jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FROUJY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Froujy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 juin 2022 par laquelle le préfet de Loir-et-Cher a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quarante-huit heures sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'a pas reçu l'information mentionné à l'article R. 311-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que par un courrier du 29 mars 2023, il a informé le requérant qu'il pouvait déposer une demande de titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Pajot a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant arménien, né le 26 février 1996, est entré sur le territoire français le 30 décembre 2019. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée par une décision du 17 mars 2021 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides puis le 7 septembre 2021 par la cour nationale du droit d'asile. Le 17 juin 2022, il a formé une demande de titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle. Par une décision du 27 juin 2022 refusant d'enregistrer sa demande, le préfet de Loir-et-Cher doit être regardé comme ayant rejeté sa demande de titre de séjour.
Sur l'exception de non-lieu à statuer invoquée par le préfet :
1. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 29 mars 2023, le préfet de Loir-et-Cher a informé le requérant qu'il pouvait déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Toutefois, cette décision n'a pas eu pour effet d'enregistrer la demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée par le requérant le 17 juin 2022, ni de procéder à son instruction ni de délivrer le titre de séjour sollicité. En outre, la décision du 27 juin 2022 rejetant sa demande de titre de séjour, qui a produit des effets, n'a pas pour autant été retirée. Par suite, les conclusions de la requête n'ont pas perdu leur objet et l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet de Loir-et-Cher doit être écartée
Sur les conclusions aux fins d'annulation
2. L'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour ". Aux termes de l'article D. 431-7 du même code, reprenant les dispositions de l'ancien article D. 311-3-2 : " Pour l'application de l'article
L.431-2, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicité la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 421-9, ce délai est porté à trois mois ".
3. Le préfet de Loir-et-Cher, après avoir rappelé ces dispositions, a rejeté la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée le 17 juin 2022 par le requérant au motif qu'en méconnaissance des dispositions citées au point 3, elle n'avait été présentée que le
17 juin 2022 alors que sa demande d'asile avait été enregistrée le 21 février 2020 et que le délai entre les deux demandes était supérieur à celui prévu à l'article D. 431-7.
4. Le requérant soutient, sans être contredit sur ce point par le préfet, qu'il n'a pas reçu l'information prévue par l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que, par suite, il ne pouvait rejeter sa demande mais devait l'instruire. Par suite, pour rejeter la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par la requérante le 17 juin 2022, le préfet ne pouvait lui opposer que cette demande avait été présentée hors du délai fixé par l'article D. 431-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision du 27 juin 2022, que M. B est fondé à demander l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions en injonction :
6. L'annulation de la décision du 27 juin 2022 n'implique pas nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu, la délivrance d'une carte de séjour au requérant mais seulement que le préfet de Loir-et-Cher examine sa demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée le 17 juin 2022. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher d'examiner cette demande dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Froujy, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Froujy de la somme de 800 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 juin 2022 du préfet de Loir-et-Cher est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Loir-et-Cher de procéder au réexamen de la demande présentée par M. B dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Sous réserve que Me Froujy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Froujy, avocate de M. B, une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
Mme Pajot, conseillère,
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
La rapporteure,
Anne-Laure PAJOT
Le président,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Aurore MARTIN
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026