Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2201917
vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2201917 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2201917 le 3 juin 2022 et le 29 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Cadinot-Mantion, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 mars 2022 rendue par le chef du service des ressources humaines civiles l'informant qu'elle ne remplissait pas les conditions requises pour sa nomination dans le corps des ingénieurs civils de la défense, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours hiérarchique contre la décision du 28 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2022 portant retrait des arrêtés des 7 décembre 2021 et 14 décembre 2021 portant changement d'affectation sans changement de résidence, l'avisant de son affectation à compter du 1er février 2022 sur le poste de chef du département maintenance au sein de l'établissement central des matériels du service de santé des armées ;
3°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2022 portant fin d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire ;
4°) d'enjoindre à l'administration de la nommer et de la titulariser dans le corps des ingénieurs civils de la défense, de la réintégrer et de l'affecter au poste de chef du département maintenance santé en tant qu'ingénieur civil de la défense à l'établissement central des matériels du service de santé des armées (ECMSSA) de Fleury-les-Aubrais, relevant du groupe 3 du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), de lui faire bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire prévue par l'arrêté du 16 mars 2022, et enfin de procéder à la reconstitution de sa carrière avec rappels de salaires correspondant, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision du 28 mars 202- ses conditions de participation ont été vérifiées et acceptées avant la date de la nomination ;
- sa hiérarchie lui a confirmé bien avant qu'elle ne s'inscrive à l'examen qu'elle pouvait y participer ;
- l'arrêté du 16 décembre 2021 portant inscription à la liste d'aptitude pour l'accession dans le corps des ingénieurs civils de la défense où elle figure n'a pas été annulé ;
S'agissant de l'arrêté du 8 avril 202- il n'est pas motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure ;
- il est illégal en ce qu'il vient retirer les arrêtés du 7 décembre 2021 et du 14 décembre 2021 qui sont des décisions créatrices de droits légales et au-delà du délai de quatre mois concernant l'arrêté du 7 décembre 2021 ;
- il est illégal par exception d'illégalité de la décision du 28 mars 2022 ;
S'agissant de l'arrêté du 2 mai 202- il n'est pas motivé ;
- il est illégal par exception d'illégalité de la décision du 28 mars 2022 et de l'arrêté du 8 avril 2022.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 février 2024 et 5 mars 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés à l'appui de la requête n'est fondé.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2201918 le 3 juin 2022 et le 29 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Cadinot-Mantion, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 mars 2022 rendue par le chef du service des ressources humaines civiles l'informant qu'elle ne remplissait pas les conditions requises pour sa nomination dans le corps des ingénieurs civils de la défense, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours hiérarchique contre la décision du 28 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2022 portant retrait des arrêtés des 7 décembre 2021 et 14 décembre 2021 portant changement d'affectation sans changement de résidence, l'avisant de son affectation à compter du 1er février 2022 sur le poste de chef du département maintenance au sein de l'établissement central des matériels du service de santé des armées ;
3°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2022 portant fin d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire ;
4°) d'enjoindre à l'administration de la nommer et de la titulariser dans le corps des ingénieurs civils de la défense, de la réintégrer et de l'affecter au poste de chef du département maintenance santé en tant qu'ingénieur civil de la défense à l'établissement central des matériels du service de santé des armées (ECMSSA) de Fleury-les-Aubrais, relevant du groupe 3 du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), de lui faire bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire prévue par l'arrêté du 16 mars 2022, et enfin de procéder à la reconstitution de sa carrière avec rappels de salaires correspondant, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2201917.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 février 2024 et 5 mars 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés à l'appui de la requête n'est fondé.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2201919 le 3 juin 2022 et le 29 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Cadinot-Mantion, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 mars 2022 rendue par le chef du service des ressources humaines civiles l'informant qu'elle ne remplissait pas les conditions requises pour sa nomination dans le corps des ingénieurs civils de la défense, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours hiérarchique contre la décision du 28 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2022 portant retrait des arrêtés des 7 décembre 2021 et 14 décembre 2021 portant changement d'affectation sans changement de résidence, l'avisant de son affectation à compter du 1er février 2022 sur le poste de chef du département maintenance au sein de l'établissement central des matériels du service de santé des armées ;
3°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2022 portant fin d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire ;
4°) d'enjoindre à l'administration de la nommer et de la titulariser dans le corps des ingénieurs civils de la défense, de la réintégrer et de l'affecter au poste de chef du département maintenance santé en tant qu'ingénieur civil de la défense à l'établissement central des matériels du service de santé des armées (ECMSSA) de Fleury-les-Aubrais, relevant du groupe 3 du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), de lui faire bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire prévue par l'arrêté du 16 mars 2022, et enfin de procéder à la reconstitution de sa carrière avec rappels de salaires correspondant, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2201917.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 février 2024 et 5 mars 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés à l'appui de la requête n'est fondé.
