Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2301664

mercredi 29 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2301664
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mai 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler les décisions du 13 mars 2023 par lesquelles la caisse d'allocations familiales du Cher a refusé de lui accorder la remise gracieuse d'indus de prime d'activité de 1 227,06 euros et de 1 018,70 euros.

Elle soutient que :

- elle a toujours effectué ses déclarations dans les délais et les indus sont la conséquence d'erreurs commises par des stagiaires ;

- elle est veuve depuis le 29 juin 2017 et élève seule un enfant en études supérieures ; elle produit les justificatifs de ses charges et ressources.

Par un mémoire enregistré le 27 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Cher conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. La caisse d'allocations familiales du Cher a notifié le 6 juillet 2021 à Mme B deux indus de prime d'activité de 1 227,06 euros et de 1 216,62 euros au titre des périodes de janvier à octobre 2020 et d'octobre à décembre 2019, fondés sur le défaut de déclaration d'une pension de réversion, la déclaration incomplète des salaires perçus par un de ses fils ainsi que le maintien injustifié d'une de ses filles en tant que membre du foyer. La demande de remise gracieuse présentée par la requérante a été rejetée par des décisions du 13 avril 2023.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux dernières conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. Pour les motifs exposés au point précédent, la circonstance que les déclarations de ressources du foyer ont été déposées dans les délais impartis est par elle-même sans incidence dans le présent litige et il ne résulte pas de l'instruction que la requérante pouvait régulièrement percevoir la prime d'activité en litige.

5. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme B ne pourrait être regardée comme étant de bonne foi et la requérante produit une lettre de la caisse d'allocations familiales du Cher du 23 août 2022 mentionnant que l'oubli de déclaration de la requérante ne présente pas un caractère volontaire.

6. Les décisions litigieuses du 13 mars 2023 mentionnent que le quotient familial du foyer de la requérante s'établit à 840 euros. Il résulte de l'instruction que Mme B perçoit un revenu d'activité mensuel de 2 000 euros ainsi qu'une pension de réversion de 180 euros. Si elle soutient qu'elle est veuve et doit assurer une aide financière à un enfant en études supérieures, il ne résulte pas des seuls justificatifs de charges produits par la requérante que son foyer serait dans une situation précaire au sens des dispositions précitées et que la requérante ne pourrait rembourser ces indus, notamment au moyen d'un échelonnement adapté à sa situation. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions de la caisse d'allocations familiales du Cher. Sa requête doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales du Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

Jean-Luc C

Le greffier,

Roger MBELANI

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.