Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2204516

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2204516
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP OMNIA LEGIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 décembre 2022, Mme B A, représentée par Me Mongis, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2022 par lequel la préfète d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte avec délivrance d'un titre de séjour provisoire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'une erreur de fait ;

- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.

- la décision fixant le pays de destination est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une décision du 21 novembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire d'Orléans, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Guével a été entendu au cours de l'audience publique où les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, de nationalité gabonaise, déclare être entrée en France le 15 février 2020. Le 18 octobre 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 14 octobre 2022, la préfète d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Mme A soutient que la préfète d'Indre-et-Loire a commis une erreur de fait en considérant à tort dans son arrêté que son fils était marié alors qu'il était divorcé. Toutefois, en l'espèce, cette erreur n'a pas pour effet d'entacher d'illégalité l'arrêté attaqué. Par suite, ce moyen doit être écarté.

3. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France en 2020, soit récemment à la date de l'arrêté attaqué. Elle ne justifie pas d'une intégration particulière. En outre, elle n'établit pas entretenir des relations anciens, stables et intenses avec des personnes séjournant régulièrement sur le territoire français ni être dépourvue d'attache dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 67 ans. Si elle se prévaut de la présence de son fils tétraplégique, âgé de 41 ans et père de 2 enfants âgés de 11 et 10 ans, situation irrégulière, trois autres enfants dans le pays d'origine, elle ne justifie pas au regard des pièces du dossier du caractère indispensable de sa présence à leurs côtés. Dans ces conditions, c'est sans porter une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale que la préfète d'Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

6. Il résulte également de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, invoqué à l'encontre de la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté 14 octobre 2022 par lequel la préfète d'Indre-et-Loire a refusé la délivrance d'un titre de séjour à Mme A, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

8. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la requérante doivent, par suite, être rejetées.

Sur les frais du litige

9. La requérante étant, dans la présente instance, la partie perdante, ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet d'Indre-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Guével, président-rapporteur,

M. Alexandre Lombard, premier conseiller,

Mme Anne-Laure Pajot, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024

Le président-rapporteur,

Benoist GUÉVEL

L'assesseur le plus ancien,

Alexandre LOMBARD

Le greffier,

Benoît VESIN

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2204516