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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2201727

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2201727

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2201727
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantDE CAUMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mai 2022, M. B C, représenté par Me de Caumont, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 48SI du 9 mars 2022 du ministre de l'intérieur l'informant de la perte de validité de son permis de conduire et les décisions de retrait de points qui y sont mentionnées ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer son permis de conduire en reconstituant son capital en points, sous un délai d'un mois à compter de la signification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il n'a pas reçu l'information préalable prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion de la constatation des infractions en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Le solde en points du permis de conduire de M. C a été réduit à zéro à la suite d'infractions au code de la route, commises les 6 juillet 2018, 14 novembre 2018, 30 mars 2019, 1er juin 2019 et 28 décembre 2021, ayant respectivement entraîné des retraits d'un point, un point, trois points, trois points et quatre points. M. C demande l'annulation de la décision 48SI du 9 mars 2022 du ministre de l'intérieur prononçant l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul et des décisions des retraits de points mentionnées sur cette décision, et qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de lui restituer le capital en points de son permis de conduire ainsi que son permis de conduire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. La délivrance de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une condamnation pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

En ce qui concerne les infractions des 6 juillet 2018, 14 novembre 2018 et 28 décembre 2021 :

3. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction au code de la route constatée par un radar automatique ou par procès-verbal électronique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

4. S'agissant des infractions commises les 6 juillet 2018, 14 novembre 2018 et 28 décembre 2021, constatées par radar automatique, il ressort du relevé d'information intégral du requérant qu'il a payé de manière différée les amendes forfaitaires dues à raison de ces infractions. Le requérant n'établit pas, ni même n'allègue, avoir été destinataire d'avis de contravention inexacts ou incomplets. Par suite, les retraits d'un point, un point et quatre points relatifs à ces infractions sont intervenus selon une procédure régulière.

5. S'agissant de l'infraction du 30 mars 2019, constatée par procès-verbal électronique, il ressort du relevé d'information intégral du requérant qu'il a payé de manière différée l'amende forfaitaire due à raison de cette infraction. Le requérant n'établit pas, ni même n'allègue, avoir été destinataire d'un avis de contravention inexact ou incomplet. Par suite, le retrait de trois points relatif à cette infraction est intervenu selon une procédure régulière.

En ce qui concerne de l'infraction du 1er juin 2019 :

6. Lorsqu'une contravention soumise à la procédure de l'amende forfaitaire est relevée avec interception du véhicule et donne lieu au paiement immédiat de l'amende entre les mains de l'agent verbalisateur, le contrevenant se voit remettre non les documents régis par les dispositions des articles A. 37 à A. 37-4 du code de procédure pénale mais, en application de l'article R. 49-2 du même code, une quittance de paiement. Le modèle de cette quittance comporte une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui doit être regardée comme ayant été délivrée préalablement au paiement de l'amende dès lors que le contrevenant conserve la faculté de renoncer à la modalité du paiement immédiat de l'amende avant de procéder à la signature de la quittance ou, le cas échéant, d'inscrire sur celle-ci une réserve sur les modalités selon lesquelles l'information lui avait été délivrée.

7. Pour l'infraction du 1er juin 2019, constatée avec interception du véhicule, il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif à la situation du requérant que le paiement de l'amende forfaitaire a été effectué le jour même de la constatation de l'infraction. Le ministre de l'intérieur produit le recto de la quittance signée du requérant. Dès lors, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme apportant la preuve du respect des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il suit de là que le retrait de trois points opéré à raison de cette infraction doit être regardé comme étant intervenu selon une procédure irrégulière.

8. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions de retraits de points consécutives aux infractions des 6 juillet 2018, 14 novembre 2018, 30 mars 2019, 1er juin 2019 et 28 décembre 2021 ni, par voie de conséquence, de la décision 48SI du 9 mars 2022 du ministre de l'intérieur l'informant de la perte de validité de son permis de conduire.

Sur les autres conclusions :

9. Eu égard à ce qui précède, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction du requérant, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 13 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

Paule A

Le greffier,

Roger MBELANI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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