

jeudi 29 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2201384
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantHERVOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 avril et 23 novembre 2022, M. F A B, représenté par Me Madrid, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 novembre 2021 par laquelle la préfète du Loiret a rejeté son recours gracieux contre la décision du 30 juillet 2021 portant refus d'admission au séjour de son épouse, Mme C D, au titre du regroupement familial ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de faire droit à sa demande dans les 30 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Loiret de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous les mêmes conditions d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, la somme de 1 300 euros.

Il soutient que :

- la motivation succincte de la décision contestée traduit un défaut d'examen particulier de sa demande ;

- la décision contestée est entachée d'erreur de fait et d'erreur de droit, alors d'une part, qu'il a produit l'ensemble des éléments de sa situation personnelle et, d'autre part, que la préfète, qui s'est crue en situation de compétence liée compte tenu de la présence de son épouse sur le territoire, n'a pas examiné les conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;

- il remplit les conditions de ressources et de logement fixées à l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2022, la préfète du Loiret, représentée par Me Hervois, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- et les observations de Me Madrid, représentant M. A B.

Considérant ce qui suit :

1. M. F A B, ressortissant marocain, né le 20 février 1985, titulaire d'une carte de résident alors valable du 29 décembre 2011 au 30 décembre 2021, a présenté le 30 juillet 2020 une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme C D. Par décision du 30 juillet 2021, la préfète du Loiret a refusé de faire droit à sa demande au motif que son épouse est présente sur le territoire national, en situation irrégulière. M. A B a formé un recours gracieux contre cette décision le 28 septembre 2021. Par une décision du 30 novembre 2021 la préfète du Loiret, confirmant les termes de sa décision initiale, a rejeté ce recours gracieux. M. A B demande au tribunal l'annulation de la décision préfectorale du 28 septembre 2021 ainsi que de la décision du 30 novembre 2021 rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L.434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans ses dispositions applicables : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ;/(). ". En outre, aux termes de l'article L. 434-6 de ce même code : " Peut être exclu du regroupement familial : () 3° Un membre de la famille résidant en France. ".

3. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter la demande dans le cas où l'intéressé ne justifierait pas remplir l'une ou l'autre des conditions légalement requises notamment, comme en l'espèce, en cas de présence anticipée sur le territoire français du membre de la famille bénéficiaire de la demande. Il dispose toutefois d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu par les dispositions citées au point 2, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit de mener une vie familiale normale, protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Il ressort de la décision contestée que, pour refuser à M. A B le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse, la préfète du Loiret s'est exclusivement fondée sur la circonstance que celle-ci réside irrégulièrement en France depuis juillet 2019. Ainsi qu'il vient d'être dit au point 3, si la présence en France de l'épouse de M. A B pouvait, le cas échéant, justifier le refus de regroupement familial, il appartenait toutefois à la préfète du Loiret, qui n'était pas en situation de compétence liée, de procéder à un examen de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des incidences de son refus sur la situation personnelle et familiale de M. A B au regard du droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, en se bornant à relever dans sa décision que la demande de M. A B devait être rejetée du seul fait de la présence en France de son épouse à la date de sa demande, la préfète du Loiret s'est, à tort, estimée liée par le séjour irrégulier de celle-ci sur le territoire français et a ainsi méconnu l'étendue de son pouvoir d'appréciation. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être accueilli.

5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance./ Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A B, titulaire d'une carte de résident, valable jusqu'au 30 décembre 2021, a vu son titre de séjour renouvelé jusqu'au 29 décembre 2031. Il a épousé Mme D, entrée sur le territoire selon ses déclarations en juillet 2019, le 21 septembre 2019 à la mairie de Fleury-les-Aubrais. Il est constant que les époux partagent une communauté de vie depuis l'arrivée de Mme D sur le territoire et que deux enfants sont nés dans les suites de ce mariage, respectivement les 2 juillet 2020 et 24 juin 2021. Eu égard à sa situation familiale et à son intégration en France, M. A B est fondé à soutenir, alors même que son épouse était présente irrégulièrement sur le territoire français, qu'en rejetant sa demande de regroupement familial, la préfète du Loiret a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

7. Il résulte de ce qui précède que les décisions des 30 juillet et 30 novembre 2021 doivent être annulées, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte :

8. L'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement, eu égard aux motifs qui la fondent, que la préfète du Loiret accorde à M. A B le bénéfice du regroupement familial en faveur de son épouse, Mme D. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Loiret de prendre cette mesure dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

9. M. A B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Madrid, avocate de M. A B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à celle-ci de la somme de 1 300 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions de la préfète du Loiret des 30 juillet et 30 novembre 2021 sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Loiret d'admettre au séjour Mme C D dans le cadre du regroupement familial, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Madrid une somme de 1 300 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F A B, à la préfète du Loiret et à Me Madrid.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

Mme Defranc-Dousset, première conseillère,

Mme Bernard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.

La rapporteure,

Hélène E

La présidente,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,

Sarah LEROY

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions