vendredi 15 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2304789 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MARIETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 27 novembre 2023 et le 1er décembre 2023, M. B A, représenté par Me Mariette, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2023 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, ainsi que l'arrêté du même jour par lequel cette même autorité a prononcé son assignation à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours avec obligations de présentation aux autorités de police ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de 48 heures, l'ensemble sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, moyennant la renonciation de son conseil à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai et fixation du pays d'éloignement n'émane pas d'une autorité bénéficiant d'une délégation de signature régulièrement consentie ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle compte tenu de la durée de sa présence en France, de son intégration par le travail et par la formation professionnelle entreprise ainsi que de l'absence d'attache dans son pays d'origine ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de son intégration sur le territoire français ;
- la décision fixant le pays d'éloignement et l'assignation à résidence sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays d'éloignement est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne permet pas de déterminer, et donc de contester utilement, le pays à destination duquel il peut être éloigné.
Par un jugement du 4 décembre 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal a statué sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, désignant le pays de destination de la mesure d'éloignement, portant interdiction de retour sur le territoire français, portant assignation à résidence ainsi que la décision fixant les obligations de présentation aux autorités de police.
Par un mémoire enregistré le 29 novembre 2023, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dicko-Dogan a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien, est entré en France le 5 novembre 2017, selon ses déclarations, et a sollicité l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté cette demande par une décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile. Le préfet d'Eure-et-Loir a pris, le 1er octobre 2019, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français et, le 8 janvier 2020, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté le recours dirigé contre cet arrêté. M. A a sollicité, en janvier 2023, son admission exceptionnelle au séjour. Par deux arrêtés du 25 novembre 2023, le préfet d'Eure-et-Loir, d'une part, a refusé de délivrer le titre de séjour sollicité par l'intéressé, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, d'autre part, a assigné l'intéressé à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours et fixé les obligations de présentation aux autorités de police. Le 27 novembre 2023, M. A a saisi le tribunal administratif d'Orléans d'une requête tendant à l'annulation de ces deux arrêtés. Par un jugement du 4 décembre 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif a statué sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, désignant le pays de destination de la mesure d'éloignement, portant assignation à résidence et la décision fixant les obligations de présentation aux autorités de police, et a renvoyé à la formation collégiale du tribunal les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent et les conclusions relatives aux frais de l'instance.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. M. A a obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 janvier 2024. Par suite, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle a perdu son objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé, pour le préfet d'Eure-et-Loir, par M. C, sous-préfet de l'arrondissement de Châteaudun. Celui-ci avait reçu délégation de signature du préfet, par l'article 4 de l'arrêté n° 69-2023 du 23 octobre 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet, notamment, " de signer pendant les permanences qu'il est amené à assurer : () tous arrêtés () pris en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Par suite, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse émanerait d'une autorité incompétente doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui déclare être entré le 5 novembre 2017 sur le territoire français, est célibataire et sans enfant et ne justifie, sur l'ensemble de la période de sa présence, que d'une intégration professionnelle fragile et très récente en tant que plombier chauffagiste, emploi pour lequel il bénéficie d'un contrat d'apprentissage ayant débuté le 2 octobre 2023. Dans ses conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet d'Eure-et-Loir, en refusant son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions citées au point précédent, a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées, de même que celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.
Article 2 : Les conclusions restant à juger de la requête de M. A sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Eure-et-Loir.
Délibéré après l'audience du 23 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dorlencourt, président,
M. Lardennois, premier conseiller,
Mme Dicko-Dogan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.
La rapporteure,
Fatoumata DICKO-DOGAN
Le président,
Frédéric DORLENCOURT
La greffière,
Isabelle METEAU
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026