jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2300614 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FROUJY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 février 2023, Mme C B A, représentée par Me Froujy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays d'origine, la République démocratique du Congo, ou tout autre pays dans lequel elle est légalement admissible, comme pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étranger malade " ou, à titre subsidiaire, la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de procéder au réexamen de sa situation personnelle dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quarante-huit heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Concernant la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur de faits ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et des conséquences qu'elle emporte sur sa vie personnelle et familiale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il existe une circonstance de fait nouvelle.
Concernant les décisions portant obligation de quitter le territoire français et obligation de pointage :
- ces décisions sont illégales en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Rouault-Chalier, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B A, ressortissante de la République démocratique du Congo née le 10 septembre 1987, déclare être entrée en France le 22 octobre 2021 sous couvert d'un visa C délivré par les autorités belges le 8 octobre 2021 et valable jusqu'au 15 octobre 2022. A la suite de problèmes de santé nécessitant son maintien temporaire sur le territoire français, l'intéressée a demandé, le 13 janvier 2022, la prolongation de son visa. Le préfet de Loir-et-Cher lui a accordé une autorisation provisoire de séjour expirant le 1er juin 2022. Le 31 mai 2022, elle a déposé une demande d'admission au séjour pour raisons médicales. Par un arrêté du 13 janvier 2023, dont Mme B A demande l'annulation par sa requête ci-dessus analysée, le préfet de Loir-et-Cher a refusé la délivrance du titre demandé, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a astreinte à se présenter deux fois par semaine au commissariat de police de Blois et a fixé la République démocratique du Congo, pays dont elle a la nationalité ou tout autre pays où elle serait légalement admissible, comme pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la requérante fait valoir dans ses écritures que le préfet de Loir-et-Cher a commis une erreur de fait, une erreur de droit et qu'il n'a pas pris en compte une circonstance de fait nouvelle. Cependant, elle n'assortit ces moyens d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, de sorte qu'ils doivent être écartés.
3. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté comme inopérant dès lors que l'intéressée n'a pas déposé de demande de titre de séjour en ce sens et que le préfet ne s'est pas saisi d'office de l'examen de sa situation au regard de ces dispositions.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la requérante qui, selon ses dires, est entrée en France en octobre 2021 accompagnée de ses quatre enfants et de sa sœur, est mariée avec un compatriote, resté dans leur pays d'origine. Elle est propriétaire d'un bien immobilier situé dans la commune de Blois. Toutefois, hormis la possession de ce bien immobilier, la requérante ne se prévaut d'aucune insertion sociale ou professionnelle sur le territoire français. Par ailleurs, alors que sa sœur et sa fille majeure font également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en République démocratique du Congo où réside toujours son époux et où elle-même a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans. En outre, la requérante n'apporte aucun élément permettant de remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 26 septembre 2022 dont il résulte que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Dans ces circonstances, le préfet de Loir-et-Cher n'a pas, en refusant de délivrer à Mme B A un titre de séjour, commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'emporterait sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée. De même, au regard des buts en vue desquels elle a été prise, la décision attaquée ne porte pas, en l'espèce, une atteinte disproportionnée au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, les moyens doivent être écartés.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
7. Il n'est pas contesté que Mme B A était accompagnée de ses enfants mineurs lorsqu'elle est entrée sur le territoire français. La requérante ne développe aucun argument de nature à établir que la décision litigieuse, qui n'a pas pour objet ou pour effet de séparer les membres de la famille, porterait atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants mineurs alors, au demeurant, que leur père réside toujours dans leur pays d'origine. Par suite, la décision contestée ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et obligation de pointage :
8. En premier lieu, la décision de refus de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions à fin d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et obligation de pointage ne peut qu'être écarté.
9. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 du présent jugement, Mme B A n'est pas fondée à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et obligation de pointage portent à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de délivrer à Mme B A un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi, avec obligation de pointage au commissariat, doivent être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que de celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A et au préfet de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Palis De Koninck, première conseillère,
M. Nehring, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
Patricia ROUAULT-CHALIER
L'assesseure la plus ancienne,
Mélanie PALIS DE KONINCKLa greffière,
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026