vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201800 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL DEREC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2022, M. B A, représenté par Me Derec, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis à son encontre le 24 avril 2019 en vue de la récupération d'un indu de solde ;
2°) de le décharger des sommes réclamées ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la créance réclamée est prescrite car il n'a pas été informé de l'existence d'un indu de solde ni de l'émission d'un titre en vue de son recouvrement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive et par suite irrecevable ;
- la créance n'est pas prescrite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 200-321du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Defranc-Dousset,
- et les conclusions de M. Joos, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, caporal-chef au sein de l'armée de l'air, affecté en dernier lieu au département d'administration du personnel en position spéciale à Tours, a été placé sur sa demande en position de détachement au sein du ministère de l'intérieur à compter du 17 septembre 2018, puis titularisé au sein du corps d'encadrement et d'application de la police nationale par un arrêté du 21 octobre 2020. Le 24 avril 2019, le directeur départemental des finances publiques de la Moselle a émis à son encontre un titre de perception en vue du recouvrement d'un indu de solde d'un montant de 1 114 euros au titre de la période du 17 septembre 2018 au 30 septembre suivant. En l'absence de règlement des sommes dues, il a été procédé à une saisie administrative à tiers détenteur opérée sur son traitement du mois de juillet 2020, laquelle porte sur un montant total de 1 225 euros, majorations comprises. Par un courrier du 23 septembre 2021 reçu le 27 suivant, M. A a formé un recours administratif préalable contre cette saisie, auquel il n'a pas été répondu. Par la présente requête, M. A demande l'annulation du titre de perception émis à son encontre et la décharge de son obligation de payer.
2. Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, dans sa rédaction issue du I de l'article 94 de la loi n° 2011-1978 du 28 décembre 2011 de finances rectificative pour 2011 : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. / Toutefois, la répétition des sommes versées n'est pas soumise à ce délai dans le cas de paiements indus résultant soit de l'absence d'information de l'administration par un agent de modifications de sa situation personnelle ou familiale susceptibles d'avoir une incidence sur le montant de sa rémunération, soit de la transmission par un agent d'informations inexactes sur sa situation personnelle ou familiale () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une somme indûment versée par une personne publique à l'un de ses agents au titre de sa rémunération peut, en principe, être répétée dans un délai de deux ans à compter du premier jour du mois suivant celui de sa date de mise en paiement sans que puisse y faire obstacle la circonstance que la décision créatrice de droits qui en constitue le fondement ne peut plus être retirée. Sauf dispositions spéciales, les règles fixées par l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 sont applicables à l'ensemble des sommes indûment versées par des personnes publiques à leurs agents à titre de rémunération, y compris les avances et, faute d'avoir été précomptées sur la rémunération, les contributions ou cotisations sociales. En l'absence de toute autre disposition applicable, les causes d'interruption et de suspension de la prescription biennale instituée par les dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 sont régies par les principes dont s'inspirent les dispositions du titre XX du livre III du code civil. Il en résulte que tant la lettre par laquelle l'administration informe un agent public de son intention de répéter une somme versée indûment qu'un ordre de reversement ou un titre exécutoire interrompent la prescription à la date de leur notification. La preuve de celle-ci incombe à l'administration.
4. Aux termes de l'article 115 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 : " Le titre de perception est adressé au redevable sous pli simple ou, le cas échéant, par voie électronique. ". M. A, qui indique avoir constaté à la réception de son bulletin de salaire de juillet 2021 qu'une saisie administrative à tiers détenteur avait été opérée sur son traitement auprès de la direction régionale des finances publiques d'Île-de-France, soutient ne jamais avoir reçu notification du titre de perception sur lequel cette mesure d'exécution est fondée. Il soutient que l'indu de solde d'un montant de 1 114 euros, concernant la période du 17 septembre 2018 au 30 septembre suivant, ne pouvait faire l'objet d'une saisie en l'absence de notification de cet indu, affirmant ne jamais avoir reçu le titre de perception émis à son encontre le 24 avril 2019. Toutefois, l'administration fait valoir sans être contredite en réplique que M. A a été informé dès le 21 septembre 2018 par le ministère des armées que sa solde et les indemnités accessoires ne lui seraient servies que jusqu'au 16 septembre 2018. Par la suite, le centre expert des ressources humaines ayant constaté qu'il avait perçu à tort sa solde jusqu'au 30 septembre 2018 lui a adressé dès le 5 novembre 2018 un courrier l'informant de l'existence de ce trop versé et de ce qu'un titre de perception allait être émis à son encontre. Le titre de perception correspondant à cet indu a été émis à son encontre le 24 avril 2019 et lui a été adressé par voie postale à l'adresse déclarée lors de son départ de l'armée, laquelle est identique à celle déclarée dans le cadre de la présente instance. En l'absence de règlement de la somme due, il a été mis en demeure par courriers des 26 août 2019 et 25 août 2020, adressées à son adresse domiciliaire, de procéder au règlement de la somme initialement due, majorée des frais de recouvrement, soit une somme de 1 225 euros. En l'absence de toute manifestation de sa part, par lettre du 12 mai 2021, adressée à son domicile déclaré, il a été informé de ce qu'il allait être procédé à une saisie administrative entre les mains de son nouvel employeur. Alors que l'administration produit la copie de l'ensemble des courriers adressés au requérant et qu'il apparaît peu vraisemblable que l'ensemble de ces courriers ait été égaré par les services postaux, aucun d'entre eux n'ayant d'ailleurs été retourné à l'administration comme n'ayant pu être délivré, il y a lieu dans les circonstances particulières de l'espèce, de regarder la notification du titre de perception comme régulière. Cette notification ayant valablement interrompu le délai de prescription avant la date de son acquisition, a fait courir un nouveau délai, quinquennal, pour le recouvrement des sommes qu'il vise.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de M. A tendant à l'annulation du titre de perception émis à son encontre le 24 avril 2019 en vue de la restitution d'un indu de solde doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence ses conclusions à fin de décharge et celles qu'il présente au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Copie en sera adressée, pour information, à la direction départementale des finances publiques de la Moselle
Délibéré après l'audience du 18 juin 2021, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
Mme Keiflin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
La rapporteure,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALe greffier,
Vincent DUNET
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026