Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 octobre 2022, 29 juillet 2024 et 7 mai 2025, et un mémoire, non communiqué, enregistré le 19 décembre 2025 à 10h34, Mme A... C..., représentée par Me Dupichot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner solidairement le centre hospitalier de Dreux et son assureur, la société hospitalière d’assurance mutuelle (SHAM), à lui verser la somme définitive de 13 336,25 euros et la somme provisionnelle de 25 675 euros en réparation de ses préjudices en lien avec sa prise en charge au sein de cet établissement hospitalier ;
2°) d’ordonner une mesure d’expertise afin que soient constatés ses préjudices depuis le 4 février 2022, date de consolidation de son état de santé, ainsi que ses préjudices permanents et de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Dreux et de la SHAM, les frais de cette expertise ;
3°) de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Dreux et de la SHAM une somme de 5 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l’équipe médicale du centre hospitalier de Dreux a commis une faute de nature à engager sa responsabilité à raison d’une maladresse chirurgicale lors de l’opération du canal carpien de sa main droite effectuée au sein de cet établissement le 5 mai 2020 ainsi que du retard de détection de la lésion, réalisée par une autre équipe que celle de l’établissement alors qu’il lui incombait l’identification des causes des douleurs dont elle se plaignait ;
- le lien de causalité entre ces fautes et les dommages subis a été constaté par l’expert judiciaire ;
- le centre hospitalier de Dreux et son assureur seront condamnés solidairement à l’indemniser des sommes de 2 336,25 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire de la date d’apparition des dommages jusqu’au 4 février 2022, date du dépôt du rapport d’expertise, 8 000 euros au titre des souffrances endurées et 3 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ; ces préjudices seront arrêtés au jour de la consolidation de son état de santé ;
- dans l’attente d’une nouvelle expertise devant évaluer les dommages postérieurs au 4 février 2022 ainsi que post-consolidation, le centre hospitalier de Dreux et son assureur lui verseront solidairement une provision de 2 336,25 euros au titre du déficit temporaire entre le 4 février 2022 à la date de consolidation, de 10 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 5 000 euros au titre de préjudice d’agrément et 10 000 euros au titre de l’incidence professionnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 août 2024 et le 1er octobre 2025, le centre hospitalier de Dreux et la société Relyens Mutual Insurance (anciennement dénommée Société hospitalière d’assurances mutuelles), représentés par Me Derec, conclut à titre principal, au rejet de la requête, subsidiairement, à ce qu’il soit ordonné une expertise médicale, et, plus subsidiairement, à la limitation des montants d’indemnité provisionnelle alloués ainsi que les sommes mises à sa charge au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administration et, en tout état de cause, à ce que les dépens soient mis à la charge de la requérante.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable dès lors qu’elle est tardive ;
- l’expert ne qualifie pas la maladresse chirurgicale en cause ni l’accident médical survenu de fautifs mais évoque l’existence d’un sur-risque de lésion nerveuse, ce qui établit la possibilité de survenance d’une telle lésion hors de toute faute médicale ;
- le retard de diagnostic de la lésion évoqué par l’expert ne peut être imputé exclusivement à l’établissement hospitalier dès lors que la requérante a été également suivie par d’autres praticiens postérieurement à l’intervention chirurgicale, en outre l’expert souligne que la participation du retard de prise en charge au résultat final est difficile à évaluer alors que l’indication de reprise chirurgicale des plaies de nerfs périphériques est généralement dans un délai de 6 à 8 semaines, ce qui a été respecté en l’espèce ;
- subsidiairement, l’indemnisation du déficit fonctionnel temporaire sera limitée à la somme de 1 403,33 euros, celle de l’incapacité permanente partielle à 5 557 euros, le montant alloué au titre des souffrances endurées sera limité à 3 500 euros, le préjudice esthétique temporaire sera évalué à la somme maximale de 1 000 euros, les demandes en lien avec un préjudice d’agrément et un préjudice d’incidence professionnelle seront rejetées.
