Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303321
mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303321 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 août 2023, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 23 mai 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire lui a accordé la remise gracieuse partielle d'un indu de prime d'activité de 743,85 euros.
Il soutient que :
- il demande la remise gracieuse de sa dette, car ses revenus ne lui permettent pas de la rembourser ; il a la charge de deux enfants ; il a un découvert actuel de 1 200 euros, doit rembourser un crédit d'impôt sur le revenu à hauteur de 86 euros mensuels.
Par un mémoire enregistré le 30 avril 2024, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête est tardive et que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 2 mars 2023, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a notifié à M. C un indu de prime d'activité de 743,85 euros au titre de la période de juin 2021 à mai 2022, fondé sur la rectification des ressources déclarées. Par une décision du 23 mai 2023, notifiée le 26 mai 2023, la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire a prononcé la remise gracieuse de cet indu, à hauteur de la somme de 185,96 euros.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux dernières conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.
4. Pour justifier de ses ressources et charges actuelles, le requérant a produit le relevé de son compte courant du mois de juillet 2023, dont le montant des crédits est égal à celui des débits et qui mentionne un salaire de 1 723 euros et un versement de la caisse d'allocations familiales de 286 euros. Si le requérant soutient qu'il assure seul la charge de deux enfants et doit rembourser un crédit d'impôt sur le revenu, il ne résulte toutefois pas de l'instruction qu'en accordant au requérant la remise gracieuse de l'indu à hauteur du quart de son montant initial, la caisse d'allocations familiales a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Il suit de là que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 25 mai 2023. Sa requête doit être rejetée, sans qu'il y ait lieu de statuer sur sa recevabilité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc B
Le greffier,
Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.