Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2300281

jeudi 9 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2300281
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2023, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2014 des ministères sociaux la titularisant dans le corps des inspecteurs de l'action sanitaire et sociale (IASS) à compter du 1er avril 2014, en ce qu'il la reclasse à l'échelon 2 du grade d'inspecteur de l'action sanitaire et sociale (indice majoré 407) et ne reprend pas l'ancienneté définie réglementairement par le décret n° 2002-1569 du 24 décembre 2002 portant statut particulier du corps de l'inspection de l'action sanitaire et sociale, ainsi que la décision implicite de rejet née le 26 décembre 2022 du silence gardé sur son recours gracieux adressé le 25 octobre 2022 contre cet arrêté ;

2°) d'enjoindre le ministre de la santé et de la prévention de prendre une nouvelle décision incluant la reprise d'ancienneté correspondant à la formation initiale de 18 mois prévue à l'article 12 du décret du 24 décembre 2002, le reclassement dans le grade d'inspecteur de l'action sanitaire et sociale aux échelons suivants, aux échéances suivantes, afin de reconstituer son déroulé de carrière tel qu'il devrait être en la plaçant au 1er avril 2014 à l'échelon 3 (indice majoré 428), au 1er octobre 2015 à l'échelon 4 (indice majoré 456), au 1er janvier 20175 à l'échelon 4 (indice majoré 465), au 1er octobre 2017 à l'échelon 5 (indice majoré 498), au 1er janvier 2018 à l'échelon 5 (indice majoré 503), au 1er janvier 2019 à l'échelon 5 (indice majoré 510) et au 1er avril 2020 à l'échelon 6 (indice majoré 540), sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 12 332,57 euros ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6,38 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " et aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Enfin, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. La règle énoncée ci-dessus, qui a pour seul objet de borner dans le temps les conséquences de la sanction attachée au défaut de mention des voies et délais de recours, ne porte pas atteinte à la substance du droit au recours, mais tend seulement à éviter que son exercice, au-delà d'un délai raisonnable, ne mette en péril la stabilité des situations juridiques et la bonne administration de la justice, en exposant les défendeurs potentiels à des recours excessivement tardifs. Il appartient, dès lors, au juge administratif d'en faire application au litige dont il est saisi, quelle que soit la date des faits qui lui ont donné naissance.

4. L'arrêté contesté, en date du 24 mars 2014, dont il n'est ni établi, ni allégué que la requérante n'a pas reçu notification, mentionne les voies et délais de recours ouverts à son encontre. Le recours gracieux formé adressé le 25 octobre 2022 contre cet arrêté est intervenu après expiration du délai de recours contentieux de deux mois et il n'a donc pu, dans ces conditions, permettre la prorogation dudit délai. Au demeurant, à supposer même que cet arrêté n'ait pas été notifié à l'intéressée, celle-ci produit au soutien de sa requête copie des extraits individuels valant notification des arrêtés d'avancement d'échelons successifs pris suite à sa titularisation, notamment l'extrait du 21 août 2019 revêtu de sa signature et de la mention " reçu le 23 juin 2020 ", et révélant nécessairement les conditions de son reclassement lors de sa titularisation. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la requête, enregistrée le 24 janvier 2023 après l'expiration du délai de recours, et à tout le moins au-delà d'un délai raisonnable, sont tardives et peuvent, dès lors, être rejetées comme manifestement irrecevables en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 4° du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, les conclusions indemnitaires et les conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Orléans, le 9 mars 2023.

La présidente de la 1ère chambre,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La République mande et ordonne en ce qui les concerne au ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion et au ministre des solidarités et de la santé ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.