Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202773
mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2202773 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2022, M. A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois à compter de la date de retrait du titre.
Il soutient que la décision, en tant qu'elle fixe une durée de suspension de six mois, est disproportionnée, alors que son permis lui est indispensable compte tenu de son activité professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, la préfète d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le moyen du requérant n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Loisy, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient pas présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : / () 2° Le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué ; / II.- La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. () ".
2. Par l'arrêté attaqué du 18 juillet 2022, la préfète d'Eure-et-Loir a prononcé, sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, la suspension du permis de conduire du requérant pour une durée de six mois au motif que celui-ci avait conduit à une vitesse enregistrée de 131 km/heure (124 km/heure retenue) sur une voie limitée à 80 km/heure.
3. Le requérant soutient que la durée de la mesure de suspension est disproportionnée, eu égard à sa situation professionnelle, dès lors qu'il est directeur technique au sein d'une entreprise de matériels agricoles et doit, à ce titre, assurer l'encadrement de six sites de la société installés sur quatre départements distincts. Toutefois, il ressort des pièces produites en défense que l'intéressé a fait l'objet, le 16 juillet 2022, sur la commune de Chataincourt (Eure-et-Loir), d'un contrôle routier, qui a révélé qu'il roulait, comme dit au point 2, à une vitesse enregistrée de 131 km/heure (124 km/heure retenue) sur une voie limitée à 80 km/heure. Compte tenu de la gravité de l'infraction ainsi commise, la préfète d'Eure-et-Loir n'a pas pris une mesure disproportionnée à la protection de la sécurité publique en suspendant provisoirement le permis de conduire de l'intéressé. Elle n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en fixant à six mois la durée de suspension de la validité de son permis de conduire.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 juillet 2022 de la préfète d'Eure-et-Loir doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète d'Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 30 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Paule B
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.