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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2302052

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2302052

mercredi 7 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2302052
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantESNAULT-BENMOUSSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juin 2023 à 16 h 03, M. F C, représenté par Me Esnault-Benmoussa, avocate, demande au tribunal :

1°) d'annuler les arrêtés en date du 31 mai 2023 par lesquels le préfet d'Indre-et-Loire, d'une part lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et, d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter chaque lundi, mardi, mercredi et jeudi à 10 h 00 au commissariat de Tours ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente pour ce faire ; sa motivation - qui doit démontrer que le préfet a effectivement procédé à un examen particulier de sa situation - est insuffisante, faute de prise en compte de sa situation personnelle pour justifier l'absence de délai de départ volontaire ; elle est en outre entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que sa situation personnelle ne permet pas de conclure qu'un refus de délai de départ volontaire pouvait lui être opposé ;

- la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an, qui n'est qu'une simple faculté, est insuffisamment motivée, et, en tant qu'elle fixe la durée de cette interdiction à un an, est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;

- l'arrêté portant assignation à résidence a été pris par un auteur incompétent pour ce faire, est insuffisamment motivé faute de démonstration par le préfet de l'existence d'une perspective raisonnable à l'éloignement, est entaché d'erreur manifeste d'appréciation en tant qu'il n'est pas démontré pourquoi il était justifié et proportionné de l'assigner à résidence plutôt que de lui octroyer un délai de départ volontaire, et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des limites géographiques de l'assignation, de l'interdiction de sortie de cet espace et de la fréquence de l'obligation de pointage.

La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire, qui a produit au dossier des pièces enregistrées le 5 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme H pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme H,

- et les observations de M. C, requérant, assisté de Mme A, interprète en langue anglaise, qui a indiqué, en produisant un ensemble de documents à caractère médical ainsi que la copie d'une autorisation provisoire de séjour en qualité d'étranger malade, valable du 19 août au 18 novembre 2021, qu'il était traité pour un diabète ; qu'à son entrée sur le territoire français, il a demandé un titre de séjour en raison de son état de santé pour pouvoir rester en France, où il avait déjà été opéré à plusieurs reprises des yeux et où son diabète a été découvert, mais que son autorisation provisoire de séjour n'a pas été renouvelée ; que la Sierra Leone est l'un des pays les plus pauvres d'Afrique et qu'il n'y aura pas la possibilité de s'y faire soigner.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant sierraléonais né le 27 septembre 1974, est entré en France irrégulièrement, le 20 août 2017 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 27 juin 2018, puis par la cour nationale du droit d'asile le 15 novembre 2019. En janvier 2020, il a présenté une demande tendant au bénéfice d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Son admission au séjour tant au titre de l'asile que pour raisons médicales a fait l'objet d'un refus en date du 25 juin 2020, assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Une nouvelle demande de titre séjour pour raisons médicales, présentée en 2021, a été rejetée par une décision du 2 décembre 2021, assortie d'une obligation de quitter le territoire français. Il est constant que M. C n'a déféré à aucune des mesures d'éloignement. A la suite de son interpellation par les forces de l'ordre le 31 mai 2023 après un contrôle routier, le préfet d'Indre-et-Loire, par arrêtés du même jour, d'une part lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et, d'autre part, l'a assigné dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter chaque lundi, mardi, mercredi et jeudi à 10 h 00 au commissariat de Tours. Ces arrêtés lui ont été notifiés le 31 mai 2023, au plus tard à 18 h 15, heure de notification de l'arrêté portant assignation à résidence. M. C, qui a saisi ce tribunal par une requête enregistrée le 2 juin 2023 à 16h03, dans le délai de recours de quarante-huit heures, en demande l'annulation.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire et le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

4. En premier lieu, par un arrêté du 16 janvier 2023, publié au recueil des actes de la préfecture d'Indre-et-Loire du 17 janvier 2023, M. D B, préfet, a donné délégation à Mme Nadia Seghier, secrétaire générale, " à l'effet de signer tous arrêtés, décisions circulaires, rapports et correspondances relevant de l'Etat dans le département ou de l'exercice des pouvoirs de police administrative, générale ou spéciale, du préfet, y compris : / - les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile () ". En vertu de l'article 2 de ce même arrêté, la délégation consentie à Mme E, en cas d'absence ou d'empêchement de celle-ci, sera exercée par M. Guillaume Saint-Cricq, secrétaire général adjoint. Il n'est ni établi, ni même allégué, pas davantage qu'il ne ressort des pièces du dossier - alors au demeurant que l'arrêté en cause vise expressément l'arrêté précité, et notamment son article 2 - que Mme E n'aurait pas été absente ou empêchée. Par suite, le moyen tiré de ce que M. G n'aurait pas été compétent pour signer l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet d'Indre-et-Loire a fait application, notamment les articles L. 611-1 (1° et 5°), L. 612-2 (1° et 3°), L. 612-3 et L. 612-6, et indique de manière précises les considérations de fait, propres à M. C, sur lesquelles le préfet s'est fondé pour lui faire obligation de quitter le territoire français à destination de la Sierra Leone, pour lui refuser un délai de départ volontaire et pour prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.

6. Il ne ressort ni de cette motivation, ni d'aucun autre élément du dossier que le préfet d'Indre-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant avant de prendre l'arrêté en cause, y compris en tant qu'il refuse d'accorder un délai de départ volontaire.

