mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | HERVOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2022, M. A B, représenté par
Me Gaëlle Duplantier, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2022 de la préfète du Loiret l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant la République de Guinée comme pays de destination de sa reconduite ;
2) d'enjoindre à la préfète du Loiret de procéder à un nouvel examen de sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard à partir du délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté n'a pas été précédé d'un examen attentif et particulier de sa situation personnelle ;
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure dès lors que l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'a pas été respecté et qu'il n'a pu faire part de ses observations ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2022, la préfète du Loiret, représenté par Me Johan Hervois, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 modifié portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Duplantier, avocate de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de la République de Guinée né le 9 mai 1995, a été interpellé le 15 septembre 2022 par les services de la direction interdépartementale de la police aux frontières d'Orléans. Il est entré en France le 18 août 2014 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour, valant titre de séjour en qualité d'étudiant, valable du 15 août 2014 au 15 août 2015 renouvelé jusqu'au 1er octobre 2020. L'intéressé a demandé le renouvellement de son titre de séjour le 5 janvier 2021. Un récépissé valable du 5 janvier 2021 au 4 avril 2021 lui a été délivré dans l'attente de l'instruction de sa demande. Le titre de séjour du requérant valable du 8 janvier au 30 octobre 2021 a été mis à sa disposition mais l'intéressé ne l'a pas récupéré. Par l'arrêté attaqué du 15 septembre 2022, la préfète du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination de la République de Guinée.
2. En premier lieu, le requérant soutient que la préfète n'a pas procédé à un examen attentif et particulier de sa situation personnelle en faisant valoir que si, dans l'arrêté attaqué, elle rappelle son parcours d'étudiant en France, elle ne s'interroge pas sur le point de savoir s'il poursuit des études et s'il justifie du caractère réel et sérieux de celles-ci. Toutefois, il ressort des motifs de l'arrêté que la préfète a rappelé les conditions d'entrée en France du requérant et son parcours d'étudiant, qu'il n'avait pas récupéré le titre de séjour délivré pour la période du
8 janvier au 30 octobre 2021, que lors de son audition le 15 septembre 2022, il avait déclaré qu'il avait effectué des démarches auprès de la préfecture au sujet de la délivrance de son titre de séjour mais qu'aucune trace de ces démarches n'avait été retrouvée, ainsi que sa situation familiale. Par ailleurs, le requérant n'allègue pas avoir informé les services préfectoraux de la poursuite de ses études. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué n'a pas été précédé d'un examen attentif et particulier de sa situation.
3. En deuxième lieu, si, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.
4. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
5. En l'espèce, le requérant soutient qu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations et notamment de se prévaloir de la poursuite de ses études, qu'ainsi, il a été privé du droit à être entendu ce qui entache l'arrêté de la préfète d'une irrégularité. Toutefois, lors de son interpellation du 15 septembre 2022, il a pu faire valoir tous les éléments relatifs à sa situation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe précité ne peut être accueilli.
6. Enfin, le requérant soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en faisant valoir qu'il poursuit ses études et qu'il a à cœur de les achever avant de rentrer dans son pays d'origine. Toutefois, il ne justifie pas être inscrit auprès d'une université à la date de l'arrêté attaqué. En outre, il est célibataire et sans enfant et il ne justifie pas de liens familiaux ou personnels stables et intenses en France. Enfin, il a déclaré, lors de son interpellation, ne pas avoir de craintes pour sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, l'arrêté n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée y compris, par voie de conséquence, ses conclusions en injonction et celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel C
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026