Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303178
mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2023, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 22 mai 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir lui a accordé la remise gracieuse partielle d'un indu d'aide personnelle au logement de 430,56 euros.
Elle soutient que :
- elle n'était redevable d'aucun indu à la date de notification de celui-ci ; elle demande le remboursement de la somme de 369,61 euros car elle a soldé les indus ;
- elle perçoit un salaire de 1 400 euros, doit acquitter un loyer de 447 euros et 429 euros de location de voiture, ainsi que les frais de carburant correspondants et les charges courantes ; elle est dans une situation financière précaire.
Par un mémoire enregistré le 14 juin 2024, la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir a mis à la charge de Mme C deux indus d'aide personnelle au logement, de 154,33 euros au titre de la période de décembre 2022 à janvier 2023, à la suite de la suppression de la neutralisation des ressources de l'article R 822-14 du code de la construction et de l'habitation, et de 430,56 euros au titre des mois de janvier et février 2022, en raison d'impayés de loyer. L'indu de 154,33 euros a été soldé par un prélèvement sur la prime d'activité de février 2023. Par la décision litigieuse du 22 mai 2023, la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir a fait droit à la demande de remise gracieuse de l'indu de 430,56 euros, à hauteur de la somme de 215,28 euros.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. " Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
4. En premier lieu, si Mme C soutient qu'elle avait soldé ses indus par un prélèvement réalisé sur la prime d'activité, il résulte de l'instruction que ce prélèvement concernait l'indu de 154.33 euros et non l'indu de 430,56 euros.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction que la requérante, célibataire sans enfant à charge, perçoit un salaire mensuel d'environ 1 400 euros nets. Si elle soutient que sa situation financière est précaire et que le remboursement de l'indu déséquilibre son budget, il ne résulte toutefois pas de l'instruction, compte tenu des charges supportées par la requérante, qu'en lui accordant la remise gracieuse de la moitié de l'indu de 430,56 euros, la caisse d'allocations familiales a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Il suit de là que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 22 mai 2023. Sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la caisse d'allocations familiales d'Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc A
Le greffier,
Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.