Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202488

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202488
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de Mme C, qui contestait un arrêté de non-opposition à déclaration préalable délivré par le maire de Lèves pour l'aménagement d'étages d'un immeuble. La requérante invoquait une atteinte à la jouissance de son bien en raison de vues créées par les nouvelles pièces à vivre. Le tribunal a jugé ce moyen manifestement inopérant, car la légalité d'une décision de non-opposition ne peut être contestée sur le fondement de troubles de voisinage, relevant du droit privé. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, sans examen de la fin de non-recevoir soulevée par la commune.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requérante et un mémoire, enregistrés le 28 juin 2022 et le 8 octobre 2022, Mme A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 mars 2022 par lequel le maire de Lèves ne s'est pas opposé à la déclaration préalable souscrite par M. B en vue de l'aménagement des troisième et quatrième étage d'un immeuble situé 7 rue des Grands prés en tant que cet arrêté n'impose pas une disposition différente des pièces à vivre créées dans cet immeuble.

Elle soutient que les pièces à vivre créées dans les appartements aménagés à cette occasion sont de nature, en créant des vues sur sa propriété, à affecter la jouissance de son bien et à le dévaloriser.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2022, la commune de Lèves conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en raison de l'absence d'intérêt à agir de la requérante ;

- le projet soumis ne pouvait faire l'objet d'une opposition à déclaration préalable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () "

2. A l'appui de sa requête, Mme C se borne à indiquer que le projet en cause est de nature à entrainer une perte de jouissance de son bien.

3. Ainsi, cette requête, qui n'a pas été utilement complétée ultérieurement, n'est assortie que d'un moyen manifestement inopérant, au sens des dispositions citées au point 1. Elle doit, pour ce motif, être rejetée sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Lèves.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C, à la commune de Lèves et à M. D B.

Fait à Orléans, le 2 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Denis LACASSAGNE

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.