vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | TOURNAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 novembre 2022 et le 10 mars 2023, M. A B, représenté par Me Tournan, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de cette mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois ; subsidiairement, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer son dossier dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, en vue de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale ", après saisine de la commission du titre de séjour si la préfecture envisage un refus ; de rappeler au préfet son obligation de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) de mettre une somme de 2 000 euros à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors qu'il n'a pas reçu notification de l'arrêté attaqué par courrier recommandé avec accusé de réception, alors pourtant qu'il avait signalé son changement d'adresse à la sous-préfecture de Montargis, territorialement compétente ; en outre, la préfecture n'a pas cru bon d'informer son avocate de cette décision, pas plus que de la convocation devant la commission du titre de séjour ; enfin, les pièces produites par le préfet de la Seine-Saint-Denis ne peuvent faire preuve de la notification ;
- il n'a pas été convoqué devant la commission du titre de séjour quinze jours au moins avant la date de réunion de cette commission, avec information quant à son droit d'être assisté par toute personne de son choix ; la préfecture n'a pas cru utile de prévenir son conseil ; lorsque sa nouvelle autorisation provisoire de séjour lui a été remise le 26 avril 2022, il ne lui a pas été indiqué qu'il avait été noté absent devant la commission du titre de séjour ;
- seul le préfet du Loiret était compétent pour prendre l'arrêté attaqué ; en outre cet arrêté ne mentionne aucune délégation de signature au bénéfice de la personne qui l'a signé, et rien n'indique en tout état de cause que le préfet et ses éventuels autres délégataires de pouvoir étaient empêchés le jour de la signature ;
- la procédure contradictoire prévue par l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas été suivie, alors que, si la décision de refus de titre de séjour fait suite à sa demande, tel n'est pas le cas de l'obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet s'est uniquement fondé sur l'avis défavorable de la commission du titre de séjour, en s'abstenant de procéder à un examen sérieux et suffisant ;
- en estimant qu'il n'était pas inséré professionnellement, le préfet a commis une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation ;
- le refus de titre de séjour constitue une atteinte totalement disproportionnée, frappant une personne qui réside et travaille en France depuis plus de vingt ans sans avoir jamais porté atteinte à l'ordre public ;
- il y a également une erreur manifeste d'appréciation en termes d'opportunité puisqu'il travaille comme ouvrier de chantier et dispose de compétences et d'expériences, s'agissant d'un secteur économiquement très important, en pénurie de main d'œuvre.
Par un mémoire enregistré le 13 janvier 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que :
- la requête est tardive et par suite irrecevable ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dorlencourt,
- et les observations de Me Tournan, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis, après avoir rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
2. Aux termes du I de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément ".
3. Le préfet de la Seine-Saint-Denis soutient que la requête de M. B, enregistrée au greffe du tribunal le 14 novembre 2022, est tardive et par suite irrecevable, dès lors que l'arrêté attaqué est réputé avoir été notifié au requérant le 7 juillet 2022, date de vaine présentation à l'adresse de résidence du requérant, telle que communiquée à l'administration, du pli recommandé contenant l'arrêté contesté.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B avait indiqué - notamment sur la fiche de réexamen qu'il a signée le 16 décembre 2020, après l'annulation par le tribunal administratif de Montreuil du précédent refus de titre de séjour pris à son encontre par le préfet de la Seine-Saint-Denis - résider au 132 rue Danielle Casanova à Saint-Denis. Si M. B, qui soutient résider à Châlette-sur-Loing depuis le début de l'année 2022, prétend, d'une part, avoir informé l'administration de son changement d'adresse à l'occasion de la demande de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour qu'il a déposée à la fin du mois de juin 2022, il n'en justifie pas en se bornant à produire un message automatique émanant de l'adresse électronique " no-reply@interieur.gouv.fr ", qui ne mentionne aucune adresse de résidence ou de correspondance. Si, d'autre part, M. B fait valoir qu'il a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la sous-préfecture de Montargis, il ressort des pièces qu'il produit que cette demande n'a été déposée que le 26 juillet 2022, postérieurement à l'intervention de l'arrêté contesté. Par suite, l'administration pouvait régulièrement notifier l'arrêté attaqué au 132 rue Danielle Casanova à Saint-Denis.
5. En second lieu, le préfet de la Seine-Saint-Denis produit une copie de l'enveloppe au moyen de laquelle l'arrêté contesté a été notifié au requérant, postée le 6 juillet 2022 et retournée aux services de la préfecture le 26 juillet suivant, portant la mention " pli avisé et non réclamé ". Si, il est vrai, le préposé a malencontreusement collé l'étiquette " restitution de l'information à l'expéditeur " de telle manière qu'elle masque la date de présentation figurant sur le volet " preuve de distribution ", ainsi qu'une partie de l'adresse du destinataire, les mentions de cette adresse qui restent lisibles (" 132 rue D[] Casanova 93200 []enis "), rapprochées des mentions de la fiche de suivi de La Poste, dont une copie est également produite par le préfet, permettent d'établir que le pli a effectivement été envoyé à l'adresse du requérant mentionnée au point précédent. Par ailleurs, les mentions de la fiche de suivi de La Poste permettent d'établir que le pli a été présenté à cette adresse le 7 juillet 2022. Dans ces conditions, l'arrêté contesté doit être réputé avoir été régulièrement notifié le 7 juillet 2022. Cette notification, qui comportait l'indication des voies et délais de recours, a fait courir le délai d'un mois dont M. B disposait en application des dispositions citées au point 2 pour saisir le tribunal, sans que le requérant puisse utilement se prévaloir de ce que son avocate n'a pas été informée par les services de la préfecture. La requête, enregistrée le 14 novembre 2022, soit après l'expiration du délai de recours, est ainsi tardive et par suite irrecevable. Il y a lieu dès lors de la rejeter dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
M. Lardennois, premier conseiller,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.
L'assesseur le plus ancien,
Stéphane LARDENNOIS
Le président-rapporteur,
Frédéric DORLENCOURT
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026