La requête a été communiquée au Sénat et à la caisse autonome de sécurité sociale du Sénat qui n’ont pas produit d’observations.
Par une ordonnance du 18 novembre 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 19 décembre 2025 à 12h00.
Vu :
- l’ordonnance n° 2102030 par laquelle le président du tribunal a ordonné une expertise et a désigné le docteur B..., chirurgien orthopédique, en qualité d’expert ;
- le rapport d’expertise, enregistré au greffe du tribunal le 9 février 2022 ;
- l’ordonnance n° 2102030 du 17 février 2022 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l’expertise à la somme de 2 400 euros et les a mis à la charge de Mme C... ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Nehring ;
- les conclusions de M. Eric Gauthier, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lombard, substituant Me Dupichot, représentant Mme C... et de Me Gaftoniuc, substituant Me Derec, représentant le centre hospitalier de Dreux et la société Relyens Mutual Insurance.
Considérant ce qui suit :
Mme A... C..., née le 4 mai 1970, a été hospitalisée le 5 mai 2020 au centre hospitalier de Dreux afin de bénéficier d’une intervention chirurgicale en vue du traitement d’un syndrome du canal carpien droit. Le 13 mai 2020, sont constatés une absence d’amélioration de ce syndrome ainsi que la perte de sensibilité de la première commissure de la main droite. Un électromyogramme est réalisé le 5 juin 2020 qui fait apparaitre une absence de conduction dans la branche motrice thénarienne du pouce. Le 25 juin 2020 lors d’une nouvelle intervention chirurgicale, il est constaté une section quasi-complète du nerf interdigital palmaire du premier espace et du nerf collatéral radial, un geste de réparation microchirurgicale est alors réalisé. Toutefois, aucune amélioration clinique n’a pu être constatée postérieurement à cette intervention.
Mme C... a saisi la commission de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, le 5 février 2021, d’une demande d’indemnisation. Cette commission s’étant déclarée incompétente, par décision du 6 avril 2021, Mme C... a saisi le tribunal administratif le 4 juin 2021 d’une requête en référé-expertise. Sur la base des conclusions de cette expertise, réalisée le 4 février 2022, Mme C... a adressé au centre hospitalier de Dreux, une demande indemnitaire préalable, dont il a été accusé réception le 13 juin 2022. Cette demande étant restée sans réponse, Mme C... demande au tribunal de condamner solidairement cet établissement hospitalier et son assureur, la société hospitalière d’assurance mutuelle (SHAM) devenue Relyens Mutual Insurance, à lui verser la somme de 13 336,25 euros à titre définitif ainsi que 25 675 euros à titre provisionnel en réparation de ses préjudices en lien avec sa prise en charge au sein de cet établissement hospitalier.
Sur la fin de non-recevoir :
D’une part, aux termes de l’article L. 1142-7 du code de la santé publique : « (…) La saisine de la commission suspend les délais de prescription et de recours contentieux jusqu'au terme de la procédure (…) » suivie devant cette commission. Aux termes de l’article R. 1142-15 du même code : « Lorsque le président ou un président adjoint [de la commission] considère (…) que les dommages subis ne présentent manifestement pas le caractère de gravité prévu au II de l'article L. 1142-1, il déclare la commission incompétente. (…) Le demandeur ainsi que le professionnel, l'établissement, le centre, l'organisme de santé ou le producteur, l'exploitant ou le distributeur de produits de santé concerné par la demande, ainsi que son assureur et l'organisme de sécurité sociale auquel était affiliée la victime, en sont informés par lettre recommandée avec accusé de réception. / La lettre recommandée envoyée au demandeur informe celui-ci de la possibilité de saisir la commission en vue d'une conciliation ».
