Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303107

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2303107
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a rejeté la requête de Mme B, assistante maternelle, qui contestait le refus du président du conseil départemental du Loiret de lui accorder une dérogation pour accueillir six mineurs au lieu de quatre. La requête, enregistrée le 24 juillet 2023, ne contenait que des moyens de légalité externe manifestement infondés ou des faits insusceptibles de venir au soutien de ses conclusions, conformément à l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Le tribunal a appliqué les dispositions du code de l'action sociale et des familles, notamment les articles L. 421-1 et L. 421-3, qui subordonnent l'agrément et les dérogations à des conditions garantissant la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs. La décision a été rendue par ordonnance, sans audience, sur le fondement de l'irrecevabilité des moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juillet 2023, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 4 mai 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Loiret a refusé de lui accorder une dérogation à son agrément d'assistante maternelle pour accueillir 6 mineurs.

Elle soutient que la dérogation lui a déjà été accordée et que sa situation est inchangée depuis 2018, ainsi que la surface de son habitation.

Par un mémoire enregistré le 2 novembre 2023, le département du Loiret conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, qui est agréée en qualité d'assistante maternelle depuis 2008 par le département du Loiret, a bénéficié du renouvellement de son agrément pour une durée de 5 ans à compter du 30 mai 2023 par arrêté du 4 mai 2023 du président du conseil départemental du Loiret pour l'accueil de 4 mineurs à la journée, dont un enfant de plus de 18 mois. Elle a présenté une demande de dérogation le 23 février 2023 en vue d'accueillir à son domicile situé à Chalette-sur-Loing (45120) plus de 4 mineurs. Elle demande au tribunal d'annuler la décision du 4 mai 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Cher a refusé de lui accorder la dérogation sollicitée au motif que : " Les dimensions du logement ne permettent pas l'accueil d'enfants supplémentaires ".

2. Selon l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge./ L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ". Aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

3. Tout d'abord, aux termes des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'action sociale et des familles : " L'assistant maternel est la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon non permanente des mineurs à son domicile ou dans un lieu distinct de son domicile appelé " maison d'assistants maternels " tel que défini à l'article L. 424-1./ L'assistant maternel accueille des mineurs confiés par leurs parents, directement ou par l'intermédiaire d'un service d'accueil mentionné à l'article L. 2324-1 du code de la santé publique. Il exerce sa profession comme salarié de particuliers employeurs ou de personnes morales de droit public ou de personnes morales de droit privé dans les conditions prévues au chapitre III du présent livre, après avoir été agréé à cet effet. ". L'article L. 421-3 du même code dispose : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. ()/ Au cours de la procédure d'instruction de la demande d'agrément, le service départemental de protection maternelle et infantile mentionné au chapitre II du titre Ier du livre Ier de la deuxième partie du code de la santé publique peut solliciter l'avis d'un assistant maternel ou d'un assistant familial n'exerçant plus cette profession, mais disposant d'une expérience professionnelle d'au moins dix ans, et titulaire d'un des diplômes prévus par voie réglementaire./ La procédure d'instruction doit permettre de s'assurer de la maîtrise du français oral par le candidat./ L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne, et, pour l'assistant maternel uniquement, si celui-ci autorise la publication de son identité et de ses coordonnées, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat strictement nécessaires à la connaissance par les familles de la localisation des professionnels et à leur mise en relation avec eux, par les organismes chargés d'une mission de service public mentionnés par arrêté des ministres chargés de la famille et de la sécurité sociale. Les modalités d'octroi ainsi que la durée de l'agrément sont définies par décret. Cette durée peut être différente selon que l'agrément est délivré pour l'exercice de la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial. Les conditions de renouvellement de l'agrément sont fixées par ce décret. Sans préjudice des dispositions de l'article L. 421-9, le renouvellement de l'agrément des assistants familiaux est, sous réserve des vérifications effectuées au titre du sixième alinéa du présent article, automatique et sans limitation de durée lorsque la formation mentionnée à l'article L. 421-15 est sanctionnée par l'obtention d'une qualification. (). ".

