vendredi 13 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204591 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 décembre 2022, M. A B représenté par Me Bertrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 2 décembre 2022 notifié le 26 décembre 2022 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer une carte de séjour temporaire, ou à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer durant le temps de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- S'agissant de la décision portant refus de séjour : il n'est pas établi que le signataire de la décision attaquée disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ; la décision est insuffisamment motivée ; la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas un trouble à l'ordre public.
- S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français : il n'est pas établi que le signataire de la décision attaquée disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ; la décision est insuffisamment motivée ; la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
- S'agissant de la décision lui refusant un délai de départ volontaire : il n'est pas établi que le signataire de la décision attaquée disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ; la décision est insuffisamment motivée ; la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2023, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- les pièces desquelles il ressort que M. B a fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E ;
- et les observations de Me Lucas, substituant Me Bertrand, représentant M. B qui reprend les moyens de la requête et précise notamment que M. B n'est jamais retourné au Maroc depuis son entrée en France il y a presque dix ans et que ses frères et sœurs vivent tous en dehors de leur pays d'origine et qu'il ne peut être regardé comme constituant un trouble à l'ordre public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 26 juin 1991, de nationalité marocaine est entré en France le 22 juin 2013 muni d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Après avoir fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en août 2018, M. B s'est maintenu sur le territoire et a ensuite présenté une demande de titre de séjour le 1er décembre 2021. Par l'arrêté attaqué en date du 2 décembre 2022, le préfet d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination. Par un arrêté du même jour, non contesté, le préfet d'Eure-et-Loir l'a assigné à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé des obligations de pointage.
Sur l'étendue du litige :
2. Ainsi, qu'il a été dit au point 1, M. B a fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application des dispositions des articles L. 614-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-17 du code de justice administrative, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, et fixant le pays de renvoi. La formation collégiale du tribunal reste saisie des conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour et des conclusions aux fins d'injonction afférentes à cette décision.
Sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme D C, préfet d'Eure-et-Loir nommée par décret du 6 janvier 2021 publié le 7 janvier 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des arrêtés attaqués ne peut être accueilli.
4. En deuxième lieu, la décision comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et est par suite suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, M. B fait valoir que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Il soutient ainsi qu'il est entré en France il y a près de dix années, qu'il a toujours travaillé et qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public. Il ressort toutefois des pièces du dossier que bien que présent en France depuis plus de huit années à la date de décision et ayant occupé de nombreux emplois, l'intensité et la stabilité des liens personnels en France du requérant ne peut être regardée comme suffisamment établie. Il n'est pas plus établi qu'il ne conserverait aucune attache familiale au Maroc alors même que des membres de sa fratrie vivraient dans différents pays à travers le monde. Ainsi, la décision attaquée ne peut être regardée comme entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B alors même, ainsi qu'il le soutient, que le requérant ne peut être regardé comme constituant à la date de la décision attaquée une menace pour l'ordre public.
S'agissant de la décision portant refus de délivrer un délai de départ volontaire :
6. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () /3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 dudit code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ".
7. En premier lieu, comme énoncé au considérant 3, la décision attaquée a été signée par le préfet d'Eure-et-Loir. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait.
8. En deuxième lieu, pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire, la décision après avoir notamment visé les articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle que le requérant s'est soustrait à l'exécution d'une précédente obligation de quitter le territoire français. Ainsi, la décision de refuser d'accorder un délai est suffisamment motivée en droit et en fait.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au considérant 5 du présent jugement, la décision refusant d'accorder un délai de départ n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français sans délai et la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. B dirigées contre la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 2 décembre 2022, ainsi que les conclusions accessoires à fin d'injonction qui s'y rattachent et les conclusions relatives aux frais de justice, sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.
Article 2 : Les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français sans délai et la décision fixant le pays de destination contenues dans l'arrêté du 2 décembre 2022 ainsi que les conclusions aux fins d'injonction qui s'y rattachent sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet d'Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
Armelle E
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026