Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2204216
mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204216 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et sept mémoires complémentaires enregistrés entre le 23 août 2023 et le 5 février 2024, l'association " Les familles A " demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise sur l'étude hydrogéologique effectuée par le Cabinet Archambault Conseil délimitant le périmètre de l'Aire d'Alimentation du Captage (AAC) sur la commune de la Roche-Clermault (Indre-et-Loire), d'étendre cette mesure au périmètre AAC de la commune de Chinon et de rendre commune et opposable la présente procédure à la Communauté de Communes Chinon, Vienne et Loire (CCCVL).
Elle soutient que :
- l'expertise est demandée en raison de l'insuffisance flagrante du périmètre concernant la commune de la Roche-Clermault arrêté par la préfecture d'Indre-et-Loire qui exclut les versants d'une vallée et les surfaces les plus exposées aux pollutions agricoles parmi lesquelles l'existence d'un site de méthanisation ;
- l'extension de l'expertise au périmètre concernant la commune de Chinon est motivée par l'intervention du même cabinet de conseil ne prenant en compte que la rive nord de la Vienne, sans retenir la rive sud relevant du territoire d'action géographique de l'association requérante ;
- la CCCVL, en sa qualité de gestionnaire du réseau d'eau, doit être appelée en cause.
La requête a été communiquée à la préfecture d'Indre-et-Loire qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". La prescription d'une mesure d'expertise en application de ces dispositions est subordonnée à son utilité pour le règlement d'un litige principal qui doit être appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens et de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir en prenant en compte, à cet effet, les expertises judiciaire ou amiable qui ont pu être prescrites ou réalisées au titre du même litige et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
2. Il résulte de l'instruction que, par arrêté du 28 mars 2022, la Préfète d'Indre-et-Loire a délimité le périmètre de la zone de protection de l'aire d'alimentation du captage d'eau destinée à la consommation humaine des Prés-Moreau situé sur la commune de la Roche-Clermault. L'association estime que le périmètre retenu ne prend pas en compte l'installation à proximité d'une unité de méthanisation de matières végétales brutes et d'effluents d'élevage et sollicite que l'étude hydrogéologique fondant ledit périmètre de protection soit soumise à expertise dans la perspective contentieuse d'une extension de l'aire d'alimentation dudit captage d'eau.
3. Il est constant que l'association requérante demande donc cette mesure d'instruction pour établir l'illégalité dont est, selon elle, entachée la décision de rejet implicite par la Préfète d'Indre-et-Loire de sa demande d'étendre le périmètre de l'Aire d'Alimentation du Captage (AAC) des Prés-Moreau à la Roche-Clermault, attaquée sous le n° 2204168. Dès lors, aucune circonstance particulière ne conférerait à la mesure du juge des référés un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge de l'excès de pouvoir, saisi de la requête n° 2204168, peut ordonner, s'il l'estime nécessaire, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction. La requête de l'association " Les familles A " ne satisfait pas aux conditions fixées à l'article R. 532-1 du code de justice administrative et, par conséquent, doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association " Les familles A " est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association " Les familles A " et au préfet d'Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 2 juillet 2024.
Le Président,
Benoist GUÉVEL
La République mande et ordonne au Préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ABo