Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400349
mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2400349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 janvier 2024 M. D B, représenté par Me Kante, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner le réexamen de sa demande de titre de séjour dans le délai de deux mois suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de cinq cents euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- ses enfants, C B née le 22 juin 2021 à Orléans et Aissata B née le 15 juin 2020 à Orléans bénéficient du statut de réfugié politique ; il a sollicité une demande de titre de séjour à cet effet le 13 juillet 2023 et a été muni d'une autorisation provisoire de séjour lui permettant d'exercer une activité professionnelle ; toutefois, sa demande a été clôturée sans motif valable le 04 septembre 2023 et son autorisation provisoire de séjour est arrivée à terme le 10 octobre 2023 ; il a renouvelé sa demande et demeure sans nouvelles de la préfecture du Loiret ;
- le refus de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour le place dans une grande précarité financière.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. M. B, ressortissant guinéen, a présenté une demande de titre de séjour le 13 juillet 2023, après que ses enfants ont acquis le statut de réfugiées. Il a été muni d'autorisations provisoires de séjour valables jusqu'au 12 octobre 2023. La demande de M. B a toutefois été clôturée le 4 septembre 2023, en l'absence des empreintes du requérant. Le requérant établit avoir présenté une nouvelle demande de titre de séjour le 10 octobre 2023. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. Il résulte de l'instruction que la demande présentée par M. B ne concerne pas le renouvellement d'un titre de séjour, mais sa première délivrance. A supposer même que la demande de rendez-vous auprès de la préfecture du Loiret ne s'effectue pas en ligne, en raison notamment d'un dysfonctionnement du site dédié, le requérant n'établit aucunement les diligences entreprises pour obtenir un tel rendez-vous depuis le 10 octobre 2023. Il ne saurait soutenir que l'absence d'autorisation provisoire de séjour le place en grande difficulté financière, en se bornant à produire un courriel émanant d'une entreprise d'intérim, l'informant que son document d'identité expire le 12 octobre 2023, qui ne peut à lui seul établir que " son contrat de travail a été suspendu ", ainsi qu'il le soutient. Le requérant n'établit pas davantage que sa famille risque à brève échéance d'être expulsée de son logement. M. B ne ainsi peut être regardé comme établissant l'urgence justifiant l'injonction demandée au juge des référés. Sa demande doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B.
Fait à Orléans le 30 janvier 2024.
Le juge des référés,
Jean-Luc A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.