La notification par un établissement public de santé d’une décision rejetant la demande indemnitaire d’un patient fait courir le délai de recours contentieux dès lors qu’elle comporte la double indication que le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de deux mois et que ce délai est interrompu en cas de saisine de la commission de conciliation et d’indemnisation. En application des dispositions précitées de l’article L. 1142-7 du code de la santé publique, le délai est interrompu lorsque, avant son expiration, l’intéressé présente devant la commission une demande d’indemnisation amiable ou une demande de conciliation. Le tribunal administratif doit alors être saisi dans un nouveau délai de deux mois courant, en cas de demande d’indemnisation amiable, de la date à laquelle l’avis rendu par la commission est notifié à l’intéressé et, en cas de demande de conciliation, de la date à laquelle il reçoit le courrier de la commission l’avisant de l’échec de la conciliation ou de celle à laquelle le document de conciliation partielle mentionné à l’article R. 1142-22 est signé par les deux parties.
D’autre part, la saisine du juge des référés devant le tribunal administratif d’une demande d’expertise médicale aux fins de rechercher les causes de dommages imputés au service public hospitalier interrompt le délai de recours contentieux contre la décision de l’établissement hospitalier rejetant expressément la demande d’indemnité, ce délai commence à courir à nouveau à compter de la notification au requérant du rapport de l’expert ou de l’ordonnance du juge des référés rejetant la demande d’expertise.
Il résulte de l’instruction qu’à la suite du rejet, notifié le 9 décembre 2020, par le centre hospitalier de Dreux de sa demande d’indemnisation préalable, Mme C... a saisi la commission régionale de conciliation et d’indemnisation Centre-Val de Loire par courrier reçu le 8 février 2021, soit dans le délai de recours contentieux, d’une demande de règlement amiable. Une décision d’incompétence de cette commission lui a été notifiée le 13 avril 2021. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme C... disposait alors d’un délai de deux mois pour saisir le tribunal administratif à compter de cette date. La saisine par l’intéressée du juge des référés du tribunal, le 6 juin 2021, d’une demande d’expertise médicale, a néanmoins eu pour effet d’interrompre ce délai.
Le centre hospitalier de Dreux et son assureur font valoir que le délai de recours contentieux a commencé à courir de nouveau le 8 février 2022, date à laquelle le rapport de l’expert a été notifié, par courriel, à Mme C.... Il en déduit qu’à la date à laquelle la requérante a saisi le tribunal de sa requête indemnitaire, le 12 octobre 2022, le délai de recours contentieux était expiré. Toutefois, il résulte du courriel de notification du rapport d’expertise produit en défense que celui-ci a été adressé au conseil de Mme C... et non à la requérante elle-même. Ainsi, cette notification n’a pu avoir pour effet de faire courir de nouveau le délai de recours dont la requérante disposait. Il en résulte que la requête de Mme C... n’est pas tardive et que la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur la responsabilité :
Aux termes du premier alinéa du I de l’article L. 1142-1du code de la santé publique : « Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ».
D’une part, il résulte de l’instruction et notamment du rapport d’expertise judiciaire qu’au cours d’une intervention chirurgicale de traitement du syndrome du canal carpien droit réalisée le 5 mai 2020 au centre hospitalier de Dreux, Mme C... a été victime d’une section quasi complète d’une branche nerveuse issue du nerf médian droit, constatée à 10 mm après la zone de division de ce nerf. L’expert judiciaire indique que cette lésion a pour origine une maladresse chirurgicale au cours de l’intervention. Il résulte également du rapport d’expertise judiciaire que Mme C... a consulté plusieurs praticiens du centre hospitalier de Dreux, les 13 mai, 26 mai et 8 juin 2020 et que, malgré le constat d’une perte de sensibilité du pouce et de l’index, et de l’absence d’amélioration de la branche motrice thénarienne ainsi qu’un potentiel sensitif absent du pouce droit, aucune décision de réintervention chirurgicale n’a été prise. Une nouvelle intervention a, en revanche, été décidée par un praticien d’un autre établissement hospitalier. L’expert qualifie les diligences réalisées par l’équipe du centre hospitalier de Dreux pour authentifier la lésion dont était atteinte Mme C... de tardives, constituant un retard de prise en charge imputable à cet établissement hospitalier. Si le centre hospitalier et son assureur soutiennent que le dommage causé à Mme C... présente le caractère d’accident médical dès lors qu’un risque de lésion nerveuse existe lors de la pratique de ce type de chirurgie et que la nouvelle intervention chirurgicale a eu lieu dans des délais conformes, ces affirmations ne permettent pas de remettre en cause les conclusions de l’expert évoquées ci-dessus. Par suite, l’équipe médicale du centre hospitalier de Dreux a commis deux fautes, constituées d’une maladresse chirurgicale et d’un retard de prise en charge, de nature à engager sa responsabilité.
