mercredi 17 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400099 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CHOLLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 janvier 2024 à 01 h 04, M. M F B, représenté par Me Chollet, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 28 décembre 2023 par lequel la préfète du Loiret a ordonné son transfert aux autorités maltaises responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 29 décembre 2023 par lequel la préfète du Loiret l'a assigné à résidence dans le département du Loiret pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter le lundi et le mercredi à 8 h 30 à la police aux frontières à Olivet ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Loiret d'examiner sa demande d'asile dans le délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de dix euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 en l'admettant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Il soutient que :
- en ce concerne l'arrêté portant transfert aux autorités maltaises : la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que la préfète du Loiret ne justifie pas avoir fourni les informations prévues par les dispositions de l'article 18 du règlement (CE) n° 2725/2000 relatif aux obligations pesant sur l'Etat membre d'origine en matière d'information recueillies dans le système Eurodac ; la décision entachée d'erreur de droit au regard de l'article 11 du règlement (CE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, dès lors qu'un cousin installé en France l'assiste dans ses démarches et constitue sa seule famille en Europe, alors que l'arrêté ne fait pas état de la présence de sa famille sur le territoire français ; la préfète du Loiret a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en portant atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'il dispose d'attaches en France, sa demande d'asile ne devant ainsi pas être traitée par Malte ; l'arrêté portant transfert méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui prévoit l'interdiction de la torture et le droit à la dignité humaine, ainsi que l'article 13 de la même convention qui garantit le droit à un recours effectif, dès lors que Malte ne permet pas aux migrants d'exercer leurs droits fondamentaux, dont celui de voir une demande d'asile examinée dans des conditions respectant l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; ainsi, son renvoi à Malte risque de présenter pour lui une atteinte grave à son droit de demander l'asile et risque de l'exposer à de mauvais traitements de la part des autorités maltaises ;
- en ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence : il n'est pas établi que sa signataire ait reçu délégation lui donnant compétence, alors au surplus que la décision ne fait pas état de l'absence ou de l'empêchement du titulaire du pouvoir de prendre une telle décision ; la décision doit être annulée en raison de l'annulation de l'arrêté de transfert.
Par un mémoire enregistré le 15 janvier 2024 à 07 h 50, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme L pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 777-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 janvier 2024 à 10 h 15, à laquelle la préfète du Loiret n'était ni présente, ni représentée :
- le rapport de Mme L ;
- les observations de Me Chollet, avocate, représentant M. F B ; elle reprend l'ensemble des moyens exposés dans ses écritures ; elle précise en outre, s'agissant des moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que la demande d'asile de M. F B n'a jamais été traitée par les autorités maltaises, et que ni dans le cadre de sa demande d'asile, ni dans le cadre de son emprisonnement, où il a été maltraité et a subi des conditions d'enfermement difficiles, à sept dans la même cellule, le requérant n'a pu avoir accès à un avocat ;
- et les observations de M. F B, requérant, assisté de M. H, interprète en langue arabe, qui indique qu'après avoir débarqué à Malte et la prise de ses empreintes par les autorités maltaises, il a été placé dans une sorte de prison où il est resté pendant trois mois, enfermé dans une cellule où il y avait en tout sept personnes, où les douches étaient prises à plusieurs ; qu'après avoir été relâché, il est parti en camp de réfugiés où se trouvaient des personnes de plusieurs nationalités et où il y a eu, le 20 septembre 2019, quelques véhicules brûlés, ce qui a entraîné la venue des autorités maltaises le lendemain, qui l'ont arrêté avec d'autres personnes, et retenu en prison pendant deux mois, où il a subi de nouveau des maltraitances, notamment des coups, et où on cherchait à lui faire souscrire des déclarations pour qu'il puisse sortir de prison, sans qu'il reçoive d'aide ou de soutien ; qu'il s'est ensuite retrouvé à la rue pendant un an ; qu'en l'absence de réponse à sa demande d'asile, il a décidé de quitter Malte, puis, en passant par l'Italie, est arrivé en France, où il a demandé l'asile et commencé à prendre des cours de français pour pouvoir s'intégrer ; que les violences qu'il a subies ont consisté en des coups sur la tête et sur tout le corps, qu'il été forcé à tenir un fil électrique avec lequel on lui a envoyé des chocs, et que pendant les interrogatoires de la police, il n'avait pas d'avocat ; par l'intermédiaire d'un tiers se présentant comme son cousin, il est précisé à la magistrate désignée que les autorités maltaises lui ont fait savoir qu'il devait quitter le pays et qu'il n'y avait pas de demande d'asile à Malte, et qu'avant de venir en France, il a travaillé.
