Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2202889

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2202889
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a été saisi par M. B d'une demande d'annulation d'un titre exécutoire de 68 euros émis par la commune de Montereau pour un dépôt d'ordures sauvages. Le tribunal a constaté que cette amende, fondée sur les articles R. 632-1 et R. 634-1 du code pénal, revêt un caractère pénal. Il a jugé que le contentieux relève de la compétence du juge judiciaire, et non de la juridiction administrative. Par conséquent, la requête a été rejetée comme portée devant une juridiction incompétente.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 août 2022 et le 26 septembre 2022, M. A B demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire émis le 18 juillet 2022 à son encontre portant sur une somme de 68 euros.

M. B soutient qu'il ne peut être redevable d'une amende pour dépôt d'ordures dès lors qu'il n'est pas propriétaire des déchets retrouvés et que ceux-ci auraient pu s'y retrouver en raison du vent comme tombés du camion de ramassage des ordures ménagères ou de toute autre circonstance qui ne lui serait pas imputable.

Par un mémoire enregistré le 14 septembre 2022, la commune de Montereau représentée par son maire en exercice conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que le maire a constaté le 13 juillet 2022 au matin des déchets déposés entre le 12 juillet au soir et le matin du 13 juillet 2022 aux pieds des containers sur le parking dédié aux poids lourds, que le vent ne peut être à l'origine de ce dépôt en raison du poids des enveloppes souillées retrouvées et que le maire est responsable de la salubrité publique.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- Le code de l'environnement,

- le code pénal,

- le code de procédure pénale,

- le code général de la propriété des personnes publiques,

- le code général des collectivités territoriales,

- le code de la santé publique,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B qui réside au 17 rue de Versailles à Montereau (45260) demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire d'un montant de 68 euros émis à son encontre le 18 juillet 2022 à la suite du procès-verbal établi par le maire en raison d'un dépôt d'ordures sauvages au pied de containers situés dans un parc dédié au stationnement des poids-lourds sur le territoire de ladite commune.

2. Aux termes de l'article R. 632-1 du code pénal : " Est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 2e classe le fait de déposer, aux emplacements désignés à cet effet par l'autorité administrative compétente, des ordures, déchets, matériaux ou tout autre objet de quelque nature qu'il soit, en vue de leur enlèvement par le service de collecte, sans respecter les conditions fixées par cette autorité, notamment en matière d'adaptation du contenant à leur enlèvement, de jours et d'horaires de collecte ou de tri des ordures ".

3. Selon l'article R. 634-1 du même code : " Hors les cas prévus aux articles R. 635-8 et R. 644-2, est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe le fait de déposer, d'abandonner, de jeter ou de déverser, en lieu public ou privé, à l'exception des emplacements, conteneurs, poubelles ou bennes adaptés aux déchets désignés à cet effet pour ce type de déchets par l'autorité administrative compétente, des ordures, déchets, déjections, matériaux, liquides insalubres ou tout autre objet de quelque nature qu'il soit, y compris en urinant sur la voie publique, si ces faits ne sont pas accomplis par la personne ayant la jouissance du lieu ou avec son autorisation. ".

4. Le titre exécutoire querellé a été émis pour le recouvrement de l'amende adressée à M. B suite à l'infraction constatée par le maire d'un dépôt sauvage d'ordures ménagères le 13 juillet 2022 sur la place située dans la commune de Montereau. En application des dispositions précitées, ces amendes revêtent un caractère pénal. Or, il n'appartient qu'au juge judiciaire de connaître des contestations résultant des amendes à caractère pénal telle que celle à l'origine du présent litige. Dès lors, les conclusions de la requête, qui ne sont pas détachables de la procédure pénale, ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative, nonobstant les mentions erronées des voies et délais de recours mentionnées dans le titre querellé. Il s'ensuit que la requête doit être rejetée comme portée devant une juridiction manifestement incompétente pour en connaître.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Montereau.

Fait à Orléans, le 18 septembre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.