D’autre part, il résulte de l’instruction et notamment du rapport d’expertise judicaire, que le dommage corporel subi par Mme C... est en lien direct et exclusif avec la lésion de la branche nerveuse résultant de la maladresse chirurgicale fautive de l’équipe médicale du centre hospitalier de Dreux, il y a donc lieu de condamner solidairement cet établissement hospitalier ainsi que son assureur à réparer intégralement les dommages qui en ont résulté.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne la date de consolidation :
Il résulte de l’instruction, et notamment du rapport d’expertise judiciaire, que l’état de Mme C... n’était pas consolidé à la date de l’expertise, le 4 février 2020. Ainsi, en l’absence de consolidation de l’intéressée à cette date, il ne peut lui être alloué, en l’état, une indemnisation définitive. Néanmoins, Mme C..., est en droit d’obtenir la réparation des préjudices qui apparaissent d’ores et déjà certains, du fait des séquelles imputables aux fautes commises par le centre hospitalier de Dreux.
En ce qui concerne les préjudices certains :
En premier lieu, il résulte de l’instruction et notamment du rapport d’expertise judiciaire que Mme C... a été atteinte d’un déficit temporaire imputable à la faute du centre hospitalier de Dreux évalué à 25 % du 6 mai au 24 juin 2020, de 100 % le 25 juin 2020, de 50 % du 26 juin au 15 juillet 2020, de 25 % du 16 juillet au 15 août 2020 et de 10 % du 16 août 2020 au 4 février 2022. Si Mme C... soutient qu’elle portait un plâtre à la main droite entre le 26 juin et le 15 juillet 2020, cette circonstance n’est pas de nature à faire porter son déficit fonctionnel à 100 % durant cette période. Par suite, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire de l’intéressée en l’évaluant à la somme de 1 546 euros, sur la base d’un montant de 20 euros par jour pour un déficit fonctionnel total, pour la période comprise entre le 6 mai 2020 et le 4 février 2022.
En deuxième lieu, il résulte du rapport d’expertise judiciaire que Mme C... a présenté des souffrances évaluées à 3/7 à la date de l’expertise, et que cette évaluation devra être affinée lors de la consolidation. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l’évaluant à la somme de 3 000 euros s’agissant de la période comprise entre le 6 mai 2020 et le 4 février 2022.
En dernier lieu, il résulte du rapport d’expertise judiciaire que Mme C... a présenté un préjudice esthétique évalué à 2/7 entre le 25 juin et le 24 juillet 2020 puis à 1/7 entre le 25 juillet 2020 et la date de l’expertise. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l’évaluant à la somme de 1 500 euros s’agissant de la période comprise entre le 6 mai 2020 et le 4 février 2022.
Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier de Dreux et de la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser à Mme C... la somme de 6 046 euros en réparation des préjudices certains résultants de sa prise en charge le 5 mai 2020.
En ce qui concerne les autres préjudices :
Mme C... demande la condamnation du centre hospitalier de Dreux et de son assureur à lui verser une somme de 25 675 euros à titre provisionnel à valoir sur l’indemnisation des préjudices de déficit fonctionnel temporaire postérieurement à la date du 4 février 2022, de déficit fonctionnel permanent, d’agrément et d’incidence professionnelle qu’elle estime avoir subis. Toutefois, en l’état de l’instruction, il ne pourra pas être fait droit à sa demande à ce titre, le tribunal se trouvant dans l’impossibilité de se prononcer sur la date de consolidation de l’état de santé de la requérante et sur l’étendue des autres préjudices subis, en lien direct et certain avec la faute commise par le centre hospitalier de Dreux lors de sa prise en charge, le 5 mai 2022. Il y a lieu en revanche d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article R. 621-1 du code de justice administrative, une expertise aux fins précisées ci-après. Dans les circonstances de l’espèce, eu égard à la faute médicale commise par le centre hospitalier de Dreux à l’origine des préjudices subis par Mme C..., l’avance des frais d’expertise doit être mise à la charge de cet établissement hospitalier.
