Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2301659
vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2301659 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | AIRIAU |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 avril 2023, enregistrée le 26 avril 2024 au greffe du tribunal administratif d'Orléans, le président du tribunal administratif de Strasbourg a transmis au tribunal administratif d'Orléans, en application des dispositions des articles R. 351-3 et R. 312-8 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B.
Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 avril 2023 et le 4 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Airiau, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2023 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent, à titre principal, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " salarié ", ou, à tout le moins, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui délivrer une autorisation provisoire au séjour l'autorisant à travailler et de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- en considérant qu'il ne remplissait pas les conditions prévues par l'article 3 de l'accord franco-tunisien dès lors qu'il ne présentait pas de contrat de travail visé par les autorités compétentes alors qu'il a fait l'objet d'une autorisation de travail et qu'il n'avait pas réalisé de contrôle médical, la préfète a entaché son arrêté d'une erreur de fait et d'une erreur de droit ; elle est également entachée d'erreur de fait dès lors que c'est à tort qu'il y est fait mention qu'il ne justifie pas de diplômes ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- son droit à être entendu a été méconnu en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français
Par un mémoire enregistré le 20 décembre 2023, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Lardennois a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 18 avril 1997, est entré de manière irrégulière sur le territoire français le 21 octobre 2017. Le 2 mars 2021, il a sollicité des services de la préfecture d'Eure-et-Loir un titre de séjour en qualité de " salarié ". Par l'arrêté attaqué du 24 mars 2023, la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D C qui, nommée préfète d'Eure-et-Loir par décret du 6 janvier 2021 publié le 7 janvier 2021, a été installée dans ses fonctions le 25 janvier 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué du 24 mars 2023 manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les stipulations de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ainsi que celles des articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 435-1, L. 611-1, L. 611-3, L. 612-2 et suivants et L. 721-4, dont la préfète d'Eure-et-Loir a fait application. La préfète d'Eure-et-Loir rappelle les conditions d'entrée et de séjour sur le territoire français de M. B et plus particulièrement, la présentation par l'intéressé d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour en sa qualité de salarié et qu'il justifie d'un avis favorable du service de la main d'œuvre étrangère en date du 8 octobre 2021 sur une demande d'autorisation de travail présentée par la société B. Elle précise la situation personnelle et familiale du requérant, à savoir qu'il est célibataire et sans enfant et que résident toujours dans son pays d'origine ses parents ainsi que ses deux soeurs. La décision attaquée comporte ainsi les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, une telle motivation satisfait aux exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni de l'examen de l'arrêté attaqué que la préfète n'aurait pas procédé, comme elle y était tenue, à un examen particulier de la situation de M. B.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
5. Aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable portant la mention " salarié " () ". Ces stipulations sont applicables au requérant dès lors qu'il ne relève pas de l'article 1er de cet accord, qui prévoit un régime particulier pour les ressortissants tunisiens en séjour régulier à la date de son entrée en vigueur. L'article 11 de cet accord précise que : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. Chaque Etat délivre notamment aux ressortissants de l'autre Etat tous titres de séjour autres que ceux visés au présent Accord, dans les conditions prévues par sa législation ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". En outre, l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Enfin, aux termes de l'article L. 5221-1 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ".
6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoyant la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Il en va différemment du ressortissant tunisien qui demande son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement des dispositions de cet article L. 435-1, s'agissant d'un point non traité par l'accord. Le préfet peut, en tout état de cause, toujours faire usage de son pouvoir discrétionnaire d'appréciation lorsque l'intéressé ne remplit pas les conditions requises par cet accord.
7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que si à la date de sa demande de titre de séjour, M. B pouvait se prévaloir de l'avis favorable donné par le service de la main d'œuvre étrangère à la demande d'autorisation de travail formée par la société B où il a travaillé du mois d'octobre 2018 au mois de novembre 2022, à la date de la décision attaquée, soit le 24 mars 2023, il ne travaillait plus pour cette société mais pour la société Kubler à Strasbourg en vertu d'un contrat de travail dont il n'est pas contesté qu'il n'a pas été visé par les autorités compétentes. Dès lors le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien doit être écarte.
8. En deuxième lieu, au soutien de son moyen tiré de ce que la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder un titre de séjour dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, M. B se prévaut de ce qu'il travaille depuis le mois d'octobre 2018 en tant que pâtissier, qu'il a suivi des formations en " pâtisserie française " ainsi qu'en langue française et en " productions culinaires en pâtisserie et snacking " et qu'il était titulaire à la date de sa demande de titre de séjour d'un contrat de travail de travail à durée indéterminée à temps complets établi le 31 décembre 2019 par la société B en qualité d'ouvrier-pâtissier. Il ressort des pièces produites à l'instance que l'intéressé a travaillé en qualité d'ouvrier-pâtissier au sein de la société B d'octobre 2018 à novembre 2022 tout d'abord à temps partiel puis à temps complet à compter du mois de janvier 2020. Par la suite, il a été embauché toujours dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet par la société Kubler à Strasbourg à compter de novembre 2022. Toutefois, ni l'activité salariée du requérant, exercée de manière stable depuis un peu plus de trois ans à la date de la décision attaquée, ni l'ancienneté de sa présence sur le territoire français ne sont de nature à caractériser des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " quand bien même le service de la main d'œuvre des étrangers ait rendu un avis favorable à la demande d'autorisation de travail formulée par son premier employeur, la société B. Dès lors, le moyen tiré de ce que la préfète d'Eure-et-Loir aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation en ne lui délivrant pas un titre de séjour dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation doit être écarté.
9. En dernier lieu, si M. B entend soutenir que la décision portant refus de titre de séjour méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, célibataire et sans charge de famille sur le territoire français, n'est arrivé en France que depuis à peine cinq ans et cinq mois à la date de la décision attaquée, qu'il n'établit pas y avoir noué des liens d'une particulière intensité, n'y être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans et où résident ses parents ainsi que ses deux sœurs. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète d'Eure-et-Loir aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, dès lors que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'est pas établie, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.
11. En deuxième lieu, si aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Par ailleurs, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu avoir une influence sur le contenu de la décision. En l'espèce, M. B, qui a déposé une demande de titre de séjour, ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne fussent prise les décisions contestées et qui, si elles avaient pu être communiquées en temps utile, auraient été de nature à y faire obstacle. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du droit du requérant à être entendu doit être écarté.
12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise la préfète eu égard aux conséquences qu'emporte sa décision sur la situation de l'intéressé.
Sur la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
13. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraire à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstances particulières, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 8. L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
14. Il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que la préfète d'Eure-et-Loir pour refuser à M. B l'octroi d'un délai de départ volontaire s'est fondé sur les dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 et sur celles du 8° de l'article L. 612-3 or, il n'est pas contesté, alors au surplus que le requérant est entré de manière irrégulière sur le territoire français et qu'il s'y est maintenu sans avoir sollicité un titre de séjour, que M. B est dépourvu de tout document d'identité en cours de validité. Pour ce seul motif, la préfète pouvait donc lui refuser un délai de départ volontaire. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise la préfète doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
15. Dès lors que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
Mme Le Toullec, première conseillère,
M. Lardennois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le rapporteur,
Stéphane LARDENNOIS
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.