7. En troisième lieu, s'agissant de l'obligation de quitter le territoire, le requérant soutient que " le préfet d'Indre-et-Loire a pris la décision contestée tout en fixant la durée de l'interdiction du territoire français à un an sans prendre en considération la situation de l'intéressé présent en France depuis 2017 ". A supposer qu'il ait ainsi entendu soutenir que la durée de sa présence en France devait être prise en compte pour apprécier la possibilité de prendre à son encontre, non la décision portant interdiction du territoire français, mais la mesure d'éloignement, la seule durée de présence de l'intéressé sur le territoire français, qui résulte pour l'essentiel de ce qu'il n'a pas exécuté deux précédentes mesures d'éloignement, ne permet pas à elle seule de considérer que le préfet d'Indre-et-Loire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle de ses décisions portant obligation de quitter le territoire français et de refus de délai de départ volontaire.

8. En quatrième lieu, le requérant fait valoir dans ses écritures que la préfète

d'Indre-et-Loire a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences d'une exceptionnelle gravité que la décision attaquée comporte sur sa situation. Cependant, il n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

9. En cinquième lieu, M. C se prévaut à l'audience de son état de santé en produisant un ensemble d'éléments afférents à sa situation médicale. Il doit être regardé comme soulevant un moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes duquel : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ".

10. M. C produit un compte-rendu de son hospitalisation entre le 22 mars et le 27 mars 2023, indiquant que son diabète a été découvert en mars 2022, le facteur déclenchant du déséquilibre ayant entraîné l'hospitalisation étant l'insuffisance thérapeutique - le requérant ayant arrêté son traitement en décembre 2022 - et que son diabète devait être suivi par son médecin traitant, avec prescription de différents médicaments pour équilibrer le diabète et traiter une hypertension artérielle. M. C a également produit des résultats d'analyses en date du 16 mai 2023, faisant état d'une baisse importante de son hémoglobine glyquée. Cependant, le certificat médical en date du 22 mai 2023, qu'il produit et qui indique qu'il est traité pour des pathologies sévères - diabète non insulino-dépendant déséquilibré ayant nécessité une hospitalisation récente, un syndrome d'apnée du sommeil appareillé, un glaucome multi-opéré de l'œil gauche, de l'arthrose sévère à l'épaule - et que " son traitement nécessite une poursuite des soins en France ", n'est pas à lui seul de nature à établir que l'état de santé de l'intéressé faisait obstacle à ce qu'il fît l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en vertu du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors au demeurant que M. C n'a pas, après le refus de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour en qualité d'étranger malade et le rejet de sa seconde demande présentée en cette même qualité, et malgré la découverte de son diabète, présenté une nouvelle demande d'admission au séjour en raison de son état de santé. Par ailleurs, M. C, en se bornant à faire valoir que son pays d'origine est l'un des plus pauvres d'Afrique, n'apporte aucun élément de nature à établir que son diabète, qui n'a été découvert que cinq ans après son arrivée en France, ne pourrait être traité en Sierra Leone.

En ce qui concerne l'interdiction de retour pour une durée d'un an :

11. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, l'arrêté en cause est suffisamment motivé, y compris en tant qu'il interdit au requérant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

13. M. C, dont la durée de présence en France est pour partie la conséquence du défaut d'exécution de deux mesures d'éloignement prises à son encontre, n'établit ni même n'allègue qu'il entretiendrait en France des liens familiaux ou amicaux intenses. Ses pathologies ne sont pas de nature, à elles seules, à constituer une circonstance humanitaire justifiant de ne prononcer aucune interdiction de retour sur le territoire français à son encontre. Dans ces conditions, alors même que sa présence ne représente pas une menace pour l'ordre public, le préfet d'Indre-et-Loire, en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, n'a pas inexactement appliqué les dispositions citées au point précédent ni entaché d'une erreur manifeste l'appréciation qu'il a portée sur les conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

14. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté portant assignation à résidence manque en fait et doit être écarté.

15. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui cite les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise que M. C ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable. L'arrêté est ainsi suffisamment motivé en droit et en fait.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Si M. C soutient que l'arrêté l'assignant à résidence est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'est pas démontré pourquoi il était justifié et proportionné de l'assigner à résidence plutôt que de lui octroyer un délai de départ volontaire, le refus d'accorder un délai de départ volontaire, ainsi qu'il a été dit précédemment, n'est pas illégal. Par suite, le préfet d'Indre-et-Loire pouvait légalement l'assigner à résidence.

17. En quatrième lieu, aux termes de l'article R.733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au préfet de déterminer les lieux dans lesquels l'étranger est astreint à résider ainsi que la périodicité des présentations de ce dernier au services de police.

18. Le préfet d'Indre-et-Loire a assigné M. C à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter chaque lundi, mardi, mercredi et jeudi à 10 heures hors jours fériés au commissariat de Tours. Si le requérant soutient que les limites géographiques de l'assignation à résidence, l'interdiction de sortie de cet espace sans autorisation ainsi que la fréquence du pointage méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'apporte à l'appui de son moyen aucune précision ni pièces justificatives. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation des arrêtés du 31 mai 2023 attaqués doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. F C est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F C et au préfet

d'Indre-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.

La magistrate désignée,

Véronique H

La greffière,

Florence PINGUET-COMMEREUC

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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