lundi 22 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400144 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CHOLLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 janvier 2024, M. G, représenté par Me Chollet, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2024 par lequel la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 10 euros par jour de retard ;
3°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
M. E soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- cette décision est entachée d'incompétence, son signataire ne bénéficiant pas d'une délégation à cet effet ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'incompétence, son signataire ne bénéficiant pas d'une délégation à cet effet ;
- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est entachée d'incompétence, son signataire ne bénéficiant pas d'une délégation à cet effet ;
- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français : cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire enregistré le 17 janvier 2024, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
La préfète soutient que :
- M. E n'a pas présenté de demande de titre de séjour ; à supposer que la transmission d'un formulaire de renseignement en vue d'obtenir la délivrance d'un titre de séjour puisse être regardée comme une demande de titre de séjour, l'autorité préfectorale se trouvait dans l'impossibilité de l'instruire et pouvait prendre une décision de classement sans suite, insusceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D, qui a informé les parties, en application des dispositions des articles R. 611-7 et R. 776-25 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour qui serait contenu dans l'arrêté attaqué sont dépourvues d'objet,
- et les observations de Me Chollet, représentant M. E, qui persiste dans les conclusions de la requête, par les mêmes moyens, ainsi que du requérant lui-même, assisté par M. F, interprète en langue espagnole.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et d'admettre M. E, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions de la requête :
3. M. E, ressortissant dominicain né le 14 novembre 1995, est entré en France le 30 décembre 2022, selon ses déclarations, muni d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour valable du 25 décembre 2022 au 25 décembre 2023. Le 4 novembre 2023, il a été incarcéré au centre pénitentiaire d'Orléans-Saran. Par un jugement du 6 novembre 2023, le tribunal correctionnel d'Orléans l'a condamné à une peine de douze mois d'emprisonnement délictuel, dont huit mois assortis d'un sursis probatoire, avec maintien en détention. Par un arrêté du 8 janvier 2024, la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Le 12 janvier 2024, M. E a présenté une requête contre cet arrêté. Le 15 janvier 2024, le tribunal a été informé, en application de l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le requérant était susceptible d'être libéré le 29 janvier 2024.
En ce qui concerne une prétendue décision portant refus de titre de séjour :
4. En se bornant, par l'arrêté attaqué, à obliger M. E à quitter le territoire français sans délai sur le fondement du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à fixer le pays de destination et à assortir cette mesure d'éloignement d'une interdiction de retour sur le territoire français, la préfète du Loiret n'a pas entendu opposer à l'intéressé un refus de titre de séjour. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour qui serait contenue dans l'arrêté du 8 janvier 2024 attaqué sont ainsi dépourvues d'objet et ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
5. L'arrêté attaqué a été signé par M. Stéphane Costaglioli, secrétaire général de la préfecture du Loiret. Par un arrêté du 23 octobre 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme B A, préfète du Loiret, a donné délégation à M. C à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret ", à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français, désignant le pays de destination et faisant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 4 l'arrêté attaqué ne comporte aucune décision de refus de titre de séjour, le moyen tiré de l'illégalité d'une telle décision, invoqué à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
7. En second lieu, M. E fait valoir que l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle, eu égard aux conséquences qu'elle emporte sur sa vie privée et familiale. Il se prévaut, à cet égard, de son mariage avec une ressortissante française, avec laquelle il indique avoir vécu pendant deux ans en République Dominicaine, puis pendant plusieurs mois en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition établi le 20 décembre 2023 par les services de la police aux frontières, que M. E est désormais séparé de son épouse, avec laquelle il n'a plus de contact et dont il ne connaît pas même le lieu de résidence, pas plus que le numéro de téléphone. M. E ne se prévaut d'aucune autre attache familiale en France. Il ne parle pas la langue française et ne justifie d'aucune perspective d'insertion professionnelle. Par ailleurs, entré récemment en France, il s'est fait défavorablement connaître des services de police et a commis, en moins d'un an de présence sur le territoire français, des délits qui ont justifié sa condamnation à une peine d'emprisonnement. Dans ces conditions, la décision d'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport au but d'ordre public poursuivi par la préfète du Loiret. Eu égard aux mêmes éléments, la préfète du Loiret n'a pas fait une appréciation manifestement erronée des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. E.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
8. Il résulte de ce qui est dit ci-dessus que l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de M. E n'est pas entachée des illégalités invoquées. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
9. Ainsi qu'il a été dit au point 4, l'arrêté attaqué ne comporte pas de refus de titre de séjour. Par ailleurs, il résulte de qui est dit aux point 6 et 7 que l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de M. E n'est pas entachée des illégalités invoquées. Par suite, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et d'un prétendu refus de titre de séjour doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. E est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
Frédéric D
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026