Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303554
mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2303554 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 aout 2023, M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler l'augmentation du loyer de leur logement décidé par la commune de Luzillé ainsi que les deux loyers augmentés des mois de juillet et août 2023.
Ils soutiennent que cette augmentation n'est pas justifiée dès lors que les logements comme le leur bénéficient d'un blocage des prix, sans indexation possible sur l'indice de référence, en raison de leur absence de performance énergétique.
Vu la demande en date du 5 septembre 2024 sollicitant sous 10 jours la copie du contrat de location.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 ;
- la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () ".
2. Selon l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public. ". Selon l'article L. 2211-1 du même code : " Font partie du domaine privé les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1, qui ne relèvent pas du domaine public par application des dispositions du titre Ier du livre Ier./ Il en va notamment ainsi des réserves foncières et des biens immobiliers à usage de bureaux, à l'exclusion de ceux formant un ensemble indivisible avec des biens immobiliers appartenant au domaine public ".
3. La contestation par une personne privée de l'acte par lequel une personne morale de droit public ou son représentant, gestionnaire du domaine privé, initie avec cette personne privée, conduit ou termine une relation contractuelle, quelle qu'en soit la forme, dont l'objet est la valorisation ou la protection de ce domaine et qui n'affecte ni son périmètre ni sa consistance, ne met en cause que des rapports de droit privé et relève, à ce titre, de la compétence du juge judiciaire.
4. Si M. et Mme A contestent l'augmentation du loyer qui aurait été décidée par la commune de Luzillé ainsi que les loyers subséquents établis pour les mois de juillet et août 2023, ils n'apportent toutefois, en dépit notamment de la demande en ce sens du tribunal, aucun élément qui permettrait de considérer que le logement qui leur est loué par la commune est ou a été affecté à l'usage direct du public ou à un service public et relèverait ainsi du domaine public. Dans ces conditions, leur demande ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative et doit être dès lors rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête M. et Mme A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C et M. B A.
Copie en sera adressée pour information à la commune de Luzillé.
Fait à Orléans, le 18 septembre 2024.
Le président de la 5e chambre,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.