Considérant ce qui suit :
1. M. F B, ressortissant soudanais né le 1er janvier 1998, est entré irrégulièrement en France. La consultation du système Eurodac a permis de constater qu'il avait sollicité l'asile auprès des autorités maltaises avant le dépôt de sa demande d'asile en France. Une attestation de demande d'asile selon la procédure Dublin lui a été remise le 23 octobre 2023. Le 19 décembre 2023, les autorités maltaises, qui avaient été saisies le 13 décembre 2023 d'une requête en application du règlement (UE) n° 604/2023, ont fait connaître leur accord. Par un arrêté du 28 décembre 2023, la préfète du Loiret a ordonné le transfert de M. F B aux autorités maltaises et, par un arrêté du 29 décembre 2023, cette même autorité l'a assigné à résidence dans le département du Loiret pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait obligation de se présenter le lundi et le mercredi à 8 h 30 auprès de la police aux frontières à Olivet. M. F B, qui a saisi ce tribunal dans les quarante-huit heures suivant la notification de ces deux arrêtés, intervenue le 9 janvier 2024 à 10 h 00, en demande l'annulation.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. F B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant transfert aux autorités maltaises :
4. En premier lieu, l'obligation d'information prévue par les dispositions du 1 de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, qui reprend en substance les dispositions du 1 de l'article 18 du règlement (CE) n° 2725/2000 du Conseil du 11 décembre 2000 invoqué par le requérant, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés et contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection. Par suite, la méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles l'Etat français refuse l'admission provisoire au séjour à un demandeur d'asile et remet celui-ci aux autorités compétentes pour examiner sa demande. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'obligation de délivrer à M. F B les informations prévues par l'article 29 du règlement n° 603/2013 du 26 juin 2013 ne peut dès lors qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 11 du même règlement : " Lorsque plusieurs membres d'une famille et/ou des frères ou sœurs mineurs non mariés introduisent une demande de protection internationale dans un même État membre simultanément, ou à des dates suffisamment rapprochées pour que les procédures de détermination de l'État membre responsable puissent être conduites conjointement, et que l'application des critères énoncés dans le présent règlement conduirait à les séparer, la détermination de l'État membre responsable se fonde sur les dispositions suivantes : a) est responsable de l'examen des demandes de protection internationale de l'ensemble des membres de la famille et/ou des frères et sœurs mineurs non mariés, l'État membre que les critères désignent comme. responsable de la prise en charge du plus grand nombre d'entre eux ; b) à défaut, est responsable l'État membre que les critères désignent comme responsable de l'examen de la demande du plus âgé d'entre eux. ". Le g) de l'article 2 dudit règlement indique que les " membres de la famille " au sens des dispositions précitées concernent le conjoint du demandeur ou ses enfants mineurs, ou, pour les demandeurs mineurs et non mariés, le père, la mère ou un autre adulte responsable du mineur en vertu du droit ou de la pratique de l'Etat membre dans lequel se trouve le demandeur.
6. Si le requérant soutient que la préfète du Loiret a commis une erreur de droit en ne faisant pas application de l'article 11 du règlement (UE) n° 604/2013 cité au point précédent, il ne peut utilement invoquer ces dispositions, dès lors que le membre de sa famille dont il invoque la présence est un cousin - dont au demeurant il ne ressort pas des pièces du dossier, particulièrement du compte-rendu d'entretien que le requérant a signé sans apporter aucune réserve, que sa présence en France aurait été portée à la connaissance de l'autorité préfectorale - , qui n'est pas un des " membres de la famille " au sens des dispositions précitées.
