Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2204639
vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2204639 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés respectivement les 31 décembre 2022 et 6 mai 2023, Mme A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 5 décembre 2022 par lequel la préfète d'Indre-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre à la préfète d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour ;
La requérante soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2023, la préfète d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Lombard, conseiller-rapporteur.
Les parties n'étaient présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Mme A, née le 17 septembre 1979 en Zambie, qui bénéficie d'un titre de séjour à validité permanente délivré par les autorités italiennes, est entrée en France irrégulièrement le 26 juin 2020. Elle a conclu un pacte civil de solidarité avec M. B, de nationalité française, le 16 décembre 2021. Le 19 avril 2022, elle a sollicité à ce titre la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " qui lui a été refusé par l'arrêté attaqué de la préfète d'Indre-et-Loire.
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. ".
3. La requérante, qui reconnaît l'irrégularité de sa situation, soutient qu'elle vit avec son conjoint, s'occupe de son enfant et qu'elle trouvera facilement du travail. Cependant, il ressort des pièces du dossier que la vie conjugale de la requérante était très récente à la date de la décision attaquée et, à la supposer établie, ne suffit pas à caractériser l'erreur manifeste d'appréciation invoquée de sa situation personnelle et familiale. Par suite, le moyen invoqué à ce titre doit être écarté, et les conclusions à fin d'annulation présentées rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présente jugement sera notifié à Mme C A et au préfet d'Indre-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Guével, président,
M. Lombard, premier conseiller,
Mme Pajot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
Le rapporteur,
Alexandre LOMBARD
Le président,
Benoist GUEVEL
Le greffier,
Benoît VESIN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.