IV. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2201920 le 3 juin 2022 et le 29 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Cadinot-Mantion, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 mars 2022 rendue par le chef du service des ressources humaines civiles l'informant qu'elle ne remplissait pas les conditions requises pour sa nomination dans le corps des ingénieurs civils de la défense, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours hiérarchique contre la décision du 28 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2022 portant retrait des arrêtés des 7 décembre 2021 et 14 décembre 2021 portant changement d'affectation sans changement de résidence, l'avisant de son affectation à compter du 1er février 2022 sur le poste de chef du département maintenance au sein de l'établissement central des matériels du service de santé des armées ;
3°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2022 portant fin d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire ;
4°) d'enjoindre à l'administration de la nommer et de la titulariser dans le corps des ingénieurs civils de la défense, de la réintégrer et de l'affecter au poste de chef du département maintenance santé en tant qu'ingénieur civil de la défense à l'établissement central des matériels du service de santé des armées (ECMSSA) de Fleury-les-Aubrais, relevant du groupe 3 du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), de lui faire bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire prévue par l'arrêté du 16 mars 2022, et enfin de procéder à la reconstitution de sa carrière avec rappels de salaires correspondant, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2201917.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 février 2024 et 5 mars 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés à l'appui de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 89-750 du 18 octobre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa ;
- les conclusions de M. Joos, rapporteur public ;
- et les observations de Me Cadinot-Mantion représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Anciennement infirmière militaire et technicienne supérieure hospitalier, Mme B A a été détachée le 1er novembre 2019 dans le corps des techniciens supérieurs d'études et de fabrications (TSEF) qu'elle a intégré le 1er novembre 2020. Elle s'est inscrite à l'examen professionnel pour l'accès au corps des ingénieurs civils de la défense au titre de l'année 2022 et, après avoir validé les épreuves écrites et orales, a été inscrite sur la liste d'aptitude par arrêté du 16 décembre 2021. Par arrêté du 7 décembre 2021 portant changement d'affectation sans changement de résidence, elle a été affectée à compter du 1er février 2022 sur le poste de chef du département maintenance au sein de l'établissement central des matériels du service de santé des armées (ECMSSA) de Fleury-les-Aubrais. Un second arrêté du 14 décembre 2021, lui a été notifié rectifiant le précédent en précisant que son poste antérieur relevait du groupe 2 du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP). Par arrêté du 16 mars 2022, une nouvelle bonification indiciaire (NBI) de 15 points lui était attribuée à compter du 1er février 2022, dans le cadre de ses nouvelles fonctions. Par la suite, sa situation administrative a fait l'objet d'un réexamen par le centre expert pour les ressources humaines du personnel civil (CERH-PC) et, par décision du 28 mars 2022, le CERH-PC lui a indiqué qu'elle ne remplissait pas les conditions requises pour sa nomination dans le corps des ingénieurs civils de la défense, dans la mesure où elle ne comptabilisait pas huit années de services publics effectifs, ni dans le corps des TSEF, ni dans un corps de catégorie B ayant vocation à exercer des fonctions techniques, étant précisé que les années effectuées en qualité de militaire ne sont pas prises en compte. Le 30 mars 2022, Mme A a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision du 28 mars 2022, resté sans réponse. Par arrêté du 8 avril 2022, le centre ministériel de gestion de Rennes a procédé au retrait des arrêtés des 7 et 14 décembre 2022. Le 2 mai 2022, un arrêté portant fin d'attribution de la NBI de 15 points attribuée à compter du 1er février 2022 lui a été notifié, avec effet à compter du 1er avril 2022. Par les présentes requêtes, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 28 mars 2022, la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique née le 30 mai 2022, l'arrêté du 8 avril 2022 portant retrait des arrêtés des 7 décembre 2021 et 14 décembre 2021 ainsi que l'arrêté du 2 mai 2022 portant fin d'attribution de la NBI.