4. Ensuite, l'article R. 421-3 du code déjà cité précise : " Pour obtenir l'agrément d'assistant maternel ou d'assistant familial, le candidat doit : 1° Présenter les garanties nécessaires pour accueillir des mineurs dans des conditions propres à assurer leur développement physique, intellectuel et affectif ; () 3° Disposer d'un logement ou, dans le cas d'un agrément pour l'exercice dans une maison d'assistants maternels, d'un local dédié dont l'état, les dimensions, les conditions d'accès et l'environnement permettent d'assurer le bien-être et la sécurité des mineurs, compte tenu du nombre d'enfants et des exigences fixées par le référentiel en annexe 4-8 pour un agrément d'assistant maternel ou par le référentiel en annexe 4-9 pour un agrément d'assistant familial. ".

5. Il résulte des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis, et de procéder à la suspension, à la modification ou au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont pas ou plus remplies.

6. Enfin, selon l'article L. 421-4, I de ce même code : " I.-Le nombre d'enfants qu'un professionnel est autorisé à accueillir en sa qualité d'assistant maternel dans le cadre de son agrément est de quatre./ L'agrément initial du professionnel autorise l'accueil de deux enfants au minimum en sa qualité d'assistant maternel, sauf si les conditions d'accueil ne le permettent pas./ Sans préjudice du nombre de contrats de travail en cours d'exécution de l'assistant maternel, le nombre maximal d'enfants pouvant être accueillis simultanément par un professionnel en sa qualité d'assistant maternel est fixé par son agrément./ Dans le respect de la limite fixée par son agrément et des dispositions du présent titre, l'assistant maternel détermine librement le nombre d'enfants qu'il accueille en cette qualité. () ". L'article L. 421-4-1 dudit code prévoit : " I.-Pour répondre à des besoins spécifiques, le président du conseil départemental peut, si les conditions d'accueil le permettent et à titre dérogatoire, autoriser tout assistant maternel à accueillir en cette qualité plus de quatre enfants simultanément, dans la limite de six mineurs âgés de moins de onze ans au total./ Lorsque le nombre de mineurs fixé par l'agrément est inférieur à quatre, le président du conseil départemental peut modifier celui-ci pour augmenter le nombre de mineurs que l'assistant maternel est autorisé à accueillir simultanément en sa qualité d'assistant maternel, dans la limite de quatre enfants de moins de onze ans et dans les conditions mentionnées au premier alinéa. () ". Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 421-3 et L. 421-4 du code de l'action sociale et des familles que l'autorité administrative peut autoriser l'assistant maternel à accueillir, à titre dérogatoire, plus de quatre enfants simultanément pour répondre à des besoins spécifiques si les conditions d'accueil garantissant la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs accueillis sont satisfaites. Pour ce faire les services du département procèdent au contrôle des pratiques professionnelles des assistants maternels, ces derniers étant dans l'obligation de se soumettre à ces contrôles.

7. Si Mme B conteste le refus opposé à sa demande de dérogation pour l'accueil de six mineurs dans sa maison de 80 m² comprenant deux chambres, dont une avec 4 lits dédiée au repos des enfants accueillis, avec jardin de 200 m², elle se borne cependant à invoquer la précédente dérogation qui lui avait été accordée par décision du 17 mai 2018 pour l'accueil d'un seul enfant le mercredi après-midi durant la période scolaire et pendant les vacances scolaires, sans pour autant apporter d'élément pertinent ni précisions de nature à établir une erreur de fait comme une erreur d'appréciation de la part du président du conseil départemental du Loiret. Ce moyen n'étant manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, la requête de Mme B doit, par suite, être rejetée sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 222-1,7° du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au département du Loiret.

Fait à Orléans, le 23 octobre 2024.

Le président de la 5e chambre,

Samuel DELIANCOURT

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.