mardi 25 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2302416 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FROUJY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2023, M. A B, représenté par Me Froujy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mars 2023 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a imposé une obligation de pointage ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour mention " salarié " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures sous astreinte de 100 euros par jour de retard,
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- S'agissant du refus de titre de séjour : la décision est entachée d'erreurs de fait révélant un défaut d'examen de la situation personnelle ; la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ; la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français : la décision doit être annulée en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- S'agissant de l'obligation de pointage, elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et elle est disproportionnée.
Le greffe du tribunal a été informé le 18 juillet 2023 de l'existence d'un arrêté portant renouvellement d'une assignation à résidence édicté le 11 juillet 2023.
Par deux nouveaux mémoires enregistrés le 20 juillet 2023, M. B conclut et persiste dans ses conclusions précédentes et demande également l'annulation de l'arrêté du 11 juillet 2023 en ce que cette mesure portant assignation à résidence est excessive et ne lui permet pas de travailler.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2023, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 21 juillet 2023, le rapport de Mme C a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité malienne est entré en France le 20 juillet 2017. Par arrêté du 17 mars 2023, le préfet de Loir-et-Cher a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a astreint à une obligation de pointage. Par arrêté du 11 juillet 2023, le préfet de Loir-et-Cher l'a assigné à résidence pour une nouvelle période de 45 jours.
Sur la compétence du magistrat désigné :
2. Il résulte des pièces produites par le préfet de Loir-et-Cher que le requérant a fait l'objet d'un arrêté d'assignation à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par arrêté du 11 juillet 2023 notifié le 18 juillet 2023. Dès lors, le magistrat désigné par le président du tribunal en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est compétent pour connaître des conclusions des requêtes dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination contenues dans l'arrêté du 17 mars 2023 attaqué. En revanche, la formation collégiale du tribunal reste saisie des conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour et des conclusions accessoires à celles-ci ainsi que de celles relatives au frais de l'instance.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. D'une part, le requérant articule une exception d'illégalité de la décision de refus de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
4. En premier lieu, M. B soutient que la décision portant refus de délivrance de titre de séjour est illégale en ce qu'elle est entachée d'erreur de faits ce qui révèle un défaut d'examen.
5. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de la décision portant refus d'admission au séjour que le préfet aurait entaché son appréciation d'un défaut d'examen. Le requérant ne justifie pas davantage de l'existence d'erreurs de faits qui auraient altéré l'appréciation du préfet.
6. En deuxième lieu, le requérant soutient que la décision portant refus d'admission exceptionnelle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il répond aux critères posés pour obtenir un titre de séjour dès lors qu'il travaille depuis plusieurs années et qu'il est très bien intégré. Il ajoute que le fait de lui reprocher d'avoir utilisé un titre de séjour falsifié ne pouvait être pris en compte puisque c'est l'une des seules manières de pouvoir travailler.
7. En refusant de faire droit à la demande d'admission au séjour aux motifs notamment qu'il avait utilisé un titre de séjour falsifié ce qui ne traduisait pas une bonne intégration mais aussi qu'il ne justifiait pas d'une qualification ou d'un savoir-faire spécifique, le préfet de Loir-et-Cher n'a entaché sa décision d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
8. En troisième lieu, le requérant soutient que la décision est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet de Loir-et-Cher ne pouvait pas refuser l'admission au séjour au motif de l'absence de visa long séjour.
9. Il ressort des pièces du dossier et des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de Loir-et-Cher a relevé que M. B était entré sans visa long séjour sans opposer cette absence comme un motif de refus d'admission au séjour.
10. Enfin, le requérant soutient que la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Toutefois, M. B est père de quatre enfants résidant au Mali dont le dernier est né en 2020. Il ne justifie pas de l'existence de liens stables et intenses en France et ses liens sont exclusivement tissés au Mali où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-huit ans. En outre, il n'a entrepris pendant plusieurs années aucune démarche de régularisation et a travaillé avec un titre de séjour falsifié. Par suite, alors que l'intensité et la stabilité de ses liens sur le territoire n'est pas établie de même que son insertion sur le territoire, il n'établit pas que le refus opposé sur sa demande de titre de séjour serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ni qu'il méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. L'exception d'illégalité doit par conséquent être écartée.
13. D'autre part, et pour les mêmes motifs qu'exposés au point 11, le moyen dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français tiré de ce que la décision viole les droits protégés par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 juillet 2023 portant assignation à résidence :
15. D'une part, dès lors que le présent jugement rejette les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté portant assignation à résidence doit être annulé par voie de conséquence.
16. D'autre part, si le requérant soutient que la mesure porte assignation à résidence est excessive dès lors que la fréquence de pointage serait incompatible avec l'exercice de son expérience professionnelle, il ne le justifie pas, par les pièces versées à l'instance. En outre, dès lors que la décision d'assignation à résidence a été prononcée à l'encontre de M. B qui était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français et ne disposait pas d'un droit au séjour et au travail en France, l'intéressé ne peut se prévaloir de ce que cette obligation de présentation est incompatible avec l'exercice de son activité professionnelle.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de l'arrêté du 11 juillet 2023 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. B dirigées contre le refus de titre de séjour en date du 17 mars 2023, ainsi que les conclusions accessoires à fin d'injonction qui s'y rattachent, sont renvoyées devant la formation collégiale de ce tribunal.
Article 2 : Les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination contenues dans l'arrêté du 17 mars 2023 sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 juillet 2023 portant assignation à résidence sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de
Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2023.
La magistrat désignée,
Anne-Laure C
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026