jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | FROUJY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juin 2022, Mme A C, représentée par Me Asmaa Froujy, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 10 mai 2022 du préfet de Loir-et-Cher l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le Tchad comme pays de destination de sa reconduite ;
2) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'examen de sa demande de titre de séjour " étranger malade " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du cinquième jour suivant le jugement à intervenir ;
3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation quant aux conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, le préfet de Loir-et-Cher conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 mai 2022 et au rejet de la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Mme C a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante tchadienne née le 1er septembre 1974, est entrée en France le 5 mars 2020 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour valable du 20 février au 31 mars 2020. Elle a sollicité le 26 mars 2020 son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée le 9 septembre 2021 par l'office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 15 mars 2022 par la cour nationale du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 10 mai 2022, le préfet de Loir-et-Cher l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du Tchad.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 mai 2022 du préfet de
Loir-et-Cher et sur les conclusions en injonction :
2. Dans son mémoire en défense, le préfet de Loir-et-Cher conclut au non-lieu à statuer en faisant valoir que la requérante a déposé le 16 mai 2022 une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, que cette demande a été transmise à l'Office français de l'immigration et de l'intégration le jour-même, que cette demande est toujours en cours d'instruction et que la situation de l'intéressée sera réétudiée à la lumière de l'avis que prendra le collège des médecins de l'Office. Ainsi, le préfet doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement abrogé son arrêté attaqué du 10 mai 2022. Dans ces conditions, les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de cet arrêté sont devenues sans objet ainsi que ses conclusions en injonction.
Sur les frais liés au litige :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
4. Mme C a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 juin 2022. Pour s'opposer à la demande présentée par la requérante au titre des dispositions précitées au point 3, le préfet de Loir-et-Cher se prévaut de sa bonne foi en faisant valoir que la demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade de l'intéressée a été déposée le 16 mai 2022, postérieurement à l'arrêté attaqué. Toutefois, il ressort du document de " confirmation de rendez-vous " des services des migrations et de l'intégration de la préfecture de Loir-et-Cher que la requérante a sollicité un rendez-vous en vue de formuler cette demande dès le 25 mars 2022, soit antérieurement à l'arrêté attaqué, et qu'elle a été invitée à se présenter à la préfecture le 16 mai 2022. Par suite, le préfet, qui avait connaissance de l'intention de la requérante de formuler une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade antérieurement à l'intervention de son arrêté, ne peut se prévaloir de la circonstance que le dossier de demande de titre de séjour n'a été constitué que le 16 mai 2022 pour s'opposer à la demande de l'intéressée présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser au conseil de la requérante en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de son renoncement à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme C tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 mai 2022 du préfet de Loir-et-Cher l'obligeant à quitter le territoire français à destination du Tchad et sur ses conclusions en injonction.
Article 2 : Sous réserve que Me Asmaa Froujy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Froujy, avocat de Mme C, une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et au préfet de
Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel B
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026