Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400045
mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400045 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES -JUGE UNIQUE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 janvier 2024, M. C A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 16 octobre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire.
Il soutient que :
- il a pris connaissance du solde nul de son permis de conduire en octobre 2023 ; si la validité de son permis a été suspendue à la suite d'une infraction de conduite sous l'emprise de stupéfiants, il n'a pas été informé de la perte de six points ; il a suivi un stage les 9 et 10 novembre 2023 et n'a reçu la décision 48 SI que le 15 novembre 2023.
Par un mémoire enregistré le 14 février 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer demande au tribunal de constater un non-lieu à statuer partiel et conclut au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que le solde du permis de conduire est désormais positif et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 16 octobre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a informé le requérant de la perte de validité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul. Le requérant doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision, ainsi que du retrait de six points à la suite d'une infraction du 11 avril 2022.
2. Il ressort toutefois des mentions du relevé d'information intégral du permis de conduire du requérant que le capital de points s'élève désormais à sept points, notamment à la suite de l'ajout de quatre points après le stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi le 9 et 10 novembre 2023. L'administration doit être regardée comme ayant retiré la décision du 16 octobre 2023, dont aucune mention ne figure désormais sur le relevé d'information intégral. Les conclusions dirigées contre cette décision ont dès lors perdu leur objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal . Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Toutefois, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de cette formalité est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'infraction du 11 avril 2022 a donné lieu à un jugement du tribunal judiciaire de Paris du 10 janvier 2023, devenu définitif. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit dès lors être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 16 octobre 2023 .
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc B
Le greffier,
Laurent BOUSSIERES
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.