2. Les requêtes n° 2201917, n° 2201918, n° 2201919 et n° 2201920 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, dès lors, d'en prononcer la jonction pour y statuer par une même décision.
En ce qui concerne la décision du 28 mars 2022, ensemble la décision implicite de rejet du 30 mai 2023. Aux termes de l'article 3 2° b) du décret n° 89-750 du 18 octobre 1989 portant statut particulier du corps des ingénieurs civils de la défense : " Les ingénieurs civils de la défense sont recrutés selon les modalités suivantes : b) Après examen professionnel ouvert aux techniciens supérieurs d'études et de fabrications régis par le même décret ainsi qu'aux fonctionnaires détachés dans ce corps. Les intéressés doivent justifier, au 1er janvier de l'année au titre de laquelle l'examen professionnel est organisé, de huit années au moins de services publics effectifs dans un corps de catégorie B ayant vocation à exercer des fonctions techniques. ". Aux termes de l'article L. 325-37 du code général de la fonction publique : " Les nominations sont prononcées dans l'ordre d'inscription sur la liste principale, puis dans l'ordre d'inscription sur la liste complémentaire. S'il apparaît, au moment de la vérification des conditions requises pour concourir, laquelle doit intervenir au plus tard à la date de la nomination, qu'un ou plusieurs candidats déclarés aptes par le jury ne réunissaient pas lesdites conditions, il peut être fait appel, le cas échéant, aux candidats figurant sur la liste complémentaire ".
4. Il résulte de ces dispositions que la circonstance qu'un candidat a participé aux épreuves d'un concours ou à un examen professionnel ne suffit pas à elle seule à révéler l'existence d'une décision de l'autorité administrative reconnaissant qu'il remplit les conditions requises pour concourir. En effet, la vérification des conditions requises peut intervenir à tous les stades de la procédure de recrutement, jusqu'à la date de la nomination du ou des candidats déclarés aptes par le jury. Il s'en déduit que la vérification de la recevabilité de la candidature pouvant ainsi être contrôlée après les résultats du concours ou de l'examen professionnel, la décision du jury prononçant l'admission de l'intéressé ne crée pas de droit acquis à sa nomination mais lui donne seulement vocation à être nommé dans l'emploi vacant.
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et n'est, au demeurant, pas contesté par Mme A, qu'au 1er janvier 2022, elle ne comptabilisait que 2 ans et 2 mois de services effectifs dans le corps des TSEF et ne disposait donc pas des huit ans de services effectifs, ni dans le corps des TSEF, ni dans un corps de catégorie B ayant vocation à exercer des fonctions techniques, les années effectuées en qualité de militaire n'étant pas prises en compte, condition requise par le 2° b) de l'article 3 du décret n° 89-750 précité portant statut particulier des ingénieurs civils de la défense pour bénéficier d'une promotion dans ce corps au titre de l'examen professionnel. Par suite, et alors que la vérification des conditions requises peut être réalisée jusqu'à la date de la nomination consécutive à la réussite d'un examen professionnel, c'est sans erreur de droit que l'administration a refusé, pour ce motif, sa nomination dans le corps des ingénieurs civils de la défense. Le moyen doit être écarté.
