Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2400363

mardi 27 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2400363
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans a été saisi par M. Curt d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite du préfet des Yvelines de lui communiquer un document nécessaire au passage du permis de conduire. Le tribunal constate que le document a été délivré le 23 janvier 2024 et que l’examen pratique a eu lieu, rendant sans objet les conclusions en annulation et injonction. Les conclusions indemnitaires sont rejetées comme irrecevables, faute de demande préalable et de représentation par avocat. La décision est fondée sur les articles R. 222-1 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2024, M. A Curt demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Yvelines a rejeté sa demande réceptionnée le 16 novembre 2023 tendant à la communication d'un document référencé 44 ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer le document référencé 44 dans les 8 jours suivant la notification de la décision à intervenir, sous astreinte définitive de 2 000 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 9 442,45 euros en réparation des chefs de préjudice subis ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, le sous-préfet de Saint-Germain-en-Laye conclut :

1°) au non-lieu à statuer sur les conclusions en annulation en faisant valoir que le requérant s'est vu délivrer le 23 janvier 2024 le document référencé 44 sollicité et qu'il a obtenu l'examen pratique du permis de conduire le 21 février 2024 ;

2°) à l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires à défaut de liaison du contentieux et de représentation par un avocat.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () /; 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; /(). ".

2. M. Curt, domicilié dans le département d'Eure-et-Loir, demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, réceptionnée le 16 novembre 2023, tendant à la communication d'un document référencé 44 aux fins de passer à nouveau les épreuves du permis de conduire, après qu'une décision 48 SI du ministre de l'intérieur, notifiée le 25 janvier 2017, a constaté la perte de validité de son permis de conduire initial pour solde de points nul et que l'intéressé a restitué le 30 mars 2022 son permis de conduire invalidé. En défense, le sous-préfet de Saint-Germain-en-Laye soutient, sans être contesté, que le requérant s'est vu délivrer le 23 janvier 2024 le document référencé 44 sollicité et qu'il a obtenu l'examen pratique du permis de conduire le 21 février 2024, ce que confirme d'ailleurs le relevé d'information intégral (RII) du permis de conduire de l'intéressé, versé à l'instance. Ainsi, les conclusions de la requête de M. Curt tendant à l'annulation de la décision ayant rejeté sa demande de communication du document référencé 44 sont devenues sans objet, ainsi que les conclusions à fins d'injonction de délivrance du document référencé 44. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. A défaut de justifier avoir formé une demande indemnitaire préalable, et en l'absence de représentation par un avocat, M. Curt, avocat honoraire au barreau de Papeete, n'est pas recevable à présenter des conclusions indemnitaires. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense devant être accueillie, les conclusions indemnitaires sont irrecevables et ne peuvent donc qu'être rejetées.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. Curt tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en annulation et en injonction présentées par M. Curt.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. Curt est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A Curt et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Orléans, le 27 mai 2025.

Le président du tribunal,

B. GUÉVEL

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.