Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2303795

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2303795
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2023, Mme D B demande au tribunal d'annuler la décision du 7 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Cher lui a accordé la remise gracieuse partielle d'un indu d'aide personnelle au logement de 2 861 euros.

Elle soutient que :

- elle ne comprend pas pourquoi les revenus perçus par M. E A ont été inclus dans les ressources du foyer ; sa situation financière est très précaire ; un plan de redressement va lui être proposé et la dette de la caisse d'allocations familiales n'est pas effacée.

Par des mémoires enregistrés le 28 mars 2024 et le 2 juillet 2024, la caisse d'allocations familiales du Cher conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la consommation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction qu'un indu d'allocation de logement sociale de 2 861 euros a été mis à la charge de Mme B, fondé sur la déclaration erronée de frais réels. Par la décision litigieuse du 7 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Cher a prononcé la remise gracieuse de cet indu, à hauteur de la somme de 715,25 euros.

2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. " Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. La bonne foi de la requérante n'est pas contestée par la caisse d'allocations familiales et il ne résulte pas de l'instruction, compte tenu de l'erreur de déclaration alléguée, que la requérante ne devrait pas être regardée comme étant de bonne foi au sens des dispositions précitées. Il résulte de l'instruction que Mme B, qui vit seule et n'a pas de personne à charge, perçoit un montant de pension de 1 395 euros et acquitte un loyer de 390 euros. Sa situation financière est précaire, alors même qu'un échelonnement de la dette de 2 145,75 euros à hauteur de 238,42 euros mensuels a été fixé par la décision de la commission de surendettement du 26 juin 2024. Il y a lieu d'accorder à la requérante une remise gracieuse de l'indu restant à sa charge à hauteur de la somme de 715,25 euros.

D E C I D E :

Article 1er : La remise gracieuse de l'indu d'allocation de logement sociale restant à la charge de Mme B est accordée à hauteur de la somme de 715,25 euros (sept cent quinze euros et 25 centimes).

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la caisse d'allocations familiales du Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Jean-Luc C

Le greffier,

Laurent BOUSSIERES

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.