mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2203414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
| Avocat requérant | HERVOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 septembre, 3 octobre et 8 novembre 2022, M. C A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2022 de la préfète du Loiret l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le Sénégal comme pays de destination de sa reconduite.
Il soutient que :
- sa demande de réexamen de sa demande d'asile a été rejetée pour irrecevabilité en raison d'un abus de pouvoir de la préfecture qui a placé sa demande en procédure accélérée pour faire échec à une mesure d'éloignement sans possibilité de contester cette décision dans l'immédiat, ni présenter des observations alors qu'elle savait qu'il avait entrepris des démarches auprès de la spada d'Orléans depuis le 25 août 2021 pour enregistrement de la demande de réexamen ;
- il s'est présenté à la préfecture le 22 septembre 2021 pour enregistrement de sa demande de réexamen et, ainsi, il est clair qu'il n'y avait aucune volonté de se soustraire à une mesure d'éloignement ;
- la préfecture sait bien qu'il a des arguments fondés sur les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il y a litispendance avec la procédure en cours devant la cour administrative d'appel de Versailles et le tribunal doit se dessaisir au profit de la cour ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delandre, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Carroger, avocate de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 20 avril 1981, a déclaré être entré en France le 1er mars 2020 muni d'un passeport en cours de validité. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 12 février 2021, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 2 juillet 2021. Par un arrêté du 23 avril 2021, la préfète du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français. Cet arrêté a été abrogé par un arrêté de la préfète du 28 juillet 2021. Le 31 août 2021, la préfète du Loiret a pris à son encontre un arrêté par lequel elle l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du Sénégal ou de tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible. Par un jugement n° 2103142 du 10 novembre 2021, le président de ce tribunal administratif a rejeté la requête de l'intéressé tendant à l'annulation de cet arrêté. Le requérant a formé contre ce jugement un recours devant la cour administrative d'appel de Versailles, enregistré sous le n° 21VE02997 et en cours d'instruction. Le 24 septembre 2021, le requérant a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Sa demande a été rejetée par une décision du 28 septembre 2021 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides. Par l'arrêté attaqué du 28 septembre 2022, la préfète du Loiret l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du Sénégal.
Sur la demande du requérant tendant à transmettre le dossier à la cour administrative d'appel de Versailles :
2. Le requérant soutient qu'il y a litispendance avec la procédure précitée en cours devant la cour administrative d'appel de Versailles et que le tribunal doit se dessaisir au profit de la cour. Toutefois, en application de l'article L. 321-1 du code de justice administrative, la cour administrative d'appel de Versailles est compétente pour connaître du recours qu'il a introduit contre le jugement n° 2103142 du 10 novembre 2021 de ce tribunal administratif. Par ailleurs, en application de l'article L. 311-1 du code de justice administrative et de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le président de ce tribunal ou le magistrat désigné par lui est compétent pour statuer sur les requêtes dirigées contre les obligations de quitter le territoire prises, comme en l'espèce, sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, aucune disposition des articles R. 341-1 à R. 345-4 du code de justice administrative relatifs à la connexité ne prévoient une telle connexité entre le présent litige et le litige précité en cours d'instruction devant la cour administrative d'appel de Versailles. Par suite, la demande du requérant tendant à ce que le tribunal administratif se dessaisisse au profit de la cour administrative d'appel de Versailles ne peut être accueillie.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 28 septembre 2022 de la préfète du Loiret :
3. En premier lieu, le requérant soutient que sa demande de réexamen de sa demande d'asile a été rejetée pour irrecevabilité en raison d'un abus de pouvoir de la préfecture qui a placé sa demande en procédure accélérée pour faire échec à une mesure d'éloignement sans possibilité de contester cette décision dans l'immédiat, ni présenter des observations alors qu'elle savait qu'il avait entrepris des démarches auprès de la spada d'Orléans depuis le 25 août 2021 pour enregistrement de la demande de réexamen. Le requérant soutient ainsi que la préfète du Loiret a commis un détournement de pouvoir. Toutefois, sa demande de réexamen de sa demande d'asile a été rejetée le 28 septembre 2021 et l'arrêté attaqué n'a été pris que le 28 septembre 2022, soit un an après la décision du 28 septembre 2021, ce qui lui permettait de saisir la cour nationale du droit d'asile de la décision de rejet du 28 septembre 2021 avant l'intervention de l'arrêté. Par suite, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré très récemment en France et s'y est maintenu malgré les décisions administrative et juridictionnelle dont il est fait état au point 1. Il ne conteste pas qu'il est marié et père d'un enfant mineur et que sa famille ne réside pas en France. Il n'établit pas, ni même n'allègue, avoir des liens familiaux en France. Par suite, l'arrêté attaqué ne porte pas au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Il suit de là que la préfète du Loiret n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
7. Le requérant se prévaut de ces stipulations en produisant divers documents. Toutefois, le mémoire présenté par son avocate devant la cour administrative d'appel de Versailles à l'appui du recours précité n'est pas de nature, en lui-même, à établir qu'il craint pour sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine. Par ailleurs, s'il produit la plainte qu'il a adressée le 11 novembre 2021 à Interpol pour actes criminels qui auraient été commis par des autorités de son pays d'origine, il ne donne pas la suite qui aurait été donnée à cette plainte par Interpol. Ainsi, ce document n'est pas davantage de nature à établir la réalité de ses craintes. Il en est de même de la déclaration solennelle et sous serment du 11 octobre 2022 qu'il a faite devant un notaire de Gien dès lors qu'elle émane de lui-même. Enfin, l'attestation établie le
20 janvier 2022 par son épouse est insuffisante, eu égard à son origine, pour établir la réalité de ses craintes. Au demeurant, sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Loiret a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Jean-Michel B
Le greffier,
Roger MBELANI
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026