Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2201635
vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201635 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 mai 2022 et le 6 novembre 2022, M. A B demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2021 dans les rôles de la commune de Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret).
Il soutient que :
- le local situé 10 rue Pierre Brossolette à Saint-Jean-de-la-Ruelle n'est pas un local professionnel, il s'agit de son domicile ; à la suite d'une cession de son local commercial situé 1 rue Jean Louvet à Orléans le 1er janvier 2020 et afin de conserver l'immatriculation de son entreprise et recevoir son courrier, il a transféré l'adresse de sa micro-entreprise à son adresse personnelle qui n'est toutefois ni un lieu d'exercice professionnel, ni un lieu de stockage ;
- son chiffre d'affaires pour 2021 est inférieur à 1 000 euros ;
- il présente un état médical inquiétant ;
- il est bénéficiaire du revenu de solidarité active ;
- le local situé 1 rue Jean Louvet à Orléans se trouve dans une zone franche exonérée de cotisation foncière des entreprises pour une durée de cinq années à compter du commencement de l'activité ;
- l'activité commerciale située au 1 rue Jean Louvet n'était pas exercée par lui-même mais par la société Capital d'Orient jusqu'au 27 avril 2019 et il n'a eu la disposition de ce fond que six mois jusqu'au 2 janvier 2020 ;
- le service lui aurait indiqué qu'il ne serait pas assujetti à la cotisation foncière des entreprises à raison du local situé 10 rue Pierre Brossolette.
Par un mémoire enregistré le 30 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant a été imposé au titre de la CFE de l'année 2021, conformément aux dispositions de l'article 1467 du code général des impôts, sur la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés 1 rue Jean Louvet à Orléans, dont il a disposé pour les besoins de son activité professionnelle en 2019 ;
- dès lors que la cotisation foncière des entreprises a été calculée sur la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière, il importe peu que le chiffre d'affaires des années 2020 et 2021 du requérant ne dépasse pas le seuil de 1 000 euros ;
- le requérant ne peut utilement se prévaloir de problèmes médicaux à l'appui de sa contestation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lardennois,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales () qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée () ". Aux termes de l'article 1467 de ce code, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits au cours de la même période () ". Aux termes de l'article 1467 A du même code : " Sous réserve des II, III IV et VI de l'article 1478, la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de douze mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l'année civile ". Aux termes de l'article 1478 de ce code : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due pour l'année entière par le redevable qui exerce l'activité le 1er janvier () ".
2. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement de la " déclaration de modification d'une entreprise " complétée par le requérant le 24 août 2020 et adressée à l'administration fiscale le 11 septembre suivant, que M. B a, à la suite de la cession du local dont il disposait au 1 rue Jean Louvet à Orléans, transféré à compter du 2 janvier 2020 le lieu d'exploitation de son activité de vente en détail d'articles de bazar et alimentation générale, exercée en qualité de micro-entrepreneur sous le numéro SIREN 750 512 055 du 2 janvier 2020 au 28 février 2022, du 1 rue Jean Louvet à Orléans au 10 rue Pierre Brossolette à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction, et plus particulièrement du certificat de publicité au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales du 23 mai 2019 produit par le requérant, que M. B a acquis, le 27 avril 2019 de la société Capitale d'Orient, le fonds de commerce d'alimentation générale, d'articles de bazar et d'articles cadeaux dont cette société disposait au 1 rue Jean Louvet. Dès lors, alors que la circonstance que M. B n'exerce aucune activité à l'adresse située 10 rue Pierre Brossolette est sans incidence sur la base de calcul de la cotisation foncière des entreprises, c'est à bon droit que l'administration a retenu pour base de la cotisation foncière des entreprises dont le requérant est redevable au titre de l'année 2021 la valeur locative du bien situé 1 rue Jean Louvet dont l'intéressé disposait pour l'exercice de son activité professionnelle pendant la période de référence de l'année N-2, soit en 2019.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1466 A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " () I sexies - Sauf délibération contraire de la commune ou de l'établissement public de coopération intercommunale doté d'une fiscalité propre, les établissements qui font l'objet d'une création ou d'une extension entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2014 dans les zones franches urbaines-territoires entrepreneurs mentionnés à l'article 1383 C bis ainsi que les établissements existant au 1er janvier 2006 dans les zones franches urbaines-territoires entrepreneurs mentionnés au deuxième alinéa du B du 3 de l'article 42 de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire sont exonérés de cotisation foncière des entreprises dans la limite du montant de base nette imposable fixé, pour 2021, à 80 617 € et actualisé chaque année en fonction de la variation de l'indice des prix. Les exonérations s'appliquent lorsque les conditions suivantes sont remplies () / L'exonération porte pendant cinq ans à compter de 2006 pour les établissements existant à cette date mentionnés au premier alinéa ou, en cas de création d'établissement, à compter de l'année qui suit la création () / II. - Pour bénéficier des exonérations prévues aux () I sexies les contribuables déclarent, chaque année, dans les conditions prévues à l'article 1477, les éléments entrant dans le champ d'application de l'exonération () ".
4. Si M. B entend faire valoir qu'il est éligible au dispositif d'exonération temporaire de la cotisation foncière des entreprises prévu par les dispositions précitées de l'article 1466 A du code général des impôts, il résulte de l'instruction qu'à la date du fait générateur de l'imposition en litige, soit le 1er janvier 2021, le lieu d'exploitation de son activité de micro-entrepreneur était situé au 10 rue Pierre Brossolette à Saint-Jean-de-la-Ruelle et n'était dès lors pas situé en zone-franche urbaine.
5. En troisième lieu, si M. B en faisant valoir que son chiffre d'affaires est inférieur à 1 000 euros au titre de l'année 2021 entend se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa du 1 du I de l'article 1647 D du code général des impôts prévoyant que " les redevables réalisant un montant de chiffre d'affaires ou de recette inférieur ou égal à 5 000 euros sont exonérés de la cotisation minimun ", il résulte de ces dispositions que ne sont redevables de cette cotisation minimum que les redevables ne disposant pas de locaux spécifiques pour exercer leur activité. Or il résulte de ce qui a été dit au point 3 que pendant la période de référence définie à l'article 1467 A du code général des impôts, M. B disposait des locaux situés au 1 rue Jean Louvet à Orléans. Dès lors le moyen soulevé par le requérant tiré du fait que son chiffre d'affaires est inférieur à 1 000 euros est inopérant et doit être écarté.
6. En quatrième lieu, si M. B entend se prévaloir des dispositions de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales en soutenant que l'administration fiscale lui aurait affirmé " qu'aucune cotisation foncière ne sera appliquée à sa situation ", il n'établit pas la réalité de la prise de position de l'administration ainsi invoquée.
7. En dernier lieu, M. B n'est pas fondé à se prévaloir de son état de santé qui est sans incidence sur sa situation au regard de l'imposition litigieuse.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le rapporteur,
Stéphane LARDENNOIS
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618520
01/09/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502745
01/09/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604577
01/09/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2620197
01/09/2026