Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2304583

mercredi 22 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2304583
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2023, Mme B A conteste devant le tribunal les conditions et la légitimité de son hospitalisation sans consentement au sein de l'établissement public de santé mentale Georges Daumézon.

Elle soutient se sentir en danger au sein de l'établissement et être à la recherche d'une aide juridique pour faire valoir ses droits de patiente et être soignée de façon consciencieuse et non violente et/ou malsaine.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. Les articles L. 3211-12 et L. 3211-12-1 du code de la santé publique, issus de la loi du 5 juillet 2011 relative aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge, donnent compétence au juge des libertés et de la détention pour contrôler de manière régulière et systématique ainsi que de manière facultative, à la demande notamment des personnes et de leur entourage, la poursuite des mesures de soins sans consentement et en ordonner leur mainlevée. Aux termes de l'article L. 3216-1 du code de la santé publique : " La régularité des décisions administratives prises en application des chapitres II à IV du présent titre ne peut être contestée que devant le juge judiciaire. / Le juge des libertés et de la détention connaît des contestations mentionnées au premier alinéa du présent article dans le cadre des instances introduites en application des articles L. 3211-12 et L. 3211-12-1. Dans ce cas, l'irrégularité affectant une décision administrative mentionnée au premier alinéa du présent article n'entraîne la mainlevée de la mesure que s'il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en faisait l'objet. / Lorsque le tribunal judiciaire statue sur les demandes en réparation des conséquences dommageables résultant pour l'intéressé des décisions administratives mentionnées au premier alinéa, il peut, à cette fin, connaître des irrégularités dont ces dernières seraient entachées ".

3. Depuis l'entrée en vigueur de ces dispositions, la juridiction judiciaire est ainsi seule compétente pour apprécier non seulement le bien-fondé mais également la régularité d'une mesure d'admission en soins psychiatriques sans consentement et les conséquences qui peuvent en résulter. Dès lors, toute action relative à une telle mesure doit être portée devant cette juridiction à laquelle il appartient, le cas échéant, d'en prononcer l'annulation.

4. Par sa requête ci-dessus analysée, Mme A, qui a fait l'objet d'une hospitalisation sans son consentement au sein de l'établissement public de santé mentale Georges Daumézon par un arrêté du 31 octobre 2023, se plaint des conditions de sa prise en charge, en particulier médicale, au sein de cet établissement et indique souhaiter faire valoir ses droits en qualité de patiente. Elle soutient qu'elle se sent en danger dans cet établissement où elle n'est pas écoutée, où des traitements ont été prescrits qui ont mis sa vie en péril et où elle est privée de contacts avec ses proches et de sorties dans le parc ou à la médiathèque. Le litige soulevé par la requête de Mme A, qui concerne une mesure de maintien en soins psychiatriques prise en application des dispositions du code de la santé publique, n'est ainsi pas au nombre de ceux qui ressortissent au juge administratif mais relève de la juridiction judiciaire. Par suite, cette requête doit être rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Orléans, le 22 novembre 2023.

La présidente de la 4ème chambre,

Patricia ROUAULT-CHALIER

La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.