Sur les dépens :
Il y a lieu de mettre solidairement à la charge définitive du centre hospitalier de Dreux et de la société Relyens Mutual Insurance les frais et honoraires de l’expertise du docteur B... liquidés et taxés à la somme de 2 400 euros par une ordonnance du 17 février 2022 du président du tribunal.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Dreux et de la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser à Mme C... la somme de 6 046 euros en réparation de ses préjudices certains en lien avec sa prise en charge le 5 mai 2020.
Article 2 : Il sera, avant de statuer sur les autres conclusions indemnitaires de Mme C..., procédé à une expertise médicale.
Article 3 : L’expert sera désigné par le président du tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : L’expert aura pour mission :
1°) de consulter l’entier dossier médical et infirmier de Mme C..., de prendre connaissance du rapport établi par le docteur B... le 4 février 2022 ; de rencontrer toutes personnes qu’il jugera utile et de se faire communiquer tous documents ou pièces utiles ;
2°) de décrire l’état de santé actuel de Mme C..., la nature et l’étendue des séquelles dont elle demeure atteinte depuis le 4 février 2022, et la nature des soins et traitements qui ont été dispensés à compter de cette date et par la suite ;
3°) de dire si l’état de Mme C... est consolidé, de déterminer le cas échéant la date de consolidation de celui-ci ; de dire si l’état de la victime est susceptible d’aggravation ou d’amélioration ; dans l’affirmative, de fournir au tribunal toutes précisions utiles sur cette évolution et les soins et traitements qui seront nécessaires ; dans le cas où un nouvel examen devrait être prescrit, d’indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ;
4°) d’indiquer la durée et l’amplitude de son incapacité temporaire et de son incapacité permanente ; d’apprécier notamment l’existence et de quantifier l’importance des souffrances physiques et psychiques endurées, du préjudice esthétique et d’agrément, ainsi que des répercussions sur les conditions d’existence de la victime, notamment de nature professionnelle ;
5°) d’une manière générale, d’évaluer l’ensemble des préjudices subis par Mme C... postérieurement au 4 février 2022 ;
6°) de communiquer aux parties un pré-rapport avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d’analyser leurs observations dans son rapport définitif.
Article 5 : Les opérations d’expertise auront lieu contradictoirement entre d’une part, Mme C..., la caisse autonome de sécurité sociale du Sénat et le Sénat, et d’autre part, le centre hospitalier de Dreux et la société Relyens Mutual Insurance.
Article 6 : L’avance des frais et honoraires de l’expertise sera mise à la charge du centre hospitalier de Dreux.
Article 7 : Les frais et honoraires de l’expertise ordonnée le 20 septembre 2021, liquidés et taxés à la somme totale de 2 400 euros, sont mis solidairement à la charge du centre hospitalier de Dreux et de la société Relyens Mutual Insurance.
Article 8 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n’est pas statué par le présent jugement, sont réservés jusqu’en fin d’instance.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C..., au centre hospitalier de Dreux à la société Relyens Mutual Insurance, à la caisse autonome de sécurité sociale du Sénat et au Sénat.
Copie en sera adressée au docteur B..., expert.
Délibéré après l’audience du 8 janvier 2026 à laquelle siégeaient :
Mme Lesieux, présidente,
Mme Bernard, première conseillère,
M. Nehring, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2026.
Le rapporteur,
La présidente,
Virgile NEHRING
Sophie LESIEUX
La greffière,
Emilie DEPARDIEU
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.