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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2301440

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2301440

mercredi 4 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2301440
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE
Avocat requérantECHCHAYB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 avril 2023, Mme D B, représentée par Me Echchayb, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 mai 2022 par laquelle le préfet de Loire-Atlantique a refusé de procéder à l'échange de son permis de conduire algérien contre un permis de conduire français, ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux dirigé contre cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de Loire-Atlantique de procéder à l'échange de permis dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à Me Echchayb sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- elle a déposé par courriel une demande d'échange de son permis étranger le 15 septembre 2020, dont il a été accusé réception le 29 septembre 2020 ; elle a bénéficié d'un premier titre de séjour le 13 novembre 2019 ;

- le dispositif légal ne subordonne pas l'échange d'un permis de conduire étranger entrant dans le champ d'application de l'article R. 222-3 du code de la route à la conclusion d'aucun d'accord sous quelque forme que ce soit entre la France et l'Etat au nom duquel le permis a été délivré ;

- la décision est signée par une autorité incompétente et n'a pas fait l'objet d'un examen individualisé ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire enregistré le 2 juin 2023, le préfet de Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;

- le code de la route ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les observations de Me Echchayb, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête avec les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, ressortissante algérienne, est titulaire d'un titre de séjour depuis le 13 novembre 2019. La requérante soutient qu'elle a présenté une demande d'échange de son permis de conduire algérien par un courriel du 15 septembre 2020, dont le préfet de Loire-Atlantique a accusé réception le 29 septembre 2020. Par la décision litigieuse du 14 mai 2022, le préfet de Loire-Atlantique a rejeté la demande de Mme B.

2. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de la Communauté européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. () ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté ministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen : " I. - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. II. ' A. ' Pour les ressortissants étrangers non-ressortissants de l'Union européenne, la date d'acquisition de la résidence normale est celle du début de validité du premier titre de séjour. B. ' Pour les ressortissants étrangers bénéficiant d'un visa long séjour, la date d'acquisition de la résidence normale est celle de la vignette apposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le premier visa long séjour ".

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A E, directrice du centre d'expertise et de ressources titres échange de permis de conduire étrangers à la préfecture de la Loire-Atlantique, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par arrêté préfectoral du 12 octobre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision vise le code de la route, l'arrêté ministériel du 12 janvier 2012 et précise les motifs de fait justifiant le refus de procéder à l'échange du permis de conduire étranger en raison de sa tardiveté. Cette décision est suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire : " II. Toute personne désirant obtenir le permis de conduire prévu aux articles R. 211-1, R.221-1-1, R. 221-2 et D. 221-3 du code de la route doit en faire la demande au préfet du département dans lequel elle est domiciliée, au moyen du téléservice de demande de permis de conduire () ". Si Mme B soutient qu'elle a présenté une demande d'échange de son permis de conduire par courriel le 15 septembre 2020, soit dans le délai d'un an suivant la délivrance de son premier titre de séjour, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été informée le 29 septembre 2020 qu'une téléprocédure lui permettant de présenter sa demande de manière dématérialisée avait été mise en place sur le site de l'agence nationale des titres sécurisés. La requérante pouvait présenter sa demande sur le site de l'ANTS jusqu'au 13 novembre 2020. Il ressort des pièces du dossier que cette demande n'a été présentée que le 24 mai 2022, sans que Mme B ne fournisse au tribunal d'élément susceptible de justifier l'absence de demande dématérialisée avant le 13 novembre 2020. A la date du 24 mai 2022, le délai d'un an à compter de la date de début de validité de son premier titre de séjour, prévu par les dispositions précitées de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012, était expiré. Mme B ne remplissait donc pas les conditions fixées pour obtenir l'échange de son permis de conduire algérien en permis de conduire français, dès lors que sa demande d'échange de son permis de conduire algérien contre un permis de conduire français a été présentée après l'expiration du délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France. Dans ces circonstances, le préfet de la Loire-Atlantique n'a commis aucune erreur de droit ou d'appréciation en lui refusant l'échange sollicité en application des dispositions du I de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au préfet de Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.

Le magistrat désigné,

Jean-Luc C

Le greffier,

Roger MBELANI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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