mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202571 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | KONATE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2022, Mme G F, représenté par Me Assa Konaté, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 de la préfète du Loiret l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant son pays d'origine comme pays de destination de sa reconduite ;
2) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et une carte de séjour temporaire dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire a été prise par une autorité incompétente, n'est pas suffisamment motivée, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi a été prise par une autorité incompétente, n'est pas suffisamment motivée et méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2022, la préfète du Loiret, représentée par Me Johan Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Konaté, avocate de Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, ressortissante gabonaise née le 3 juin 1979, a déclaré être entrée en France le 7 octobre 2019 sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Le 21 octobre 2019, elle a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Placé en procédure Dublin, les autorités espagnoles ont refusé la reprise en charge de l'intéressée. N'ayant pas été transférée dans les délais, la demande d'asile a été examinée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides qui l'a rejetée le 22 novembre 2021. Par l'arrêté attaqué du 1er juillet 2022, la préfète du Loiret l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du Gabon.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 1er juillet 2022 a été signé par M. C D. Selon l'article 1er de l'arrêté n° 45-2021-07-27-00002 du 27 juillet 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 45-2021-197, la préfète du Loiret, a donné délégation de signature à M. Benoit Lemaire, secrétaire général, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret () " à l'exception des arrêtés portant élévation de conflit et les réquisitions de comptable public. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'obligation de quitter le territoire attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. ".
4. En l'espèce, l'obligation de quitter le territoire attaquée du 1er juillet 2022 vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention de Schengen, la convention internationale relative aux droits de l'enfant, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le code des relations entre le public et l'administration et mentionne les éléments de fait propres à la situation personnelle et familiale de la requérante à raison desquels la préfète du Loiret l'a obligée à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine. Ainsi, l'obligation de quitter le territoire est suffisamment motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. En se prévalant de ces stipulations, la requérante soutient qu'elle est entrée en France le 7 octobre 2019, qu'elle est décrite comme volontaire et intégrée à la société française, qu'elle a un niveau d'étude universitaire, qu'elle comprend et parle parfaitement le français, qu'elle accompagne bénévolement des élèves dans des activités d'encadrement et d'accompagnement à la scolarité et qu'elle déclare ses impôts. Toutefois, elle est entrée récemment en France et s'y est maintenue malgré la décision de rejet de sa demande d'asile. Elle ne conteste pas qu'elle est mariée et mère de cinq enfants mineurs qui ne résident pas en France. Elle n'établit pas, ni même n'allègue, de ne plus avoir de liens familiaux dans son pays d'origine et avoir de tels liens en France. Par suite, l'arrêté attaqué ne porte pas au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Il suit de là que la préfète du Loiret n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la préfète du Loiret n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
7. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 2, le moyen de la requérante tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi a été prise par une autorité incompétente ne peut être accueilli.
8. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de renvoi mentionne que la requérante n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine et que la décision ne contrevient pas, notamment, aux dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir, en tout état de cause, que la décision fixant le pays de renvoi n'est pas motivée.
9. Enfin, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
10. La requérante soutient que son époux est militant politique en faveur de M. A B, candidat à l'élection présidentielle, qu'il a été persécuté pour ses opinions et a été enlevé et emprisonné par deux fois, qu'il a été soumis à des pressions aux fins de fournir des informations aux services de sécurité sur les activités de l'opposition, que les menaces et intimidations se faisant plus insistantes, elle a pris l'initiative de quitter le Gabon seule en plaçant ses enfants chez sa mère au Cameroun lesquels sont actuellement dans un internat dans ce pays suite au décès de sa mère. Toutefois, sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides. Par ailleurs, si elle produit deux articles de journaux faisant état de l'enlèvement de son mari en 2018 ainsi que la copie de la plainte qu'elle a déposée le 8 janvier 2018 à la suite de cet enlèvement, ces éléments sont insuffisants pour établir qu'elle avait fait personnellement l'objet de persécutions de la part des autorités gabonaises ou qu'elle serait l'objet de telles persécutions en cas de retour dans son pays. Il suit de là que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Loiret a méconnu les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme F doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G F et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel E
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026