Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2300771

mercredi 22 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2300771
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCABINET FILIPIAK LACOSTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 24 février 2023 et le 8 mars 2023, M. A C, représenté par Me Filipiak, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 16 février 2023 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée, la profession d'inspecteur de véhicules nécessitant de nombreux déplacements ;

- la décision litigieuse du 16 février 2023 ne vise pas les observations présentées, reçues en préfecture le 17 février 2023 dans le délai requis ;

- il n'a pas été informé de la possibilité de faire un examen sanguin et l'avis de rétention du permis de conduire ne fait pas état de cette possibilité ;

- il n'a pas consommé de substance classée comme stupéfiant, mais du CBD respectant le taux de THC autorisé ; il suit un traitement de Ketoprofene ; il produit un bilan sanguin réalisé à partir d'un prélèvement effectué le 28 février 2023.

Par un mémoire enregistré le 22 mars 2023, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête par laquelle M. C demande l'annulation de l'arrêté du préfet d'Indre-et-Loire du 16 février 2023.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les observations de Me Filipiak, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête avec les mêmes moyens.

L'instruction a été close après l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le permis de conduire de M. C a été immédiatement retenu par les forces de l'ordre après une infraction de conduite en ayant fait usage de plantes ou produits classés comme stupéfiants le 31 janvier 2023 à 10h15 sur le territoire de la commune de Sorigny. Par un arrêté du 16 février 2023, pris sur le fondement de l'article L. 224-7 du code de la route, le préfet d'Indre-et-Loire a suspendu la validité du permis de conduire du requérant pour une durée de six mois. M. C demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. Aux termes de l'article L. 224-7 du code de la route : " Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire (). Aux termes de l'article L. 224-8 de ce code : " La durée de la suspension ou de l'interdiction prévue à l'article L. 224-7 ne peut excéder six mois. Cette durée est portée à un an en cas de conduite après usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants, de refus de se soumettre aux épreuves de vérification prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ou de délit de fuite () ".

4. En état de l'instruction, aucun des moyens de la requête n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 16 février 2023. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter la requête, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, en tout état de cause, les conclusions afférentes aux dépens de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au préfet d'Indre-et-Loire.

Fait à Orléans le 22 mars 2023.

Le juge des référés,

Jean-Luc B

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.