Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303243
jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303243 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 29 décembre 2022 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a refusé le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse.
Il soutient qu'il bénéficie désormais de ressources suffisantes pour accueillir son épouse.
Par un mémoire enregistré le 23 novembre 2023, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'à la date de la décision attaquée, M. A ne justifiait pas de ressources suffisantes pour faire droit à sa demande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Gasnier a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né le 27 novembre 2000, a présenté une demande de regroupement familial en faveur de son épouse, Mme C, ressortissante camerounaise le 6 octobre 2021. Le préfet d'Indre-et-Loire a, par décision du 29 décembre 2022 rejeté cette demande. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans () ". Aux termes de l'article L. 434-7 du même code : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; () ". Aux termes de l'article R. 434-4 de ce code : " () les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, M. A, qui est salarié en intérim, a perçu un revenu mensuel moyen de 776 euros net entre le mois d'octobre 2020 et le mois de septembre 2021, soit un montant inférieur au salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC). D'autre part, si M. A soutient qu'il remplit désormais les conditions de ressources précitées, il est constant que les éléments qu'il produit sont postérieurs à la décision attaquée du 29 décembre 2022 et ne peuvent pas être pris en compte par le juge de l'excès de pouvoir qui statue sur la légalité de la décision à la date de son édiction. Il appartient au requérant, s'il s'y croit fondé, de formuler une nouvelle demande de regroupement familial au profit de son épouse.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Indre-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
M. Gasnier, conseiller,
Mme Ploteau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le rapporteur,
Paul GASNIER
Le président,
Denis LACASSAGNE
La greffière,
Marie-Josée PRECOPE
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.