7. En troisième lieu, M. F B, en faisant valoir la présence en France d'un cousin qui l'assiste dans ses démarches et constitue sa seule famille en Europe, soutient que la préfète du Loiret a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et en infère que la préfète du Loiret devait admettre que sa demande d'asile devait être traitée par la France. Le requérant doit être regardé, eu égard à cette dernière précision, comme se prévalant également des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
8. D'une part, aux termes du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". Il résulte de ces dispositions que si une demande d'asile est examinée par un seul Etat membre et qu'en principe cet Etat est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par le chapitre III du règlement (UE) n° 604/2013, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un Etat membre. Cette faculté laissée à chaque Etat membre est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
9. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
10. M. F B se prévaut de la présence en France d'un cousin qui lui apporte de l'aide dans ses démarches, et soutient que Malte ne permet pas aux migrants d'exercer leurs droits fondamentaux. Il fait état dans sa requête de violences qui se seraient produites le 20 octobre 2019 dans un camp de réfugiés à la suite d'une émeute et d'une bagarre entre des Erythréens et des Nigériens, ayant conduit à ce qu'il soit, comme d'autres Soudanais, mis en prison, à sept dans une cellule, où ils auraient fait l'objet pendant deux mois de tortures, de coups de pied, n'ayant bénéficié que d'un seul repas par jour et d'une douche collective, qu'un de ses amis a été jeté de nuit à la mer par les forces de l'ordre maltaises, qu'à sa sortie de prison, il s'est retrouvé sans logement ni nourriture, et qu'il craint d'être de nouveau emprisonné en cas de retour à Malte. A l'audience, il a indiqué qu'il a été emprisonné à deux reprises, une fois pendant trois mois à son arrivée, une autre fois pendant deux mois après l'intervention des autorités maltaises au lendemain de l'incendie de plusieurs véhicules dans le camp de réfugiés le 20 septembre 2019, et que pendant ces périodes d'enfermement, il a fait l'objet de mauvais traitements, voire de torture, en subissant des coups sur la tête et tout le corps ainsi que des chocs électriques. Cependant, il ne produit à l'appui de ces affirmations aucun élément personnalisé pour établir ses allégations. Par ailleurs, s'il a affirmé au cours de l'audience, par le truchement de son cousin, que les autorités maltaises lui ont fait savoir qu'il devait quitter Malte et qu'il n'y avait " pas de demande d'asile ", il est constant que le requérant a déposé une telle demande, ainsi qu'il l'a lui-même indiqué dans le cadre de sa demande d'asile en France, et que ces autorités ont fait connaître leur accord pour le transfert. Ainsi, il ne peut être tenu pour établi que sa propre demande d'asile, bien que déposée en 2019, serait exposée à un risque sérieux de ne pas être traitée par ces autorités dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, alors que Malte est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que M. F B se trouvait à la date de l'arrêté contesté dans une situation de vulnérabilité exceptionnelle imposant d'instruire sa demande d'asile en France. Enfin, le requérant n'apporte aucune précision sur les liens et l'appui que lui fournirait un cousin dont, ainsi qu'il a déjà été dit, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il l'aurait mentionné lors de l'entretien individuel qui s'est déroulé avec l'assistance d'un interprète, alors qu'il a été interrogé les membres de sa famille. Par suite, la préfète du Loiret, en ne faisant pas application de la clause prévue par le point 2 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, après s'être interrogée sur cette possibilité, n'a pas entaché son appréciation d'une erreur manifeste. La préfète n'a pas non plus porté une atteinte disproportionnée au droit de M. F B au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors notamment que le requérant est entré récemment sur le territoire français et qu'il n'apporte aucune précision sur la nature des relations entretenues avec son cousin. Enfin, eu égard à ces mêmes éléments, la préfète du Loiret n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. F B.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 13 de la même convention : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles ".
12. Ainsi qu'il a été dit au point 10, M. F B ne produit aucun élément de nature à établir qu'il existerait des raisons sérieuses de croire à l'existence de défaillances systémiques à Malte dans la procédure d'asile, qu'il y subirait des traitements inhumains ou dégradants et que les autorités maltaises ne traiteraient pas sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, y compris la possibilité de présenter un recours de manière effective avec l'assistance d'un avocat.
13. Il suit de là que M. F B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2023 portant transfert aux autorités maltaises.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence :
14. L'arrêté du 29 décembre 2023 portant assignation à résidence de M. F B a été signé par Mme J E, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement de la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture du Loiret, pour la préfète et en l'absence de M. Costaglioli, secrétaire général, de M. Meo, secrétaire général adjoint, de M. G, directeur de cabinet, de Mme I, directrice des migrations et de l'intégration et de M. A K, directeur adjoint des migrations et de l'intégration. Par l'article 3 de son arrêté du 7 novembre 2023 portant délégation de signature au profit de Mme I, publié le 8 novembre 2023 au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme D C, préfète du Loiret, a donné délégation à Mme E, en cas d'absence ou d'empêchement concomitant de M. Costaglioli, de M. Meo, de M. G, de Mme I et de M. A K, à l'effet de signer les décisions d'assignation à résidence. Il n'est pas établi ni même allégué que ces délégataires n'étaient pas absents ou empêchés en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
15. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 12 du présent jugement que la décision par laquelle la préfète du Loiret a ordonné le transfert de M. F B aux autorités maltaises n'est pas entachée des illégalités invoquées.
16. Par suite, M. F B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 décembre 2023 portant assignation à résidence.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. F B doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. M F B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. F B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. M F B et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2024.
La magistrate désignée,
Véronique L
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026