jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2302136 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GABON |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 10 juin 2023, sous le n° 2302136, Mme B, représentée par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2023 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète d'Eure-et-Loir de lui délivrer une carte de séjour temporaire à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le droit d'être entendu en application de l'article 41 de la Charte des droits de l'Union européenne et est entaché d'un défaut d'examen ;
- elle n'était pas assistée d'un interprète ;
- elle a été privée de l'information prévue à l'article L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant refus d'admission au séjour :
- la préfète a commis une erreur de droit en estimant qu'elle ne pouvait pas prétendre à la délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de fait ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée
- elle est entachée d'une erreur de droit.
II. Par une requête enregistrée le 10 juin 2023, sous le n° 2302137, Mme B, représentée par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 8 juin par lequel la préfète
d'Eure-et-Loir l'a assignée à résidence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté a été pris en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits de l'Union européenne ;
- l'arrêté a été pris en méconnaissance de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 15 juin 2023, la préfète d'Eure-et-Loir conclut au rejet des requêtes 2302136 et 2302137. Elle soutient qu'aucun moyen soulevé dans ces requêtes n'est fondé.
III. Par une requête enregistrée le 10 juin 2023, sous le n°2302138, M. B, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 8 juin 2023 par lequel la préfète d'Eure-et-Loir a refusé de l'admettre au séjour lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète d'Eure-et-Loir de lui délivrer une carte de séjour temporaire à compter de la notification du jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le droit d'être entendu en application de l'article 41 de la Charte des droits de l'Union européenne et est entaché d'un défaut d'examen ;
- il n'était pas assistée d'un interprète ;
- il a été privé de l'information prévue à l'article L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant refus d'admission au séjour :
- le préfet a commis une erreur de droit en estimant qu'il ne pouvait pas prétendre à la délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de fait ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit.
IV. Par une requête enregistrée le 10 juin 2023, sous le n°2302139, M. B, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 8 juin par lequel la préfète d'Eure et Loir l'a assigné à résidence
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté a été pris en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits de l'Union européenne ;
- l'arrêté a été pris en méconnaissance de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 15 juin 2023, la préfète d'Eure-et-Loir conclut au rejet des requêtes 2302138 et 2302139.
Elle soutient qu'aucun moyen soulevé dans ces requêtes n'est fondé.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Delamarre pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delamarre, magistrate désignée,
- et les observations orales de Me Gabon représentant M et Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux arrêtés du 8 juin 2023, la préfète d'Eure-et-Loir a rejeté les demandes de M. et Mme B tendant à la délivrance d'un titre de séjour et les a obligés à quitter le territoire français sans délai. Par deux arrêtés du même jour, la préfète les a assignés à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'étendue du litige :
2. Ainsi qu'il a été dit au point 1, M. et Mme B ont fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination, ainsi que sur l'assignation à résidence. La formation collégiale du tribunal reste saisie des conclusions des requêtes de M. et Mme B tendant à l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour, des conclusions accessoires à ces dernières ainsi que de celles relatives au frais de l'instance.
Sur la jonction :
3. Les affaires susvisées présentent à juger les mêmes questions et concernent un couple d'étrangers. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme B sont entrés en France régulièrement le 28 juin 2017 accompagnés de leurs deux enfants C, née le 24 juin 2009 et Durim né le 17 août 2012. Les deux enfants du couple sont scolarisés depuis leur entrée en France soit depuis 6 années à la date de la décision attaquée. Les requérants justifient par les pièces communiquées notamment les attestations scolaires que leurs enfants, dont l'une est au collège, sont assidus et obtiennent de bons résultats scolaires. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. et Mme B sont locataires depuis 2019, le propriétaire attestant de la régularité du paiement pas ces derniers de leur loyer. M. et Mme B, présents à l'audience et accompagnés de membres de leur famille en situation régulière, justifient également d'engagement bénévole auprès des Restaurants du Cœur et de promesses d'embauche. Dans ces circonstances particulières, les requérants sont fondés à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte excessive au droit au respect de leur vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
6. Il suit de là que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées. M. et Mme B sont fondés à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète d'Eure et Loir de délivrer à M. et Mme B dans un délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du jugement à intervenir de la formation collégiale du tribunal appelée à statuer sur la légalité des décisions portant refus d'admission au séjour.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. et Mme B dirigées contre les refus d'admission au séjour en date du 8 juin 2023, ainsi que les conclusions accessoires à fin d'injonction qui s'y rattachent et les conclusions relatives aux frais de justice, sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.
Article 2 : Les décisions du 8 juin 2023 portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement et portant assignation à résidence de M. et Mme B sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète d'Eure-et-Loir de délivrer aux requérants dans un délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du jugement à intervenir de la formation collégiale du tribunal appelée à statuer sur la légalité des décisions portant refus d'admission au séjour.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et M. E B et à la préfète d'Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023
La magistrate désignée,
Anne-Laure DELAMARRE
Le greffier
Roger MBELANI
La République mande et ordonne à la préfète d'Eure-et-Loir en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2302136
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026