6. En second lieu, il résulte du point précédent que, contrairement à ce que soutient la requérante, d'une part les échanges de mails avec sa hiérarchie, qui, au demeurant, n'évoquaient en dernier lieu que l'attente de la confirmation de son inscription, ne peuvent être regardés comme une décision administrative créatrice d'un droit à sa nomination, d'autre part la circonstance que l'arrêté du 16 décembre 2021 portant inscription à la liste d'aptitude pour l'accession dans le corps des ingénieurs civils de la défense où elle figure n'a pas été annulé est sans incidence.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A aux fins d'annulation de la décision du 28 mars 2022 doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté du 8 avril 2028. En premier lieu, cet arrêté qui retire les arrêtés des 7 et 14 décembre 2021 portant changement d'affectation sans changement de résidence porte uniquement retrait d'une affectation obtenue à l'occasion de la promotion au grade supérieur, pour laquelle l'agent public ne dispose d'aucun droit au maintien et qui, par suite, n'est pas créatrice de droits, n'est pas au nombre des décisions défavorables dont l'article L. 211-2 du CRPA impose la motivation. Le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme inopérant.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
10. Si Mme A soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il procède au retrait de deux actes créateurs de droit après l'expiration du délai de quatre mois suivant leur édiction, il résulte des points précédents que les arrêtés retirés n'étaient pas des décisions créatrices de droit. Dans ces conditions leur retrait pouvait être opéré, et ce, sans condition de délai. Le moyen doit être écarté.
11. En dernier lieu, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit aux points précédents, la décision du 28 mars 2022 n'étant pas illégale, l'arrêté du 8 avril 2022 ne peut l'être, ainsi que le soutient la requérante, " par voie de conséquence ". Le moyen doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A aux fins d'annulation de l'arrêté du 8 avril 2022 doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté du 2 mai 20213. Aux termes du I de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 : " La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulière dans des conditions fixées par décret ". Il résulte de ces dispositions que le bénéfice de la NBI est lié à l'emploi occupé par le fonctionnaire ou le militaire, compte tenu de la nature des fonctions attachées à cet emploi. Ce bénéfice, qui ne constitue pas un avantage statutaire, a un caractère temporaire qui cesse soit avec la cessation des fonctions y ouvrant droit, soit par l'effet de l'arrêté fixant chaque année le nombre d'emplois bénéficiaires, dans la limite des crédits disponibles et en pareille hypothèse, un tel acte ne revêt pas le caractère d'une décision susceptible de faire l'objet d'un recours en excès de pouvoir.
14. L'arrêté du 2 mai 2022 par lequel le directeur du CMG notifie à Mme A que la nouvelle bonification indiciaire qui lui était versée est supprimée à compter du 1er avril 2022, n'a pour objet et ne peut avoir légalement pour effet que de l'informer de la nouvelle situation qui est la sienne au regard de la NBI, à compter de la date d'effet de son changement d'affectation faisant suite au retrait des arrêtés des 7 et 14 décembre 2021 par l'arrêté du 8 avril 2022. Un tel acte ne revêtant pas le caractère d'une décision susceptible de faire l'objet d'un recours en excès de pouvoir, Mme A n'est donc pas recevable, ainsi que l'oppose en défense le ministre des armées, à en demander l'annulation.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A aux fins d'annulation de l'arrêté du 2 mai 2022 doivent être rejetées comme irrecevables.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A aux fins d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles qu'elle présente au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2201917, n° 2201918, n° 2201919 et n° 2201920 présentées par Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère.
Mme Keiflin, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
La présidente-rapporteure,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
L'assesseure la plus ancienne,
Hélène DEFRANC-DOUSSETLa greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.