vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300568 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2023, M. B A, représenté par Me de Seze, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et ce depuis leur cessation ;
3°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'OFII, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 500 euros à verser à son conseil.
M. A soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et l'OFII n'a pas répondu dans le délai d'un mois à la demande de communication des motifs qu'il lui a adressée ;
- cette décision est également entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- sa vulnérabilité n'a pas été prise en considération et l'OFII ne démontre pas qu'un entretien de sa vulnérabilité, à l'occasion duquel il a été interrogé sur ce point, a été effectué préalablement à l'intervention de la décision litigieuse, par un agent qualifié et ayant reçu une formation spécifique à cette fin ;
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 23 octobre 2015 relatif au questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile, qui méconnaît les dispositions de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision contestée est entachée d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne pouvait être regardé comme ayant manqué à ses obligations et devait par suite se voir rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
- l'OFII a commis une erreur manifeste d'appréciation dans la modulation du degré de refus de rétablissement, alors qu'il pouvait opter pour un rétablissement partiel des conditions matérielles d'accueil.
Par des mémoires enregistrés le 13 juin 2023 et le 4 septembre 2023, l'OFII conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
L'OFII soutient que :
- la requête a perdu son objet, dès lors que la décision attaquée a été abrogée en cours d'instance ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Dorlencourt.
Considérant ce qui suit :
1.M. A, ressortissant afghan né le 10 août 1992, est entré en France le 9 février 2021. Sa demande d'asile a été enregistrée le 25 février 2021 en procédure " Dublin " et il a accepté le même jour les conditions matérielles d'accueil qui lui étaient proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par un arrêté du 22 avril 2021, le préfet de police de Paris a décidé son transfert aux autorités roumaines, responsables de l'examen de sa demande. Toutefois, M. A ayant refusé le 18 septembre 2021 de se soumettre à un test PCR, son transfert prévu le 20 septembre 2021 a été annulé. Par une décision du 20 octobre 2021, l'OFII a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil. Après l'annulation, par un jugement du 17 novembre 2022 du tribunal administratif de Paris, de la décision du 21 octobre 2021 refusant d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale, M. A, désormais domicilié à Orléans, a demandé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil avec versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile par un courriel du 8 décembre 2022 que l'OFII ne conteste pas avoir reçu. Le requérant demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur cette demande par l'OFII.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. M. A, qui a demandé le bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle dans sa requête, enregistrée le 10 février 2023, ne justifie pas avoir déposé depuis cette date une demande d'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, la situation d'urgence au sens de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 n'est pas caractérisée. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à sa demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. L'OFII fait valoir que, par une décision intervenue postérieurement à l'introduction de la requête, il a rétabli le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au profit de M. A et a procédé au versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 13 octobre 2022. Toutefois, l'intervention de cette décision ne prive pas d'objet les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet en litige, dès lors que la demande de M. A tendait au rétablissement des conditions matérielles d'accueil et au versement de l'allocation pour demandeur d'asile à compter de la date de cessation de ce versement, au mois d'octobre 2021. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par l'OFII doit être écartée.
5. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
6. L'OFII fait valoir que M. A, en refusant de se soumettre au test PCR nécessaire à son transfert vers la Roumanie, doit être regardé comme n'ayant pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. Toutefois, en se bornant à produire un courrier du 17 septembre 2019 de la préfecture de police de Paris informant le requérant que " l'Etat responsable de [sa] demande d'asile requiert obligatoirement la réalisation d'un test COVID PCR ou antigénique 72 h avant [son] transfert ", un courrier du 18 septembre 2019 portant réquisition de la fédération française de sauvetage et de secourisme et du laboratoire de l'hôpital Cochin, ainsi qu'un rapport de police établi le même jour faisant état du refus de l'intéressé de se soumettre à ce test, l'OFII n'apporte pas d'éléments permettant d'établir que le 20 septembre 2021, date à laquelle le vol de M. A était organisé en vue de son transfert vers Bucarest, les autorités roumaines exigeaient un test PCR pour entrer sur leur territoire - ce que conteste le requérant. Dans ces conditions, en refusant de rétablir les conditions matérielles d'accueil au profit de M. A, l'OFII a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cependant, le rétablissement des conditions matérielles d'accueil en application de ces dispositions ne saurait entraîner le versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile à compter de la date d'effet de la décision de cessation, ainsi que le demandait le requérant, mais impliquait seulement le rétablissement de cette allocation à compter de la décision de l'OFII. Par suite, M. A n'est fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet contestée qu'en tant qu'elle refuse le rétablissement des conditions matérielles d'accueil pour l'avenir.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Il n'est pas contesté que l'OFII a rétabli les conditions matérielles d'accueil de M. A à compter du 13 octobre 2022, soit à une date antérieure à sa demande de rétablissement, et lui a versé l'allocation pour demandeur d'asile jusqu'à la fin du mois suivant la notification de la décision du 28 février 2023 par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a reconnu la qualité de réfugié au requérant. Par suite, l'annulation prononcée par le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'OFII, sous astreinte, d'accorder à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil depuis leur cessation doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 :
8. M. A n'a pas été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Son avocat ne peut dès lors se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par suite, les conclusions susvisées de la requête doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision implicite par laquelle l'OFII a refusé de rétablir, pour l'avenir, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A est annulée.
Article 3 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
M. Lardennois, premier conseiller,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
L'assesseur le plus ancien,
Stéphane LARDENNOIS
Le président-rapporteur,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026