lundi 12 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204557 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARIETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire en réplique et des pièces complémentaires, enregistrés respectivement le 21 décembre 2022, le 9 mars 2023 et le 6 avril 2023,BsAamou, représenté par Me Mariette, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2022 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'annuler la décision du 29 novembre 2022 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir lui a fait obligation de remettre son passeport ;
3°) d'enjoindre au préfet, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation personnelle dans un délai d'un mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement sous les mêmes conditions d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article
L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation concernant les décisions de refus de titre de séjour et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle au regard de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement du 21 novembre 2022 et portant obligation de remise du passeport du 29 novembre 2022 sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa
proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Benoist Guével, président-rapporteur,
- les observations de Me Mariette pourAamou. Le préfet d'Eure-et-Loir n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. BsAamou, ressortissant camerounais, né le 27 mars 1989, est selon ses déclarations entré en France le 4 septembre 2016. Le préfet de l'Essonne lui délivre un premier récépissé avec autorisation de travail en qualité de salarié le 16 février 2021. Ce récépissé est renouvelé jusqu'à son déménagement en Eure-et-Loir.Aamou sollicite son admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auprès de la préfecture de l'Eure-et-Loir. Le 14 avril 2022, il obtient un récépissé avec autorisation de travail, qui sera renouvelé jusqu'au 1er février 2023. Par arrêté du 21 novembre 2022, le préfet
d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire
français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
3. Il ressort des pièces du dossier queAamou justifie résider de manière habituelle en France depuis 2016, soit plus de cinq ans au moment de la décision. Il exerce une activité professionnelle depuis janvier 2020 et en tant que couvreur depuis avril 2022 en qualité d'intérimaire pour le compte de l'entreprise COPCIE puis comme salarié de celle-ci dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée à temps plein signé le 2 novembre 2022. Le service de la main d'œuvre étrangère a d'ailleurs émis un avis favorable à la demande d'autorisation de travail présentée pourAamou, lequel détient un baccalauréat de l'enseignement supérieur technique et professionnel " Génie civil - option bâtiment " obtenu en juin 2010 et un CAPIET maçonnerie obtenu en 2014 ayant bénéficié d'une équivalence par le ministère de la communauté française à Bruxelles, ainsi qu'un titre professionnel en tant qu'assistant chef de chantier de gros œuvre attribué en 2021. Il ressort des documents émanant de Pôle emploi devenu France Travail et de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) que le métier de couvreur est un métier en tension touché par des difficultés de recrutement. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir que la décision refusant de l'admettre au séjour est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision du 21 novembre 2022 portant refus de titre de séjour doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination et la décision du 29 novembre 2022 portant obligation de remise du passeport.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 3, il y a lieu d'ordonner au préfet d'Eure-et-Loir de délivrer àBsAamou un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui accorder sans délai une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail valable le temps de ce réexamen, en application de l'article L.614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'y a pas lieu en revanche de prononcer une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme demandée de 1 500 euros à verser àAamou au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 21 novembre 2022 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de délivrer un titre de séjour Agamou, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ainsi que la décision du 29 novembre 2022 par lequel le préfet lui a fait obligation de remise du passeport doivent être annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet d'Eure-et-Loir de délivrer BaAgamou un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui accorder sans délai une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail valable le temps de ce réexamen, en application de l'article L.614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros Agamou au titre de l'article
L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié Agamou et au préfet d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guével, président,
M. Lombard, premier conseiller, Mme Pajot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 août 2024.
Le président-rapporteur,
Benoist GUÉVEL
L'assesseur le plus ancien,
Alexandre LOMBARD
Le greffier,
Benoît VESIN
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026